Acheter pour louer reste l’un des placements préférés des Français. Mais derrière la promesse de revenus locatifs réguliers, un risque pèse en permanence sur le bailleur : l’impayé. Une procédure d’expulsion peut durer 12 à 24 mois en France, période pendant laquelle le propriétaire continue de rembourser son crédit sans rentrée de loyer. L’assurance loyers impayés, ou GLI, constitue aujourd’hui la solution la plus solide pour sécuriser son investissement.
Pourquoi souscrire une assurance loyers impayés ?
La GLI n’est pas obligatoire, mais elle devient quasi indispensable dès lors que le loyer perçu sert à rembourser un crédit immobilier ou représente une part significative de vos revenus. Contrairement à un garant physique, qui peut lui-même se retrouver en difficulté financière, l’assureur est un acteur professionnel solvable, lié par contrat. Solly Azar fait partie des spécialistes de cette couverture en France et propose une assurance loyers impayés (GLI) reconnue par les bailleurs : pour visualiser une offre détaillée avec ses garanties et ses tarifs, vous pouvez en savoir plus sur leur site.
L’enjeu dépasse la simple sécurité financière. La GLI protège aussi votre tranquillité d’esprit en prenant en charge les frais de procédure, souvent lourds, et le suivi des recouvrements. Pour un bailleur qui ne souhaite pas gérer lui-même un contentieux judiciaire, c’est une délégation précieuse.
Bon à savoir : la prime versée pour votre assurance loyers impayés est intégralement déductible de vos revenus fonciers si vous êtes au régime réel d’imposition. Cet avantage fiscal réduit considérablement le coût net annuel de la garantie. Pensez à le mentionner sur votre déclaration de revenus fonciers.
Comment fonctionne la garantie loyers impayés ?
La GLI est un contrat souscrit par le propriétaire bailleur, non par le locataire. Elle se déclenche dès lors que le locataire cesse de régler ses loyers, selon les conditions fixées par le contrat. Trois grandes familles de risques sont couvertes par la quasi-totalité des contrats du marché.
Les risques couverts par la GLI
Les impayés de loyers et de charges constituent le cœur de la garantie. La plupart des contrats ne prévoient aucun plafond de durée d’indemnisation. Les dégradations locatives constatées à la fin du bail sont également couvertes, avec un plafond généralement compris entre 7 500 € et 10 000 €. Enfin, les frais de procédure judiciaire (avocat, huissier, expulsion) sont pris en charge, parfois jusqu’à plusieurs milliers d’euros.
Les conditions d’éligibilité du locataire
Pour valider la couverture, l’assureur impose des critères stricts sur le profil du locataire. Le ratio le plus répandu exige des revenus nets équivalents à 2,7 ou 3 fois le loyer charges comprises. Les justificatifs requis incluent les trois derniers bulletins de salaire, le contrat de travail, le dernier avis d’imposition et un justificatif de domicile. Un dossier incomplet ou hors critères empêche purement et simplement la prise en charge en cas de sinistre.
Le délai de carence à connaître
Une période de carence s’applique systématiquement, en général entre 1 et 3 mois après la signature du bail ou de la GLI. Tout impayé survenu durant cette période n’est pas indemnisé. Ce point est crucial pour les bailleurs qui souscrivent une GLI alors qu’un locataire est déjà en place : la couverture ne sera effective qu’après expiration de cette carence.
Combien coûte une GLI en 2026 ?
Le coût d’une assurance loyers impayés s’exprime en pourcentage du loyer annuel charges comprises. En 2026, les fourchettes constatées sur le marché français sont les suivantes, selon le type de contrat et le canal de souscription.
Pour un contrat individuel souscrit directement auprès d’un assureur ou via un courtier, comptez entre 2,5 % et 4 % du loyer charges comprises. Pour un contrat de groupe négocié par une agence immobilière qui gère votre bien, les tarifs descendent à 1,5 à 3 %. Les néo-assureurs en ligne proposent parfois des entrées de gamme dès 2 %.
Concrètement, pour un loyer mensuel de 1 000 € charges comprises, soit 12 000 € de loyer annuel, le coût annuel de votre GLI se situera entre 300 € et 480 € pour un contrat individuel standard. Cette somme peut paraître élevée, mais elle reste dérisoire face à 12 ou 24 mois d’impayés.
Le saviez-vous ? Une procédure d’expulsion classique en France prend entre 12 et 24 mois entre le premier impayé et la libération effective du logement. Durant cette période, le bailleur continue de rembourser son crédit immobilier et de payer la taxe foncière, sans aucune rentrée locative. La GLI couvre cette période entière dans la grande majorité des contrats.

Tableau comparatif des solutions de protection contre les impayés
Plusieurs dispositifs existent pour sécuriser un bailleur. Chacun présente ses avantages et ses contraintes. Voici une synthèse comparative pour vous aider à choisir la solution la plus adaptée.
| Solution | Coût | Couverture | Cumul possible avec autre garantie | Public cible |
|---|---|---|---|---|
| GLI (assurance privée) | 2,5 à 4 % du loyer | Impayés, dégradations, procédures | Non (sauf étudiants/apprentis) | Tous bailleurs |
| Visale (Action Logement) | Gratuit | Impayés et dégradations limitées | Non | Locataires de 18-30 ans, salariés précaires |
| Caution solidaire | Gratuit | Selon solvabilité du garant | Cumul avec GLI interdit | Étudiants, jeunes actifs |
| Caution bancaire | Variable | Selon montant bloqué | Oui | Locataires sans garant |
GLI ou Visale : quelle alternative choisir ?
La Visale, dispositif public et gratuit géré par Action Logement, séduit de plus en plus de bailleurs. Elle couvre les impayés de loyers et certaines dégradations pour des profils ciblés : jeunes de moins de 30 ans, salariés en mobilité, alternants. Le principal avantage est financier puisqu’aucune prime n’est due.
La GLI privée reste néanmoins plus protectrice. Ses plafonds d’indemnisation sont généralement plus élevés, ses délais de prise en charge plus courts et ses critères de couverture plus larges. Elle s’adresse à tous les profils de locataires, sans condition d’âge ou de statut professionnel particulier. Pour un investissement locatif sur lequel repose un crédit important, elle reste l’option la plus sécurisante.
Notez qu’il est impossible de cumuler GLI et Visale sur un même bail. Le choix est exclusif et doit être fait avant la signature du contrat de location.
Les pièges à éviter avant de souscrire une GLI
Plusieurs erreurs reviennent régulièrement dans les retours des bailleurs. Les anticiper évite des déconvenues coûteuses au moment où la garantie devrait jouer.
Première erreur, négliger les conditions d’éligibilité du locataire. Si vous validez un dossier qui ne respecte pas les critères de l’assureur, votre GLI ne couvrira rien le jour où le locataire cessera de payer. Vérifiez chaque pièce du dossier avec autant de rigueur que l’assureur lui-même.
Deuxième erreur, cumuler GLI et caution solidaire. La loi du 6 juillet 1989 modifiée par la loi Alur l’interdit formellement, sauf cas particulier des étudiants et apprentis. Un bail qui cumule les deux dispositifs expose le bailleur à un risque d’annulation de l’une des deux garanties.
Troisième erreur, sous-estimer le délai de carence. Souscrire une GLI quand vous percevez déjà des impayés revient à acheter un parapluie quand il pleut déjà : aucune protection ne sera offerte.
Les points de vigilance à vérifier dans tout contrat GLI sont les suivants :
- Plafond d’indemnisation par sinistre, en montant et en durée
- Délai de carence applicable au démarrage du contrat
- Conditions d’éligibilité précises du locataire
- Modalités de déclaration de sinistre et délais à respecter
- Prise en charge ou non des frais de procédure judiciaire
Bon à savoir : depuis la loi Alur de 2014, certaines villes en zone tendue imposent un encadrement des loyers (Paris, Lille, Lyon, Bordeaux, Montpellier, etc.). Un loyer supérieur au plafond légal peut entraîner le refus de couverture par l’assureur en cas de litige. Vérifiez la conformité de votre bail avant souscription.
Une protection à inscrire dans toute stratégie locative
L’assurance loyers impayés s’impose comme un outil de gestion incontournable pour tout bailleur souhaitant sécuriser ses revenus locatifs. Son coût, équivalent à environ 2,5 à 4 % du loyer annuel, est largement amorti dès le premier impayé évité ou pris en charge. La déductibilité fiscale réduit encore son coût net réel. La clé d’une bonne GLI tient en trois éléments : la qualité du contrat choisi, la rigueur dans la sélection du locataire conformément aux critères de l’assureur, et la souscription en amont de la signature du bail. Pour un investissement locatif financé par un crédit, c’est aujourd’hui l’option la plus protectrice du marché.
Les questions fréquentes des bailleurs
Oui, la plupart des assureurs l’acceptent. Une période de carence de 1 à 3 mois s’applique alors avant que la couverture ne devienne effective. Aucun impayé existant au moment de la souscription ne sera pris en charge.
Oui, dans la quasi-totalité des contrats, les dégradations locatives constatées à l’état des lieux de sortie sont couvertes. Le plafond se situe généralement entre 7 500 € et 10 000 €, parfois davantage selon le contrat.
Non, sauf cas particulier des étudiants et apprentis. La loi Alur interdit ce cumul pour les autres profils, sous peine d’annulation de l’une des deux garanties.
La couverture reste valable tant que les conditions étaient remplies à la souscription. Une perte d’emploi ou une baisse de revenus survenant ensuite n’annule pas la garantie. C’est précisément à ce moment-là qu’elle prend tout son sens.
La procédure varie selon les contrats, mais elle exige généralement l’envoi d’une lettre recommandée au locataire défaillant, suivie d’une déclaration auprès de l’assureur dans un délai précis, souvent 30 à 60 jours après le premier impayé. Respectez scrupuleusement les délais pour ne pas perdre le bénéfice de la garantie.