« Je serai tête de liste en Ile-de-France »

, par BESANCENOT Olivier

Aux Européennes de juin, le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) est arrivé derrière le Front de gauche en lle-de France (4,26%, contre 5,71 %). A l’occasion des élections régionales, Olivier Besancenot, son leader, a décidé de s’engager davantage dans la campagne.

  • Serez-vous candidat aux régionales ?

Olivier Besancenot. Oui, je serai tête de liste en lle-de-France. Les comités départementaux du NPA me l’ont demandé et je l’ai accepté. Je ne serai danc pas le porte-parole national pour la campagne et ferai très peu de meetings dans les autres régions.

  • Etes-vous candidat pour essayer de rattraper le score du NPA aux européennes ?

Au-delà des élections européennes, l’lle-de France n’est pas une région facile pour nous. J’ai décidé de mouiller ma chemise car l’lle-de France est la région la plus riche de France mais, paradaxalement, c’est là que les inégalités sociales sont les plus fortes. Nous voulons que ceux qui ne sont pas représentés dans les discussions, qui ne votent pas ou peu se sentent un peu mieux représentés cette fois-ci.

  • Quelles seront vos propositions fortes ?

Nous proposerons la gratuité des transports collectifs pour tous. En lle-de-France, le coût est estimé entre 1et 1,5 milliard. Avec le Grand Paris, l’Etat est prêt à mettre 20, voire 30 milliards d’euros sur la table pour faire des projets qui profiteront à des pôles économiques et non pas à la population. Pourquoi ne pourrait-il donc pas assurer cette gratuité des transports ? Cette mesure sociale permettrait de désenclaver les quartiers populaires et serait environnementale. Le deuxième axe, ce serait d’arrêter de subventionner le patronat et les grandes entreprises capitalistes en utilisant l’argent public à des fins publiques.

  • Comment qualifiez-vous le bilan de Jean-Paul Huchon ?

Nous faisons un bilan critique de toutes les régions gérées par les socialistes qui n’ont pas été un lieu de contre-pouvoir au sarkozysme. Le PS a eu 20 régions sur 22, cela aurait dû être un lieu de résistance et de meilleure répartition des richesses. Cela n’a pas été le cas. La région lle de-France, sous couvert de subventionner l’insertion professionnelle ou les petites entreprises, a ainsi subventionné, par le biais des pôles de compétitivité, des groupes comme Alcatel ou EADS, qui sont des entreprises du CAC 40 et qui ont licencié.

  • Que ferez-vous au second tour ?

On se bat clairement contre la droite. Mais on a aussi l’intention de faire entendre une gauche anticapitaliste et indépendante. II ne s’agit pas de ne battre la droite qu’ au moment du second tour. II faut s’y opposer tout le temps et ne pas cautionner, par exemple, un recul social sur les retraites. Nous ne pouvons pas cogérer une politique qui s’inscrit dans un bilan qu’on ne partage pas. Nous voulons avoir des élus pour appuyer dans le bon sens, mais être suffisamment indépendants pour ne pas voter des projets sur lesquels nous ne sommes pas d’accord.

  • Si vous êtes élu, siégerez-vous au conseil régional ?

Oui, évidemment !

P.-S.

Propos recueillis par Eric Hacquemand et Rosalie Lucas.
Entretien dans Le Parisien, édition du 19 janvier 2010.

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