Opinion

L’accord du sommet européen du 27 octobre est inacceptable

, par TRINTIGNAC Jean-Guy

L’accord intervenu à l’aube du 27 octobre 2011 n’apporte pas de solution à la crise de la zone euro tant sur le plan de la crise bancaire que sur celui de la dette publique souveraine ou de l’euro. Les décisions qui sont intervenues reportent les échéances sans résoudre les problèmes de manière satisfaisante.

Après la Grèce, d’autres pays sont déjà ou seront bientôt confrontés au même choix : Portugal, Irlande, Italie, Espagne... la liste est loin d’être exhaustive. De toute manière, partout dans l’UE, à des degrés divers, les mêmes politiques sont appliquées. Partout il faut refuser les plans d’austérité et lancer des audits citoyens de la dette publique.

L’expérience de 2007-2008 n’a absolument pas amené les gouvernements à imposer des règles prudentielles strictes. Au contraire, il s’agit de prendre des mesures pour empêcher les institutions financières, banques, assurances, fonds de pension et autres hedge funds de continuer à nuire. Il est nécessaire de traduire en justice les autorités publiques et les patrons d’entreprises responsables directs ou complices actifs des débâcles boursières et bancaires. Dans l’intérêt de l’écrasante majorité de la population, il est urgent d’exproprier les banques et de les mettre au service du bien commun en les nationalisant et en les plaçant sous le contrôle des travailleurs et des citoyens. Non seulement il faut se refuser à une quelconque indemnisation des grands actionnaires, mais il convient en outre de récupérer sur leur patrimoine global le coût de l’assainissement du système financier. Il s’agit également de répudier les créances illégitimes que les banques privées réclament aux pouvoirs publics. Il faut bien sûr adopter une série de mesures complémentaires : contrôle des mouvements de capitaux, interdiction de la spéculation, interdiction des transactions avec les paradis fiscaux et judiciaires, mise en place d’une fiscalité qui a pour objectif l’établissement de la justice sociale...

Dans le cas de l’Union européenne, il convient d’abroger différents traités dont ceux de Maastricht et de Lisbonne. Il faut aussi modifier radicalement les statuts de la Banque centrale européenne. Alors que la crise n’a pas encore atteint son apogée, il est grand temps de prendre un tournant radical. Le NPA soutient, avec d’autres organisations, les intitiatives prises dans différents pays pour un audit citoyen de la dette. Le mouvement des Indignés et “Occupy Wall Street” ont déclenché une dynamique très créative et émancipatrice. Il faut la renforcer.

Cet aplatissement des états devant les marchés durera tant que les peuples ne feront pas entendre leur voix. Dans ce contexte, le rôle de la vraie gauche, c’est de dire « nous n’accepterons pas de payer le prix de cette crise du capitalisme et nous résisterons ». Certes, il faut virer Sarkozy, mais si Hollande passe il ne faudra soutenir d’aucune façon, à l’intérieur ou à l’extérieur du gouvernement, une politique d’austérité. C’est le sens de la candidature de Philippe Poutou. Le NPA fera en sorte que le rassemblement le plus large se réalise en ce sens. Il faut refuser de laisser aux puissants le droit d’imposer leurs solutions à des crises qu’ils ont eux-mêmes engendrées !
C’est dans la rue que ça se passe !

Le temps de la distribution des places, dans la perspective des prochaines échéances électorales (législatives), n’est pas d’actualité. Consacrons nos forces pour accompagner et renforcer les luttes citoyennes qui s’imposent tout de suite... Les solutions ne se trouvent pas dans les urnes mais dans le rapport de force que nous pourrons imposer à travers les mouvements sociaux.

Déjà le NPA sera présent à Cannes dans le cadre du futur G20 qui se réunira à partit du 2 novembre. Nous n’avons aucun allié au sein du G20 ; nous devons prendre nos affaires en mains.! Une mobilisation unitaire et internationale s’est organisée pour dénoncer cette mascarade. Elle sera l’occasion d’y porter la voix des révolutions arabes, des indignés de Wall Street, d’Espagne et d’ailleurs, des salariés qui luttent à travers le monde contre les plans d’austérité.