Le nouvel internationalisme

, par ARTOUS Antoine

  • Daniel Bensaïd, Le nouvel internationalisme, Textuel, 2003, 180 pages, 18 euros.

Le nouvel internationalisme. Contre les guerres impériales et la privatisation du monde, regroupe des articles, des textes écrits à l’occasion de divers colloques ou des textes inédits de Daniel Bensaïd. Ils sont regroupés en trois chapitres : « Un nouvel internationalisme », « Le nouveau désordre impérial », « De la guerre totale à la guerre à la guerre globale ». Après avoir brossé un rapide portrait de l’internationalisme né au XIXe siècle, avec le mouvement ouvrier, ses prolongements et ses impasses suite à la Révolution russe, le premier chapitre décrit dans le détail le nouvel internationalisme, lié à la mondialisation néo-libérale, dont Porto Alegre a été le lieu symbolique, puis souligne ses principales caractéristiques. Le second chapitre traite du « troisième âge de l’impérialisme », notamment en discutant diverses analyses, dont celle de Negri, et de ses effets sur la crise des « souverainetés » qu’il induit. Un second texte concerne la construction de l’Europe, et un autre — bienvenu — oppose, entre contrepoint de la politique de l’État israélien, ce que sont les « réponses internationalistes à la question juive ». Enfin le troisième chapitre ne se contente pas d’analyser dans le détail la politique guerrière de l’impérialisme américain -ce qui est en pleine actualité —, il traite de la nouvelle étape historique portée par l’actuelle mondialisation impériale. Celle de la « guerre totale », car « la mondialisation marchande va logiquement de pair avec la mondialisation armée ». Dans son introduction, Daniel Bensaïd souligne que, pour le mouvement
altermondialisation, commence à s’ouvrir une nouvelle conjoncture. Certes « l’heure est encore aux résistances, mais, face à la multiplication des crises sociales et aux guerres, le débat sur les alternatives est désormais à l’ordre du jour ». Manifestement, avec ce livre, Daniel Bensaïd entend non pas apporter des réponses toutes faites, mais brosser un tableau des grands débats stratégiques qui commencent à mûrir.

A.A.