« Un candidat unique aurait réduit la pression pour le vote utile »

, par AGUIRRE Léonce

Membre du bureau politique de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), Léonce Aguirre avait plaidé pour une candidature unique à la gauche du Parti socialiste. Finalement, elles et ils étaient cinq à s’être présentés devant les électeurs : Olivier Besancenot, Arlette Laguillet, Marie-George Buffet, José Bové et Gérard Schivardi.

  • Votre réaction au soir de ce premier tour ?

Je suis partagé. Par rapport à 2002, il y a eu un affaiblissement du camp antilibéral. La pression du vote « utile » a été extrêmement forte. Côté satisfaction, le score d’Olivier Besancenot est très bon. Il a bénéficié d’une excellente campagne cohérente et focalisée sur quelques mesures d’urgence, comme la revalorisation du SMIC. Il a sûrement fait un carton auprès de la jeunesse, même si cela demande encore confirmation. Dans le même temps, le Parti communiste a atteint un seuil dramatique, le score d’Arlette Laguiller s’est effrité. Quant à José Bové, il s’est profilé en voulant rassembler à gauche du PS, mais il n’a pas arrêté de taper sur tout le monde.

  • La gauche radicale n’a-t-elle pas été sanctionnée pour être partie dispersée après le succès de la campagne contre le référendum sur la Constitution européenne ?

Une candidature unique aurait certainement pu faire baisser la pression pour le vote « utile ». Mais les scores des uns et des autres ne s’additionnent pas comme ça. C’est plus compliqué. Ceci dit, la vie continuera après la présidentielle et un rapprochement aurait enclenché une dynamique dont nous aurons besoin lors des mobilisations sociales à venir.

  • On a beaucoup critiqué la qualité de la campagne. Les Français se sont pourtant massivement rendus aux urnes.

Il y a eu une effervescence que je n’avais plus connue depuis 1981. A gauche comme à droite, les meetings étaient pleins à craquer. Bien sûr, les thèmes sécuritaires ou identitaires étaient davantage présents mais les questions sociales ont pu être débattues.

P.-S.

Propos recueillis par Simon Petite.
Entretien paru dans Le Courrier, édition du 23 avril 2007.