« La lutte des postiers marseillais est exemplaire »

, par BESANCENOT Olivier

Olivier Besancenot, leader du NPA, est attendu demain dans la cité phocéenne.

Pas encore la trêve des confiseurs pour le porte-parole du Nouveau parti anticapitaliste. Olivier Besancenot sera demain, à Marseille, pour soutenir les postiers du 2e arrondissement en grève depuis deux mois, puis à Gémenos avec les salariés de Fralib qui s’opposent à la fermeture de leur usine. À l’heure où la majorité des Français pensent aux fêtes de fin d’année, le leader du NPA veut faire de ces deux bastions de la mobilisation sociale, un symbole.

  • Comment dans ce climat tendu un tel déplacement peut-être utile ?
Olivier Besancenot, porte-parole du NPA, réagit aux propos de Luc Ferry : « C’est consternant ! ».
© Photo Cyril SOLLIER.

Olivier Besancenot : Je n’ai pas la prétention de tout changer avec un déplacement mais soutenir ceux qui en ont besoin a toujours été notre mission. L’actualité sociale n’a pas disparu avec la réforme des retraites. Nous ne cesserons jamais d’être présents auprès de tous les salariés qui résistent aux mauvais coups de la politique libérale. Plus de deux ans après l’éclatement de la crise financière, nous sommes loin des promesses de régulation économique.

  • Comment le facteur que vous êtes regarde le conflit de ses homologues marseillais en grève depuis deux mois ?

O.B. : Je regarde cette mobilisation davantage qu’en porte-parole du NPA. Notre sort, à tous les postiers, dépend en partie de l’issue de ce conflit. Ça discute beaucoup dans toute la France car une telle mobilisation massive est rare. Cette lutte est exemplaire. Si le bureau de poste du 2e arrondissement de Marseille gagne, c’est un coup d’arrêt à la politique de précarisation et de démantèlement du service public pratiquée par la direction. Ils font grève pour nous tous.

  • La loi sur les retraites a été votée. Des manifestations pour rien ?

O.B. : La réforme est passée mais la colère est intacte. La grève reconductible, qui bloque le gouvernement, n’a pas eu lieu. C’est une occasion manquée. Mais Nicolas Sarkozy a remporté une victoire aux points et pas par KO. Le mouvement social peut rebondir à cause du contexte européen. On peut très bien imaginer la première grève générale européenne !

  • La candidate voilée que vous avez présentée aux régionales dans le Vaucluse vient de claquer la porte du NPA. Inévitable ? Encore un coup médiatique ?

O.B. : Je ne crois pas que cela soit une prise de distance définitive. Nous n’avons pas suscité de coups médiatiques et nous n’en sommes pas non plus victimes. Il faut qu’on positionne le point d’équilibre entre laïcité, condition des femmes, islamophobie. Cela fera l’objet d’une des nombreuses discussions que l’on doit avoir lors de notre congrès prévu au mois de février.

  • Le FN, qui semble revenir en force, concurrence-t-il votre électorat populaire ?

O.B. : La meilleure réponse à l’ascension du Front national, c’est le type de mobilisation qui a eu lieu lors de la réforme sur les retraites. À cette occasion, le FN a montré qu’il était dans le camp des riches, celui du système. Il est vrai qu’une course de vitesse est engagée entre le mouvement ouvrier et l’extrême droite car, à chaque fois qu’il y a crise, la colère suscitée peut produire le meilleur comme le pire.

  • Quelle est votre réaction aux propos du philosophe Luc Ferry qui dit préférer « Marine Le Pen à Olivier Besancenot » ?

O.B. : C’est consternant. C’est la marque que de plus en plus de secteurs de la droite s’apprêtent à prendre le FN comme un partenaire potentiel et crédible. Après avoir repris une bonne partie des thématiques du Front national, ils rendent respectable ce parti ? On risque d’avoir des surprises...

P.-S.

Recueilli par Marjory Chouraqui.