« Le NPA a besoin de jouer plus collectif »

, par POUTOU Philippe

Le leader syndical, ex-candidat à la présidentielle, participait ce samedi à Bordeaux à la fête du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) de Gironde. À la tribune Philippe Poutou a dénoncé les liens entre le gouvernement et les patrons. Pour France Bleu Gironde, il est également revenu sur les raisons de son départ des instances dirigeantes du NPA.

  • France Bleu Gironde : Comment avez-vous perçu les récentes déclarations d’Emmanuel Macron, ministre de l’économie à propos de la réforme du chômage ?

Philippe Poutou : On assiste un peu impuissant au cynisme des possédants. Macron fait partie de ceux qui ont la prétention de dire que c’est comme ça et pas autrement. C’est très agressif, très violent car on a pas les moyens de répondre. On aimerait bien pouvoir imposer une autre politique mais ça suppose que la population veuille se battre.

  • On a l’impression que la rue ne cherche plus à se mobiliser, c’est votre analyse ?

C’est vrai que ça ne vient pas. A chaque rentrée de septembre on pense que ça va venir et finalement rien ne se passe. La politique ultra-libérale, la destruction du service public, le chômage, la précarité, tout ça pourrait donner des arguments pour se battre et se révolter, en réalité ça mine les gens, ça les affaiblis. C’est plutôt l’impuissance et la domination qui domine.

  • Vous avez démissionné des instances dirigeantes du NPA, pour quelles raisons ?

C’est une histoire de famille et c’est difficilement compréhensible en dehors de cette famille. Je ne suis pas en retraite politique. Je milite toujours autant mais c’est vrai que j’ai quitté la direction pour des désaccords que l’on pouvait avoir entre nous. La question que l’on doit se poser c’est comment le parti doit se reconstruire. On a besoin d’un fonctionnement le plus collectif possible et je suis loin de lâcher le morceau !