Laurent Ripart pour le NPA : l’anticapitalisme plus que jamais !

, par RIPART Laurent

Avec Philippe Poutou comme candidat à la présidentielle 2012, le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) fondé par Olivier Besancenot se veut une nouvelle fois présent et perturbateur dans la prochaine échéance électorale.

Avec Philippe Poutou comme candidat à la présidentielle 2012, le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) fondé par Olivier Besancenot se veut une nouvelle fois présent et perturbateur dans la prochaine échéance électorale.
Rencontre avec le Chambérien Laurent Ripart qui est, en Savoie, une des principales figures du parti.

Est-ce qu’en Savoie, comme ailleurs en France, les forces du NPA sont suffisantes pour se présenter à la présidentielle ?

Pour faire campagne, oui ! Le NPA n’est pas un grand parti, mais on fait en sorte d’être présent partout. On nous verra !
D’ailleurs, Philippe Poutou sera en Savoie le 13 mars à l’espace Pierre Cot de Chambéry à 14 h 30.

Mais à voir la désertification de la présence de votre parti dans le département, comment affirmer cette assurance ?

Le NPA, effectivement, a connu une crise en Savoie. Comme ailleurs. Nous avons moins d’adhérents et notamment à Albertville. Les raisons ?
Elles sont conjoncturelles. Depuis 2009 nous subissons une crise morale suite à des défaites sociales, en particulier après celle de la lutte contre la réforme des retraites. Tout cela a marqué les militants et surtout à Albertville où la mobilisation a été très forte.

Pourquoi n’avez-vous pas rejoint le Front de gauche ?

Nous avons trop de divergences de vues. Notamment en matière écologique et contre le productivisme. Nous sommes par exemple contre le Lyon-Turin, le Front de gauche est pour. Il faut qu’on reste à gauche du parti socialiste, le Front de gauche est bien souvent dans les majorités socialistes locales. À Albertville, au Conseil général de la Savoie... À Chambéry, en tant qu’élu, je suis dans l’opposition au Front de gauche. Nous ne votons pas dans le même sens dans les différentes institutions.

Quelles sont les idées-forces du NPA aujourd’hui ? Toujours l’anticapitalisme ?

Oui l’anticapitalisme, l’anti productivisme ! Notre grosse thématique actuelle est centrée sur la question de la crise.

À ce sujet que dites-vous à la crise actuelle, à l’austérité en réponse ? Quel est votre point de vue pour en sortir ?

Nous sommes dans une crise profonde, systémique. Sur le plan écolo, socio, économique, financière et politique. Elle est provoquée par les gens qui en profitent, c’est un vrai hold-up par toutes ces grandes entreprises qui profitent du système. Et c’est les gens d’en bas qui payent tout ça ! La solution ? L’annulation de la dette, notamment en Grèce, en Europe, en France. Dans toutes les collectivités locales. Supprimer la dette c’est l’axe principal de notre campagne.

Philippe Poutou parvient-il à effacer Olivier Besancenot ? Est-il dans la même ligne ?

Olivier Besancenot n’a jamais été le chef du NPA, on ne fonctionne pas comme cela dans le parti. Il est une figure, mais pas le chef. Le pouvoir n’appartient pas à une caste politique. J’espère bien que Philippe Poutou ne va pas faire oublier Olivier Besancenot. Il n’y a pas entre eux deux de rupture politique et idéologique. Ils sont dans le même courant. Philippe Poutou représente un projet de société différent, de gestion différente de cette société. Avec lui, tout le monde peut s’occuper de politique et de la gestion de la société.

Qu’est-ce qui peut persuader un Savoyard, un citoyen à opter pour le NPA ?

La politique comme je viens de vous le dire, c’est l’affaire de tous. Tout le monde peut prendre les choses en main pour changer la société. On part tout du bas pour porter une idéologie qui rendra plus facile la grève générale que nous attendons. Plus facile le combat du monde ouvrier. On se réclame de ces luttes qui ont obtenu ce qu’on a et ce qu’on est aujourd’hui.

Philippe Poutou obtiendra-t-il les 500 signatures requises ?

Nous sommes aujourd’hui à 460. Ce n’est pas encore gagné, mais nous avons bon espoir. Cette affaire des 500 signatures est définitivement antidémocratique.
C’est choquant ! Nous ne sommes pas un parti institutionnel et nous avons du mal à présenter un candidat. Alors quand les autres font déjà campagne, nous sommes encore sur les routes à récupérer des signatures. C’est un système injuste. Il faudrait mettre en place un système de signature des citoyens. Ce serait autrement plus démocratique.

Appelez-vous de vos voeux une 6e République ?

Je n’aime pas tellement ce terme de 6e République. Si c’est pour recommencer comme avant, alors non ! Nous appelons à un renversement complet avec un mélange de démocratie représentative et de démocratie directe. Avec la proportionnelle partout. Nous appelons une démocratie participative partout, avec des budgets votés par les populations.

Croyez-vous encore à l’Europe et à laquelle ?

Nous avons toujours été pour l’Europe. Pour une Europe des peuples. Pas la caricature actuelle. Pour changer, il ne faut pas se retrancher derrière des frontières. Il faut que tout soit démocratisé. Il faut un droit social qui serait basé sur les pouvoirs d’achat. Un système où la valeur du SMIC serait la même partout, en tenant compte des situations. Nous ne voulons pas sortir de l’euro. Cette monnaie est mauvaise comme elle est pensée aujourd’hui, mais le retour au franc serait une catastrophe. On est favorable à la transformation du système monétaire.

Que dites-vous du nucléaire ? Êtes-vous pour ou contre ? Quelles seraient les alternatives ?

Nous sommes pour une sortie immédiate du nucléaire ! On est membre de ce réseau Sortir du nucléaire. On milite avec des organisations comme Négawatt pour une sortie en dix ans. Avec pour alternative une radicalisation des économies d’énergie, avec de gros investissements dans les énergies nouvelles. Dénucléariser en 40 ans ? Cela ne marchera pas. Ce n’est pas ce qui amènera aux bonnes décisions. Si on met les moyens, on est en mesure de développer des projets essentiels. Nous voulons une transformation radicale de la dépendance électrique. Dans une perspective anti productiviste.

Sur quels dossiers en Savoie le NPA pense qu’il a le plus de travail ?

Sur la question du Lyon-Turin. C’est un mauvais projet, il y a d’autres alternatives. Nous militons contre le développement du tout neige. Notamment en Tarentaise. L’économie de la neige sera bientôt une immense déception. Il faudra aller vers une plus grande diversité touristique et économique.

Pour qui allez-vous voter au 2e tour ?

Nous n’avons pas pris de décision pour l’instant. Au sortir des urnes, il y a souvent des surprises, alors on réglera cela en temps voulu. Et on le réglera avec nos fondamentaux : l’antifascisme, l’anti-FN. Pour dégager Sarkozy, car s’il est réélu on risque une thatchérisation dramatique de la société. Nous n’avons aucune confiance en Hollande. Alors « wait and see » !

Et si, imaginons, le NPA arrivait à la présidence quelles mesures prendriez-vous immédiatement ?

L’annulation de la dette, l’interdiction des licenciements, la sortie du nucléaire en dix ans, l’augmentation de 300€ des salaires, le SMIC à 1 700€ bruts !