Un éditorial

Intifada 2

, par SITEL Francis

A l’automne 1993, Critique communiste titrait un dossier consacré aux accords entre l’OLP et Israël « Lueurs d’espoir ? » Sept ans plus tard, les lueurs sont celles des balles traçantes et des roquettes que l’armée israélienne fait pleuvoir sur une population palestinienne qui laisse éclater sa colère. D’un côté, des chars, des hélicoptères de combat, une armée suréquipée et soutenue par la plus grande puissance du monde, les Etats-Unis. De l’autre, des jeunes, des enfants, armés de pierres et animés d’une exigence irrépressible de dignité.
La disproportion des forces impose l’évidence : seule une immense injustice peut expliquer une telle détermination, de part et d’autre... Qui ne voit de quel côté sont les victimes ? Et comment douter de qui porte la responsabilité de la situation présente ?
Sept années d’accords piétinés, d’engagements non respectés, alors qu’un rapport de forces désastreux avaient en 1993 contraint les Palestiniens à signer des compromis a minima. Sept années durant lesquelles le grignotage de Jérusalem-Est, les implantations de colonies à Gaza et en Cisjordanie se sont poursuivis, les territoires reconnus sous autorité palestinienne ont été quadrillés, étouffés, rendant non viable un éventuel futur Etat palestinien. Au point qu’aujourd’hui c’est le gouvernement israélien qui brandit comme une menace une éventuelle « séparation unilatérale ». Tant et tant de fautes et de provocations ont conduit à une nouvelle Intifada. Et la brutalité cynique du pouvoir israélien menace toute la région d’un basculement dans la catastrophe.
Oui, il faut opposer à cette perspective tragique une volonté de paix. Mais là-bas, pour les Palestiniens et les Israéliens, au sein du monde arabe environnant, ici, en Europe, dans des sociétés traversées au plus profond d’elles-mêmes par ces affrontements, pas de paix sans justice. Justice pour les Palestiniens, par la reconnaissance de leurs droits fondamentaux, dont celui d’un Etat souverain, avec Jérusalem-Est pour capitale.
L’Union européenne et la France, si directement concernées par la situation en Israël et dans les territoires occupés, font montre d’une coupable passivité. Une bonne partie de la gauche française a paru trop longtemps silencieuse et paralysée.
La solidarité avec le peuple palestinien n’en réclame qu’avec plus d’urgence de s’affirmer.

Mots-clés