L’opinion — Tribune Libre

La lutte paie !

, par MAILFERT Martine

C’est la première leçon de la grève générale de la Guadeloupe. Ils se sont battus et ils ont gagné !

Le premier ministre parlait de « revendications irréalistes qui semblent ignorer la crise ». Mais c’est bien parce qu’ils refusent de payer la crise que les grévistes ont défendu et imposé ces revendications : 200 euros nets d’augmentation des salaires jusqu’à 1,4 fois le Smic (+ 6 % jusqu’à 1,6 fois le Smic et + 3 % au-delà), l’augmentation des retraites et des minima sociaux, la baisse de 20 % des prix des produits de 1re nécessité, la baisse des tarifs des carburants, de l’eau, du gaz, de l’électricité, de la téléphonie et des transports, le gel des loyers HLM, un budget de 30 millions d’euros pour l’emploi, les recrutements d’enseignants, la titularisation des contractuels... et aussi des mesures pour la protection de l’environnement, pour les droits culturels du peuple guadeloupéen...

Face à cette victoire, beaucoup insistent sur les spécificités des Antilles. C’est vrai, les peuples antillais vivent une oppression coloniale et c’est sûrement l’un des ressorts de cette formidable mobilisation.

Mais sur bien des points cette lutte exemplaire, peut nous inspirer ici. Alors que nous préparons la mobilisation du 19 mars, que de nombreuses mobilisations se déroulent et cherchent à converger, les grévistes de la Guadeloupe ont prouvé qu’il est possible de gagner face au mépris, aux manoeuvres, à la répression du gouvernement des profiteurs.

Le cadre unitaire du LKP impliquant toutes les forces, syndicales, associatives, politiques... à uni toutes les colères autour d’une plate-forme précise, sociale, écologique, antidiscriminations. La démocratie, le contrôle de la lutte par toutes celles et tous ceux qui y sont impliqués jusqu’aux négociations ont aussi fait la force de ce mouvement. Et surtout, la mobilisation a été maintenue et amplifiée jusqu’à la satisfaction conjuguant grèves, manifestations, blocages, barrages routiers... à l’inverse des journées espacées et sans perspective. A nous, maintenant !

Le 29 janvier nous avons prouvé que nous pouvons être forts, nombreux en grève et dans la rue. Mais il a fallu attendre près de 2 mois un nouvel appel à la grève interprofessionnelle. Nous savons que nous sommes capables de réussir le 19 mars à nouveau. Mais après ? Comment continuer, amplifier, construire la mobilisation dans la durée ? Dans toutes les villes, dans toutes les régions, peuvent se créer, pas à l’identique du LKP mais avec la même volonté de faire converger toutes les forces, des collectifs unissant les organisations syndicales, les associations militantes, les partis politiques, toutes les équipes militantes et les salariés mobilisées contre les suppressions d’emploi, contre la vie chère, pour l’augmentation des salaires...

Cette unité pour la lutte peut proposer des perspectives locales, régionales, de branche... C’est la seule solution pour ne pas laisser une grande journée de mobilisation sans lendemain.

P.-S.

Article paru dans le Journal du Pays Basque, édition du 13 mars 2009.

Mots-clés