« On a le droit de dire merde à tout ce qui se passe »

, par POUTOU Philippe

Le porte-parole du Nouveau Parti Anticapitaliste, Philippe Poutou, sera à Tulle pour un meeting ce vendredi soir. Il était l’invité de Germain Treille à 8h15 sur France Bleu Limousin. Pour dénoncer la politique actuelle du gouvernement, et confirmer qu’il n’attend rien du Grand débat national.

Philippe Poutou sera en meeting à Tulle ce vendredi (photo novembre 2018)
© Maxppp - Guillaume Bonnaud

Le Nouveau Parti Anticapitaliste ne présente pas de liste aux élections européennes, mais il entend bien participer au débat public, comme ce soir avec un meeting à Tulle (19h), animé par le porte-parole du NPA, Philippe Poutou, qui était l’invité de Germain Treille à 8h15 sur France Bleu Limousin.

Est-ce le rôle de l’Etat de sauver le monde industriel, et des entreprises comme Steva ou Deshors ?

Oui, c’est son rôle. Il peut, il devrait, mais il ne fait pas. Il est impuissant, via une impuissance qu’il s’est lui-même construite. A force, depuis des années, de donner des lois favorables aux multinationales, l’Etat ne peut plus rien faire. C’est une question de choix politique. Nous on l’a vu avec Ford (à Blanqueford). L’Etat est sans solution, c’est un rapport de force. Il faut qu’on se batte, il ne faut pas qu’on reste les uns isolés par rapport aux autres, il faut qu’on arrive à mener une bataille politique pour le maintien dans emplois. Que ce soit dans le privé ou dans le public.

Vous prônez la nationalisation temporaire de certains sites industriels ?

Oui, car on voit que le privé n’est pas capable de maintenir des sites, de continuer des productions et de maintenir des emplois. Donc ça pose la question effectivement de l’intervention de l’Etat. Et au-delà, est-ce que l’Etat ne peut pas avoir une politique industrielle ? Est-ce qu’il ne peut pas socialiser certains secteurs de production, puisqu’on voit bien aujourd’hui qu’il y a des choses utiles à la population. Donc, l’Etat peut prendre en main tout ça et décider de produire dans de bonnes conditions, avec le souci de préserver des emplois.

C’est la fin du Grand débat national, Emmanuel Macron va en présenter les conclusions, vous en attendez quoi ?

Nous, on n’en attend rien, mais il y a plein de gens qui n’en attendent rien. Surtout qu’on voit bien qu’en même qu’il joue un faux suspens sur les résultats du Grand débat, il entretient la politique qu’on connaît depuis des années. Sur les retraites, ce qu’on entend, c’est ahurissant, où l’on continue à attaquer, à repousser l’âge de la retraite. Sur la santé, c’est la continuation du démantèlement du service de santé, et la fin fermeture programmée de certains hôpitaux et maternités. Donc on voit bien que le débat, dans la rue lui, n’est pas fini.

Qu’allez-vous dire aux corréziens que vous allez rencontrer ce soir ?

Nous, c’est l’appel à la révolte. Il y en a ras-le-bol, on a le droit de se mettre en colère, on a le droit de dire merde à tout ce qui passe. il faut qu’on se défende, c’est notre vie, c’est notre avenir, il y a urgence. On ne peut compter que sur nous-mêmes, c’est à nous de prendre nos affaires en main. C’est de tout cela qu’on doit parler. Et on n’a pas fini de discuter.