« Besoin d’unité sociale et politique face à Sarkozy »

, par BESANCENOT Olivier

Olivier Besancenot, porte-parole du NPA, tire un « bilan positif » des premiers mois d’existence de son parti qui tient sa première Université d’été à Port-Leucate (Aude) de dimanche à mercredi, et souligne le « besoin d’unité sociale et politique » face au gouvernement.

  • Question : Quel bilan tirez-vous du NPA six mois après sa fondation ?

Réponse : C’est un bilan positif, on n’a pas à rougir. On a eu un congrès de fondation (6-8 février) quelques jours après la première grande journée de grève (29 janvier) où on était des millions dans la rue. Six mois après, la droite est vainqueur des européennes. Pour la manifestation de juin, il n’y avait pas grand monde dans la rue et c’était prévisible. Ce n’est donc plus tout à fait le même contexte, il faut l’analyser.

Il y a en tout cas une gauche anticapitaliste qui existe bel et bien, qui est présente dans les luttes sociales et dans les élections même si on a été plus touché que d’autres par l’abstention et qu’on n’a pas d’élus européens. 5 %, ce n’est pas une entrée fracassante mais ça prouve qu’on est là et bien là.

  • Q : Le NPA va-t-il s’associer à d’autres partis pour les régionales ?

R : On discute avec tout le monde, on a rencontré la Fédération, les Alternatifs, Lutte ouvrière, le PCF, le Parti de gauche, des militants d’associations de quartiers. Pour la gauche radicale, il ne s’agit pas de rajouter du dénigrement à l’émiettement.

On propose d’assumer l’indépendance totale du PS sur le long terme, pas simplement avoir des accords de circonstance pour des exécutifs régionaux, mais assumer une rupture avec l’union de centre gauche qui semble se profiler avec les discussions PS, Verts et MoDem.

Jean-Luc Mélenchon semble parler d’autonomie, d’indépendance vis-à-vis du PS. Mais on n’a pas les mêmes réponses entre le PCF et Mélenchon (associés pour les européennes, ndlr).

  • Q : Comment voyez-vous la rentrée sociale alors que la CGT a refusé votre invitation à Port-Leucate ?

R : On n’est pas des astrologues. Elle peut être chaude ou froide. Mais il ne faut pas tomber dans le panneau de se tromper d’adversaire. On ne fait pas campagne contre la CGT à la rentrée mais contre le patronat et la droite. On a besoin d’unité sociale et politique. Il faut s’en donner les moyens et discuter franchement, y compris avec les organisations syndicales.

On va leur retendre la main et je suis persuadé que la CGT acceptera de discuter. Pas mal de militants CGT ne comprendraient pas que leur confédération qui participe régulièrement à l’Université d’été du Medef ait décliné l’invitation du NPA. C’est un peu disproportionné.

P.-S.

Propos recueillis par Julie Ducourau.
Entretien paru dans La Dépêche du Midi, édition du 21 août 2009.