Nouveau parti anticapitaliste. Espoir et pièges...

, par SITEL Francis

La perspective stratégique d’un nouveau parti de la classe ouvrière est inscrite dans l’acte de naissance du courant marxiste-révolutionnaire. Contrairement à certaines calomnies colportées par la social-démocratie et le stalinisme, il n’a en effet jamais été envisagé d’emprisonner l’ambition révolutionnaire dans la petite lampe magique d’un groupe volontairement minuscule ! Face aux dégénérescences dont le mouvement ouvrier organisé a été victime, la fondation de la IVe Internationale et des différents groupes s’y rattachant a représenté un défi : malgré une position totalement marginalisée, celui de maintenir la continuité de la tradition révolutionnaire du mouvement ouvrier
international, avec l’espoir et la volonté de redonner à celle-ci l’hégémonie
en son sein.
Cette position minoritaire était donc subie, et assumée, comme provisoire,
dans l’attente de grands bouleversements anti-bureaucratiques qui permettraient de surmonter ce que Trotsky avait défini comme une crise de direction.
Mais avec le temps, et les nouvelles expériences souvent dramatiques qu’il apportait, cette perspective ne pouvait plus être envisagée comme une promesse de substitution : une nouvelle direction révolutionnaire assurant la relève de directions bureaucratiques désavouées, parce que leur faillite serait perçue et condamnée à une échelle de masse. Les diverses expériences d’exercice du pouvoir par la social-démocratie ont démontré son incapacité, puis une absence de volonté, de plus en plus ouvertement théorisée, de changer la situation, et un ralliement ouvert aux exigences capitalistes.
Mais sans que de grandes mobilisations et des crises internes permettent
de lui opposer une alternative politique et militante de masse. La chute du Mur de Berlin et la dislocation de l’ex-camp socialiste sont venues confirmer la faillite du courant communiste stalinisé, et le déclin irréversible des quelques partis communistes existants, dont le PCF. Mais sans qu’émergent des courants de masse issus de la tradition communiste aptes à défendre une perspective
socialiste face à ce naufrage.
Il a donc fallu prendre acte que la crise du mouvement ouvrier ne se limitait pas à une simple crise de direction, mais qu’elle constituait une totalité, touchant les tréfonds du mouvement ouvrier, appelant une refondation des bases mêmes de ce dernier et une recomposition de ses courants constitutifs. C’est cette exigence globale qui fut synthétisée par une formule qui fit accord au sein de la LCR au cours des années 1990 : « nouvelle période, nouveau programme, nouveau parti ». Il s’agissait d’oeuvrer à une recomposition politique et à une refondation programmatique, les deux étant combinées,
sans qu’on puisse prévoir ni leurs formes ni leurs rythmes.

Une contradiction centrale

Dans le cas de la France, il est apparu au cours de la dernière période que cette aspiration à une nouvelle représentation de la classe est partagée
par d’importants secteurs de celle-ci, des centaines demilliers d’individus,
de militants expérimentés, de nombreuses équipes syndicales et associatives comprennent que ni le Parti socialiste ni le PCF ne sont des instruments politiques aptes à assumer la défense conséquente des intérêts des salariés et à porter une perspective réelle de changement social. Une conscience qui se trouve régulièrement alimentée par les expériences pratiques répétées de gouvernements dirigés par les socialistes, souvent avec participation communiste, qui témoignent que le PS est de plus en plus ouvertement rallié au libéralisme et que le PCF est inapte à opérer un nécessaire aggiornamento. Ce potentiel politique et militant se concrétise par d’importantes capacités d’initiative politique autonomes par rapport aux directions du PS et du PCF, et parfois des directions syndicales liées à elles, et il se trouve régulièrement confirmé par des résultats électoraux significatifs.
Mais cette réalité n’est pas parvenue à franchir un seuil permettant de proposer, en termes de puissance sociale, de capacité militante, de force
électorale et de poids institutionnel, une alternative crédible à ce que
représente la social-démocratie. Du coup, face aux attaques du patronat
et de la droite, régulièrement la nécessité de trouver une formule politique
permettant d’éviter le maintien ou le retour de la droite au pouvoir permet au PS de réaffirmer son hégémonie quant à la représentation du salariat sur le champ de la politique institutionnelle. D’où une logique d’alternance et de bipartisme qui tend à s’imposer, malgré les graves déceptions auxquelles conduit la politique gouvernementale du PS, et l’affaiblissement important qui en résulte pour ce dernier au sein du salariat. Une situation qui dans ses répétitions provoque non moins régulièrement, du côté de la gauche critique, des ralliements, des démoralisations, des divisions et des crispations gauchistes.
Le paradoxe est remarquable aujourd’hui avec un PS en grande difficulté
politique, de plus en plus incapable de s’adresser aux classes populaires,
étalant son incapacité à proposer la moindre opposition à l’offensive sarkozyste. Mais qui, dans le même temps, capitalise électoralement la nécessité de s’opposer à cette droite dangereuse, et du coup se voit mis en situation de diriger la quasi-totalité des régions, une majorité des grandes villes et des conseils généraux.
Une telle contradiction, entre ce qui est perçu largement comme nécessaire et l’incapacité à le concrétiser, est grosse de tensions, voire de risques de dérapages. D’une part, ceux de l’adaptation désabusée ou cynique, consistant à théoriser qu’il n’y a rien de possible hors du PS, donc qu’il faut s’inscrire dans son orbite, pour au mieux viser son redressement et en tout état de cause
profiter des positions de pouvoir qu’il peut octroyer. D’autre part, à l’inverse,
la crispation dans une attitude de dénonciation systématique, tirant un trait d’égalité entre la droite et la gauche, et faisant fi de ce que le PS est encore vécu par une partie du salariat comme un recours électoral face à la dangerosité de la droite. Opportunisme d’un côté, gauchisme de l’autre : un couple qui agit en permanence pour affaiblir et dissocier les forces susceptibles de représenter une alternative efficiente au social-libéralisme.

Une spécificité française

Cette contradiction est d’autant plus forte dans la vie politique française
que jouent certaines spécificités. D’abord une politisation qui, malgré
la faible implantation des partis politiques et une abstention souvent
importante, reste élevée. Celle-ci peut représenter un frein à la logique du
bipartisme : jusqu’à 2007, dans bien des élections, on a vu au premier tour
que la somme des voix se portant sur les candidats extérieurs aux deux partis
institutionnels dépassait celles réunies par eux. Et une capacité de résistance au néolibéralisme : depuis les grandes grèves de 1995, celle-ci n’a cessé de se confirmer malgré les lourdes défaites essuyées (en particulier sur la question des retraites), et elle a trouvé une expression politique partielle en 2005 avec la victoire du « non » au Traité constitutionnel européen, ou sur le terrain social avec la mobilisation qui a obligé le gouvernement à retirer sa loi sur le Contrat première embauche.
Mais, contradictoirement, les tentatives répétées de recomposition politique ont toutes successivement échoué, depuis la fin des années 1980 jusqu’à aujourd’hui, de la candidature Juquin en 1988 jusqu’à la mobilisation pour des candidatures antilibérales unitaires en 2007.
Ce dernier échec fut le plus dramatique, à la mesure des espoirs qu’avait fait naître une mobilisation militante sans précédent : des dizaines de milliers de militants rassemblés dans des collectifs unitaires, le début d’élaboration d’un programme électoral clairement en rupture avec le libéralisme, ce qui malgré les ambiguïtés entretenues par la direction du PCF devait permettre de
confirmer un refus net d’une alliance gouvernementale avec le PS (choix
qui était nettement majoritaire au sein des collectifs), une implication inédite de différents courants du mouvement ouvrier jusque là hostiles pour certains d’entre eux (le PCF, la LCR, les Alternatifs, des courants socialistes, des courants des Verts, des responsables du mouvement social...). Sur les principaux partis impliqués reposait pour une bonne part la possibilité de la réussite de l’entreprise. Mais le crédit politique important qu’ils y ont gagné dans un premier temps au sein de ce mouvement des collectifs a ensuite été gâché par la volonté de chacun d’imposer pour la présidentielle la candidature
qui lui paraissait la seule acceptable : Marie-George Buffet pour le PCF, Olivier Besancenot pour la LCR, José Bové pour la mouvance écologiste et alternative... Dégâts d’autant plus durables qu’il fallut justifier la rupture pour des raisons politiques fondamentales, et pour ce faire aviver des problèmes épineux : le PCF accusant la LCR d’opter pour l’autoaffirmation et refusant toute perspective de prise de responsabilité politique effective, la LCR dénonçant le PCF et les autres composantes de ne pas vouloir rompre réellement avec les perspectives d’une alliance parlementaire et gouvernementale avec le PS, les supporters de José Bové, une fois que le PCF et la LCR se furent retirés chacun de son côté, maintinrent jusqu’au bout cette 3e candidature comme la seule unitaire... Au total, une victoire éclatante de Sarkozy qui n’a trouvé en face de lui qu’une candidate socialiste incapable d’opposer une alternative à son libéralisme dur, et une gauche antilibérale déchirée, décrédibilisée, et largement inaudible.
Une fois l’échec consommé et les évolutions régressives libérées, il est
évident que la suite allait confirmer les annonces de tous les prophètes
de malheur ! Les différentes postures sur le thème « nous avions bien raison
de prévoir le pire, et les dégâts en cours témoignent de notre lucidité » ne peuvent qu’alimenter les ressentiments et justifier les tentations hégémonistes
des uns et des autres, les confusions de ceux-ci répondant à l’arrogance de ceux-là...

L’appel à un nouveau parti anticapitaliste

Paradoxalement, c’est dans cette situation globalement fort négative qu’à l’été 2007 la LCR a décidé de lancer son appel à un nouveau parti anticapitaliste.
Initiative qui indéniablement rencontre un certain écho. Il est vrai que dans la débandade de la gauche en général — face au triomphe de Sarkozy, Ségolène Royal a essuyé une défaite majeure, et à la gauche de la gauche, Arlette Laguiller, José Bové et surtout Marie-George Buffet ont subi des scores humiliants... —, les 4,1 % de Olivier Besancenot sont apparus comme un réel
succès, qui confirme une place électorale nouvelle occupée par la LCR.
La situation apparaît pourtant fort inquiétante face à la volonté du pouvoir
sarkozyste de s’appuyer sur sa victoire électorale pour porter des coups terribles aux salariés et imposer à une société rétive un ultralibéralisme
dur, atlantiste et autoritaire, on voit un PS impuissant, affaibli par les débauchages opérés dans ses rangs par Sarkozy, et engagé dans une dérive
droitière aggravée (avec la recherche d’une alliance au centre). C’est dans ce contexte que la proposition de la LCR est apparue comme la seule offre politique semblant porteuse d’un minimum d’espoir. Reste que ces données positives pour la LCR ont provoqué une impatience mauvaise conseillère, qui a conduit à un certain nombre de théorisations aventureuses.
Décréter que les échecs des précédentes tentatives de recomposition
témoignent que toute perspective de cette nature est à présent obsolète,
c’est tirer un trait sur ce qui fut positif dans cette politique passée, et partant
boucher l’avenir. Parce que cela conduit à décréter qu’entre l’hégémonie
effective du PS et l’entreprise de la LCR de construire un parti dépassant
ses propres forces de quelques milliers de militants supplémentaires
n’existent plus que des débris du mouvement ouvrier, ou des courants
condamnés soit à rallier le PS, soit à admettre que hors du projet de la LCR
il n’est point de salut. Donc une démarche marquée de suffisance, qui
ne peut qu’être en porte-à-faux par rapport à l’essentiel des forces qui
aspirent effectivement à l’existence d’un nouveau parti.
La perspective qui en résulte est celle d’un nouveau parti appelé à se construire « par le bas », en s’adressant directement aux équipes militantes
du mouvement syndical et associatif, aux nouvelles générations, à des individus motivés pour construire un nouveau parti, désignés comme les « anonymes » et autres « héros du quotidien »... Tous réunis par leur réponse positive à l’appel d’Olivier Besancenot !
apparue tentée de récuser le pluralisme comme constitutif de ce nouveau
parti, position corrigée depuis.
L’éventualité, envisagée sinon pleinement systématisée, d’un parti rassemblant autour de la LCR des militants individualisés, ne partageant à priori que la seule commune préoccupation de construire un nouveau parti anticapitaliste, conduit à d’inquiétantes contradictions.
L’affirmation que pour certains courants de la LCR, et « aux yeux » de nombre de ses militants, ce parti, parce que se définissant comme anticapitaliste, sera révolutionnaire, coexiste avec une promesse. Celle
que son programme sera élaboré par l’ensemble de ses membres, à égalité,
dans le cadre d’un « processus constituant », dirigé par un « comité
national d’animation » désigné lors de la réunion nationale des collectifs
d’initiative pour un nouveau parti, dont on s’engage à ce qu’il sera représentatif de ces collectifs, et sans une présence hégémonique de la LCR...
Bref, la volonté, positive, de précipiter l’affirmation d’un nouveau parti
est une chose, la capacité à réunir les conditions pour que celle-ci se réalise
effectivement en est une autre.
Un nouveau parti suppose une refondation programmatique, qui est une tâche ambitieuse ne pouvant reposer sur une seule composante politique organisée et un rassemblement d’individus. L’ignorer c’est prendre le risque d’imposer de
manière autoritaire un programme préétabli, ou, à l’inverse, celui de désarticuler de manière non maîtrisée celui qui cristallise les acquis de
décennies de combat politique.
Au terme du processus, la LCR peut se retrouver devant une alternative redoutable : soit l’opération se solde par un simple grossissement de
la LCR, et le reproche justifié lui sera fait d’avoir engagé une démarche
manipulatrice, ou tout simplement d’avoir échoué ; soit un nouveau parti verra le jour qui, loin de marquer un progrès qualitatif, induira des régressions politiques que rien ne saurait justifier. Car une voie plus assurée est ouverte à la LCR...

Pour un nouveau parti, une voie plus assurée...

La priorité doit être d’affronter la situation concrète. Celle-ci est d’abord
marquée par les attaques multiples et brutales du pouvoir sarkozyste, dont l’objectif est d’infliger une défaite sociale de grande ampleur aux salariés, condition pour aligner la société sur les modèles voulus par le néolibéralisme. Et, d’autre part, par une crise aggravée du mouvement ouvrier et de la gauche : dérive sociale-libérale du PS, déclin du PCF, désarroi et éclatement de la gauche de la gauche, désorientation et division du mouvement syndical et associatif, difficultés pour les jeunes générations de s’organiser de manière
durable et de trouver leurs repères politiques...
Dans cette situation est inscrite la perspective d’affrontements sociaux
de grande ampleur entre le pouvoir d’une droite vindicative et des salariés,
une jeunesse, dont les organisations sont très affaiblies et défaillantes. C’est à cette contradiction qu’il faut se confronter. Elle explique l’écho que rencontre la question d’un nouveau parti, mais la LCR ne saurait ignorer (ou pire entretenir l’illusion contraire), que la réponse à y apporter pourrait se réduire à la construction à marche forcée d’un nouveau parti anticapitaliste autoproclamé.
Sous peine d’entraîner une dépolitisation importante et de provoquer des distorsions graves du processus même de constitution du dit nouveau parti.
L’orientation répondant aux exigences de la situation devrait articuler de manière cohérente :

  • La défense d’un front unique le plus large possible sur l’ensemble des questions où le pouvoir attaque les travailleurs et la jeunesse. Aujourd’hui, ces questions recouvrent tous les aspects de la vie des salariés : le pouvoir d’achat, le logement, la santé, l’éducation, les droits sociaux, les retraites... À tel point qu’il en résulte une certaine paralysie : comment répondre ensemble
    à toutes ces attaques qui viennent en même temps ?
  • Une proposition offensive pour un front unitaire antilibéral. En effet se trouve posée de manière criante, même si les directions cherchent à esquiver le problème (en renvoyant à 2012, c’est-à-dire le prochain rendez-vous
    présidentiel, l’échéance de la confrontation politique), la nécessité d’une alternative politique d’ensemble à la politique de la droite et le problème des moyens de l’imposer. Force est d’admettre qu’aucune organisation n’a à elle seule la capacité et la légitimité pour se présenter comme porteuse de cette alternative. C’est pourquoi la nécessité d’un rassemblement unitaire de toutes
    les forces décidées à porter une telle politique est indispensable. Et ce sur
    des bases à la fois larges et claires : la volonté de s’opposer, d’abord
    dans les mobilisations, et ensuite dans les élections, à la politique libérale en défendant une perspective de rupture radicale avec celle-ci, clairement
    alternative au social-libéralisme, et donc en indiquant un refus clair de toute alliance gouvernementale avec le Parti socialiste.

Un tel rassemblement, s’affirmant sur l’ensemble des problèmes posés, se construisant dans la durée et s’ancrant à la base avec des collectifs militants locaux, donnerait une base solide et large pour une riposte d’ensemble au libéralisme. Celle-ci modifierait les équilibres à gauche, et créerait des conditions nouvelles pour permettre l’émergence d’un parti qui soit une réelle nouvelle représentation politique de la classe.
C’est dans ce mouvement dont elle devrait être l’artisan que la LCR pourrait opérer sa propre transformation pour devenir une organisation pleinement engagée dans un tel processus de rassemblement et de mûrissement politique. Elle écarterait alors les soupçons de vouloir dominer ce processus et d’imposer
son hégémonie sur le nouveau parti. Situation qui fait planer le risque de
réduire ce nouveau parti à une simple LCR renforcée, et de surcroît au prix de la perte de certains acquis hérités de son histoire de petite organisation révolutionnaire, en particulier en matière de démocratie interne, de capacité à mener des débats politiques, y compris de portée internationale, et de prendre des initiatives audacieuses...
Le problème à résoudre est bien à la fois de préserver ces acquis, éléments
indispensables pour toute recomposition politique positive, et de les réinvestir dans un parti qualitativement et quantitativement supérieur. Un parti réellement nouveau, parce qu’il serait le cadre du dépassement de diverses traditions politiques issues du passé du mouvement ouvrier, qu’il porterait un
programme répondant aux exigences de la période nouvelle, qu’il organiserait
de manière significative des secteurs des nouvelles générations et des classes populaires, aujourd’hui presque totalement extérieures aux partis existants, qu’il stabiliserait un poids social lui permettant de peser par rapport aux
institutions sans en être prisonnier, parce que apte à animer des mobilisations
sociales d’ampleur, parce qu’il serait aussi en mesure d’agir dans le sens d’une recomposition à l’échelle internationale des forces luttes de classes...
Donc un parti réellement nouveau et anticapitaliste, en ce sens qu’il aurait la force nécessaire à ce que ce combat anticapitaliste n’en reste pas au niveau de l’ambition et du discours, mais soit bien son action quotidienne et son projet politique.
Viser un tel parti est non seulement nécessaire, mais possible, compte tenu des bouleversements en cours au sein du mouvement ouvrier. A condition de ne pas ignorer les médiations indispensables. Le parti qui va se constituer ne peut se proclamer être à lui seul la nouvelle représentation politique dont les travailleurs et la jeunesse ont besoin pour s’opposer au capitalisme et proposer une alternative au social-libéralisme du Parti socialiste. En revanche il devrait assurer les pas en avant concrets qui permettront d’avancer sur cette voie, en rassemblant réellement et en posant des bases politiques solides pour un tel
projet.

F.S.