« Hollande est notre adversaire »

, par POUTOU Philippe

INTERVIEW – Déjà candidat du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) à la présidentielle de 2012, Philippe Poutou rempile. Il incarnera de nouveau les couleurs de son parti en 2017, rivalisant ainsi avec Nathalie Arthaud et Jean-Luc Mélenchon, également candidats. « Il y a trop de divergences entre partis de la gauche de la gauche », explique-t-il au JDD.fr.

Pourquoi être à nouveau candidat à la présidentielle de 2017 ?

Philippe Poutou est de nouveau le candidat du NPA à la présidentielle.
(Sipa press)

C’est d’abord une décision collective du NPA. Plus le temps passait, plus nous constations qu’il fallait être présent en 2017. La situation sociale s’aggrave et nous souhaitons, plus encore, proposer autre chose et exprimer notre solidarité vis-à-vis des gens qui souffrent. Le problème en France, c’est qu’il faut un nom, un seul candidat. Olivier Besancenot ne souhaitait pas repartir après ses deux premières campagnes [2002 et 2007, NDLR]. Comme il faut un nom assez connu pour pouvoir récupérer le nombre de parrainages nécessaires, le choix s’est donc porté sur moi. Pour sortir de cette personnalisation, nous proposons quelque chose d’un peu différent. Je suis candidat mais trois autres porte-paroles m’épauleront et parleront autant que moi : Olivier Besancenot, Christine Poupin et Armelle Pertus. Nous serons donc un quatuor : deux garçons et deux filles, deux salariés du public et deux du privé.

Après Nathalie Arthaud et Jean-Luc Mélenchon, vous êtes le troisième candidat de la gauche à vous déclarer. N’est-ce pas trop ?

Nous n’arrivons pas à nous entendre, même si le fait que la gauche des gauches soit éclatée n’est pas un point positif en soi. Il y a trop de divergences entre nous. Nous n’avons pas le même message à porter et le débat politique qui en découle est toujours constructif. L’électorat le comprend très bien.

Avez-vous tenté d’échanger avec Jean-Luc Mélenchon ou Nathalie Arthaud ?

Nous n’avons même pas discuté. Jean-Luc Mélenchon se considère comme l’unique candidat sans vouloir discuter sur le fond. Lutte ouvrière, avec Nathalie Arthaud, a aussi une attitude exclusive en affirmant être les seuls à vouloir incarner le communisme. Nous, à NPA, ne disons pas ça : nous ne sommes qu’un bout de la contestation, une expression parmi d’autres. Nous avons un projet singulier à défendre même si nous avons un objectif commun, à savoir la reconstruction du mouvement social.

L’une de vos priorités pour 2017, c’est la lutte contre le chômage. Aucune mesure du gouvernement Ayrault puis Valls ne trouvent grâce à vos yeux ?

Depuis que François Hollande est au pouvoir, rien ne va pas dans le bon sens. Le chômage monte depuis des années et des années. Cela suffit à démontrer l’inefficacité de leurs mesures. Ces dernières ne font qu’enrichir les possédants et le patronat. Il y a un appauvrissement général de la population que les socialistes, après la droite, ont accéléré.

Soutiendriez-vous François Hollande face à Marine Le Pen s’ils se retrouvaient au second tour de la présidentielle ?

Il est compliqué de se projeter. Mais François Hollande, aujourd’hui, est notre adversaire. Il faut voir ce que donne le premier tour de la présidentielle, mais dans cette hypothèse – que je juge très improbable –, ce sera très difficile pour nous. Comment pourrions-nous soutenir un président sortant qui a contribué à faire monter le FN ?

P.-S.

Gaël Vaillant - leJDD.fr