Le pitoyable bilan du président Sarkozy !

, par MAILFERT Martine

Au bout d’un an de gouvernement Sarkozy-Fillon, c’est l’occasion de faire un premier bilan du « candidat du pouvoir d’achat ». Il s’agit d’un an de mauvais coups portés contre la plus grande partie des salariés et de la jeunesse. A y regarder de plus près, le scénario prévu foire complètement. Un an après, tout confirme que ces mesures antisociales de Sarkozy ne font pas recette ! Et les derniers couacs sont, somme toute, logiques. La succession d’annonces en tout genre marque « une crise du pouvoir », une sorte de « fuite en avant », comme une sorte de compétition d’annonces des attaques à l’intérieur même du gouvernement.

La fébrilité qui s’est emparée du gouvernement, à la suite des municipales, a même suscité une « mini-fronde » des députés UMP. Par ailleurs, la crise financière, avec ses conséquences inflationnistes, confirme que les marges de manoeuvre pour le gouvernement sont étroites. En bon libéral, Sarkozy avait promis la relance du pouvoir d’achat par « une croissance forte ». Résultat des courses, il a bien l’intention de faire payer la crise aux couches populaires, jusqu’au point de supprimer une partie des allocations familiales.

Mais, la bonne nouvelle, c’est que dans un contexte difficile, les luttes ne se sont pas arrêtées, loin de là. Dans de nombreux secteurs du privé (commerce, banques, aéronautique) comme du public, de forts mouvements de grèves notamment pour des augmentations de salaires démontrent que, même si ces combats ne sont pas tous victorieux, il existe toujours une résistance sociale dans ce pays. Depuis plusieurs semaines, des dizaines de milliers de lycéens, de parents d’élèves, d’enseignants se mobilisent contre le plan Sarkozy-Darcos : 11 200 postes d’enseignants seront supprimés et tout le monde est concerné car les établissements peu touchés cette année le seront l’an prochain. Sarkozy-Darcos veulent aussi supprimer le BEP alors que c’est un diplôme qui donne une qualification reconnue sur le marché du travail. Le rapport Pochard veut casser le statut des enseignants et mettre les établissements en concurrence pour aggraver encore plus les inégalités et développer une école à deux vitesses.

Egalement depuis le 15 avril, des centaines de travailleurs sans papiers ont engagé la lutte pour obtenir leur régularisation. Ils exigent de pouvoir vivre et travailler sans être contraints de se cacher dans la crainte de la police, d’accepter des salaires de misère pour des conditions de travail d’un autre âge, de vivre dans des logements le plus souvent indécents.

Ils travaillent ici déjà depuis des mois ou des années, en payant cotisations sociales et impôts. Ils exigent leur dû. Ils se battent pour leur dignité.

Le 25 avril, lors de l’allocution du Président, on a eu droit au spectacle affligeant d’un président complètement sur la défensive, justifiant sa politique par la situation internationale. En s’opposant à toutes les revendications en cours, il est apparu pour ce qu’il est : le président de fait du MEDEF, des réformes réactionnaires et xénophobes. Quatre ans, c’est beaucoup trop, il y a plus que jamais nécessité de faire converger les luttes.

Le 1er mai, journée internationale des travailleurs, doit servir à rappeler que, des syndicalistes de l’USTKE en Kanaky aux salariés de Renault en Roumanie, nos luttes n’ont pas de frontières et qu’une convergence des luttes nationales et internationales reste plus que jamais nécessaire.

P.-S.

Article paru dans le Journal du Pays Basque, édition du 30 avril 2008.