Après le 29 mai ou le triomphe de la politique

, par KOUVÉLAKIS Stathis

Cinq thèses sur la nouveauté de la période, la crise du bloc dominant, la repolitisation populaire, le rapport antilibéralisme/anticapitalisme et le front de classe.

1) Sur la nouveauté de la période

Le résultat du référendum français du 29 mai a été immédiatement ressenti comme un tournant politique majeur, bien au delà d’une simple consultation électorale, en France mais aussi en Europe et dans le monde. L’onde de choc de l’événement est encore loin d’avoir produit l’ensemble de ses effets, d’où la difficulté, mais aussi l’urgence d’avancer quelques (hypo)thèses d’interprétation et d’intervention sur la période qui s’ouvre devant nous. Venant après les élections britanniques et allemandes (victoire à la Pyrrhus de Blair et percée de la gauche radicale, défaite écrasante du SPD en Rhénanie-Westphalie et recomposition dans la gauche syndicale et politique d’outre-Rhin), il semble logique d’avancer que la nouveauté de cette période touche la gauche européenne dans l’ensemble de ses composantes et qu’elle fait elle-même partie d’un cycle plus large de remobilisation et de contre-offensive populaires au niveau mondial (cf. essentiellement l’Amérique latine, mais aussi la dynamique persistante, du moins « en extension », des mouvements altermondialistes). Pour caractériser toutefois de manière plus précise le tournant lui-même, il convient de restreindre, dans un premier temps, le champ de vision à la France et à la signification immédiate du 29 mai. La première (hypo)thèse est donc la suivante : le 29 mai le « bloc populaire antilibéral » a touché au cœur le dispositif d’alternance entre la droite libérale classique et la gauche social-libérale qui a permis la mise en place de la restructuration capitaliste néolibérale de la société française depuis plus de deux décennies. Il est encore trop tôt pour dire si ce dispositif (en tant qu’ensemble de forces politico-sociales à la fois relativement différenciées et interdépendantes) pourra retrouver sa cohérence et sa fonctionnalité. Cela dépendra naturellement, de façon déterminante, de l’action et de la capacité politique du bloc populaire. Ce qui paraît toutefois certain c’est qu’il ne pourra le faire qu’au prix d’une profonde réorganisation, en payant le coût d’une crise désormais inévitable, et non par un replâtrage superficiel ou une manœuvre tactique comme cela a été le cas jusqu’à présent.

2) Sur la crise du bloc dominant

Pour mesurer l’étendue de la crise du dispositif politique d’alternance néolibérale, il faut garder à l’esprit que, de par son caractère même (remise en cause des compromis sociaux qui assuraient aux classes dominées une forme de participation dans l’« intérêt général » et alignement accentué de ce dernier sur les exigences du seul capital en cours de restructuration), le néolibéralisme, en France et ailleurs, n’a pu et ne peut produire que des formes de consentement « faibles », passives, essentiellement « par défaut », en s’appuyant donc avant tout sur l’échec et les faiblesses de ses adversaires. Sa base sociale « active » n’a guère dépassé les couches entrepreneuriales et certaines fractions supérieures du salariat, essentiellement de l’encadrement et de quelques secteurs limités (la « com », les « nouvelles technologies », le secteur financier, les bénéficiaires de l’accumulation patrimoniale etc.). Minoritaire, cette base a vu de surcroît sa cohérence et sa solidité s’effriter au cours des dernières années, au fur et à mesure de l’extension des effets de la restructuration capitaliste néolibérale, au sein et en dehors de l’entreprise (« harcèlement dans le travail » et autres aspects du « blues des cadres », chômage touchant même les catégories diplômées, durcissement de la compétition entre détenteurs de capital scolaire y compris à un niveau élevé). Le tout sur fond de trajectoire sociale descendante pour la majorité de la population vivant en France, et plus particulièrement pour les générations qui se sont succédées sur le marché du travail depuis le milieu des années 1970.

C’est l’ensemble de ses processus qui alimente la crise et la fragilité chronique du bloc dominant en France depuis le début des années 1980, plus particulièrement :

  • Le fossé croissant qui sépare les classes populaires et les jeunes des partis politiques, de gauche et de droite, censés les représenter, ainsi que la transformation des dits partis en appareils étroitement professionnalisés, privés de liens organiques avec les couches populaires et presque entièrement absorbés par l’appareil d’Etat central et local.
  • L’instabilité chronique du système politique français (record européen avec l’Italie), qui a vu l’ensemble des équipes gouvernementales sortantes battues au bout d’un mandat.

Sorti victorieux des grandes batailles sociales qui ont jalonné la société française depuis la crise des années 1970 (restructurations industrielles, révolution managériale dans les entreprises, démantèlement partiel de l’Etat social etc.) le bloc de classe au pouvoir a réussi à surmonter l’affaiblissement des bases de sa domination et les résistances populaires (ouvertes ou latentes) jamais démenties suscitées par la mise en œuvre de sa politique d’une triple façon :

  • En construisant un système d’alternance droite libérale / gauche social-libérale qui assure la continuité des politiques menées et, dans une large mesure, du personnel qui les mène au sein de l’appareil d’Etat par delà les cycles (de plus en plus courts cependant) des alternances au sommet et de l’irruption directe des mouvements sociaux sur la scène politique centrale (décembre 1986, novembre-décembre 1995 pour ne citer que les moments les plus marquants).
  • En déplaçant le centre de gravité du système partidaire et syndical (affaibli et fragmenté) et l’appareil de domination culturelle et intellectuelle (essentiellement les médias, l’appareil scolaire échappant dans une certaine mesure à cette logique dans la mesure où il s’est vu confier la promotion symbolique d’une tranche générationnelle issue des classes populaires) vers les « classes moyennes » supposées communier dans le consensus libéral.
  • En marginalisant les classes populaires, et avant tout la classe ouvrière, au point de la rendre quasi-invisible dans l’espace public et d’obtenir, dans une large mesure, son exclusion de la représentation politique (le délitement des organisations politiques et syndicales du mouvement ouvrier français facilitant puissamment ce processus).

Il ne paraît nullement excessif de dire que le « projet européen » a fonctionné durant cette période comme un ciment permettant de lier entre eux l’ensemble de ces mécanismes d’adaptation et de stabilisation systémiques et de façonner l’unité relative de la fraction dirigeante du bloc au pouvoir. Il constituait de ce fait le point fort du consensus faible néolibéral, et c’est pourquoi le résultat du 29 mai frappe ce dernier en profondeur.

Négativement, tout d’abord, en révélant au grand jour la fragilité, voire l’absence de toute forme d’adhésion populaire majoritaire au rouleau compresseur du néolibéralisme. Cela était certes déjà patent dès le 21 avril 2002, mais, à l’époque, la configuration particulière de la compétition électorale avait rendu possible le « sursaut systémique » d’un 2e tour consensuel en faveur du « républicain » Chirac et l’apparence d’alternance parlementaire « normale » lors des législatives qui ont suivi. Cette fois, la nature même de la consultation (un référendum touchant le point cardinal de l’unité du bloc dirigeant) ne laissait aucune marge de ce type. De ce fait, ce sont les piliers du système d’alternance néolibéral qui sont touchés dans leur cohérence interne. Leurs divisions éclatent au grand jour, et leurs effets, potentiellement dévastateurs, dépassent les logiques particulières des acteurs (symptôme classique des conjonctures de crise). La possibilité d’une crise de régime est désormais envisageable, elle signalerait le franchissement du seuil d’irréversibilité de la crise du bloc dominant.

Quoi qu’il en soit, et sans se perdre en conjectures sur la fin de la Ve République (assurément souhaitable, et pouvant être facilitée par exemple par la reprise massive des mots d’ordre de dissolution de l’Assemblée et de démission de Chirac), la droite parlementaires et le PS se débattent dans la crise régnante privés de leader et d’orientation lisible. Sonnés par la défaite, ils se présentent durablement divisés entre, d’une part, une droite gaulliste tentant de préserver quelques restes de compromis social et une droite néolibérale musclée, décidée à en découdre avec les résistances sociales, et, de l’autre, un social-libéralisme ouvertement assumé (un PS « blairisé », éventuellement allié avec des secteurs de la droite centriste) et des secteurs qui ont soit basculé du côté du bloc antilibéral, soit misé sur une refonte du système d’alternance sur des bases « intermédiaires ». Le paysage médiatique, et pour une part, syndical paraît presque aussi dévasté que le système partidaire (que l’on songe à la situation dans la CGT et au rôle particulièrement répugnant de la direction Thibault), ses représentants les plus en vue acculés au déversement quotidien de leur ressentiment et de leur haine sur le peuple ingrat et obstinément sourd à leurs injonctions.

C’est que, positivement justement, la séquence politique et sociale qui a conduit au 29 mai a mis un terme à l’attitude de retrait, de passivité et de résignation des classes populaires qui a jusqu’à présent permis au bloc dominant de redresser à chaque fois la barre. Ce faisant elle prolonge des tendances préexistantes, en réalité toute l’expérience des luttes de la dernière décennie, aussi bien que, sur le plan électoral, la dynamique annoncée par les résultats de l’extrême-gauche entre 1995 et 2002 ou le vote sanction des régionales de 2004. Mais tout cela prend à présent une extension, une structuration et un ancrage suffisants pour façonner de bout en bout les termes de l’affrontement central (« le social contre l’Europe libérale ») et pour, in fine, construire une dynamique majoritaire qui relègue l’extrême-droite dans un rôle subalterne.

3) Sur la repolitisation populaire

Le véritable événement de la séquence référendaire se trouve ainsi dans la mobilisation populaire qui s’est emparée des questions politiques centrales à une échelle sans doute inédite depuis les années 1970 et a réussi à investir le terrain de la campagne du non en syntonie avec les mobilisations sociales de la période (date inaugurale symbolique : la manifestation de Guéret). Articulant mobilisation par en bas et cadre unitaire « au sommet », entraînant dans ses rangs des militants syndicaux, politiques et associatifs de provenances diverses, souvent non affiliés organisationnellement, accélérant en pratique les différenciations internes des composantes qui en furent partie prenante (sans nier leur rôle), la campagne du non de gauche est parvenue à construire un véritable front antilibéral, une dynamique unitaire capable de porter les revendications vitales des couches populaires au centre de la bataille politique. De l’avis général, une repolitisation en profondeur de la société française a vu le jour au cours de ces derniers mois. Ce n’est qu’ainsi que la victoire du non populaire devient compréhensible en dépit de l’énorme pression médiatique et politique et du caractère clairement minoritaire des composantes du non de gauche. En dépit aussi de l’absence de véritable soutien des confédérations syndicales et du boulet que représente la captation durable d’une partie de la révolte et du désespoir ouvriers par l’extrême-droite lepéniste.

C’est aussi la raison pour laquelle ce n’est que la victoire du non du 29 mai qui a réussi à ouvrir une brèche dans le mur politique contre lequel avaient fini par se fracasser toutes les luttes des dernières décennies, plus particulièrement l’élan né des grèves de décembre 95. On peut en ce sens considérer comme irrévocablement dépassé l’aspect « antipolitique » du cycle précédent (le mouvement social affrontant de manière autonome le champ politique, et cherchant à la limite à en instrumentaliser certains mécanismes), déjà malmené par les effets du 21 avril, de la défaite du mouvement du printemps 2003 et le recours au vote sanction des régionales. En même temps, c’est sur la base de l’expérience accumulée de conflits, même perdus, que le tournant politique a pu s’enclencher et aboutir. La question de la « construction européenne », posée par le référendum sur le traité constitutionnel du 29 mai, a en ce sens fonctionné comme le point de condensation de l’ensemble des contradictions de la conjoncture, ouvrant la voie à une remise en cause du « centre vital » de la stratégie du bloc dominant. L’issue de la crise désormais ouverte, y compris la configuration des composantes du bloc dominant en proie à leurs contradictions internes, dépendra de la poursuite et de l’approfondissement de la dynamique populaire. Et la force, ou l’ensemble de forces qui, au sein du bloc populaire, verront s’affirmer leur capacité hégémonique sont celles qui paraîtront les plus à même de porter cette dynamique et de la construire en véritable alternative politique, mettant de côté aussi bien les divisions sectaires que la confusion ou la compromission avec le système d’alternance chancelant et discrédité. Rien ne serait pire, en ce sens, que le retour aux « bonnes vieilles habitudes » d’appareils (par ailleurs indispensables) soucieux de gérer, en les améliorant à la marge, leurs positions habituelles.

4) Sur le rapport antilibéralisme /anticapitalisme

La campagne et la victoire du 29 mai ont été construites sur la base d’une opposition claire et résolue au libéralisme, dans ses deux variantes possibles et alternativement mises en œuvre. Tout écart par rapport à ce socle unitaire, tout particulièrement dans le sens d’une remise en cause de la ligne de clivage fondamentale (comme le PCF, mais aussi une partie d’ATTAC, semblent tenter de la faire en s’adressant également à la « gauche du oui ») équivaudrait à un désastre politique, détruisant la dynamique unitaire et reconduisant la logique de subalternisation à un PS affaibli et discrédité. C’est à l’inverse l’exigence d’approfondissement et de stabilisation d’une orientation antilibérale conséquente, qui se donne à la fois les objectifs et les moyens de rompre effectivement avec le cours actuel des choses, qui conduit à poser la question de la perspective anticapitaliste. De l’intérieur même de la logique de la situation et non comme un programme plaqué de l’extérieur, une rhétorique radicale incapable d’agir sur les lignes de fractures réelles de la conjoncture donnée. Pour prendre un exemple concret, le problème fondamental d’une orientation du type de celle préconisée par le texte de Roger Martelli ne se trouve pas dans son caractère « réformiste » (tout à fait avéré par ailleurs), ni même dans son caractère unilatéralement « institutionnel » (ce qui est déjà plus problématique), mais dans le caractère inconséquent, ineffectif ou largement velléitaire de son antilibéralisme, qui refuse par exemple de poser les questions d’une rupture effective avec les axes fondamentaux de la contre-réforme libérale, au niveau européen et national, institutionnel ou de politique économique : rôle de la Commission et de la Cour de Justice européennes, directives et législation déjà en cours, « acquis » des privatisations et des déréglementations, redistribution quasi-institutionnalisée des richesses en faveur du capital (notamment financier) et aux détriment des salariés, politiques sécuritaires et de coopération policière et judiciaire (espace Schengen, pilier européen de défense), militarisme et ambitions impérialistes.

Aujourd’hui, après des décennies d’offensive capitaliste, l’élaboration d’une politique antilibérale effective constitue la ligne de démarcation principale départageant, à tous les niveaux, l’ensemble des forces sociales, intellectuelles et politiques. Sa mise en œuvre concrète par un bloc populaire majoritaire au niveau des institutions politiques existantes (y compris gouvernementales) ne peut que conduire à court terme à des affrontements de classes de très grande ampleur, qui aboutiront inévitablement à poser la question de la propriété des principaux moyens de production, d’échange et de communication ainsi que celle de la structure même du pouvoir et des appareils d’Etat. C’est dans ce mouvement que se construira également l’espace européen des luttes qui seul peut conduire, à terme, à la construction d’espaces démocratiques « constituants » dépassant le cadre des Etats-nations existants. On peut considérer à ce propos que chaque cycle de luttes populaires ascendantes à l’échelle européenne s’est caractérisé par des objectifs constituants de ce type, que ce soit les « républiques rouges » des révolutions de 1848 ou le projet d’une Europe des conseils ouvriers qui a saisi l’imagination de millions de travailleurs au lendemain de la première boucherie mondiale, de Turin à Petrograd et de Berlin à Budapest.

5) Sur le front de classe

C’est donc sur le terrain d’une orientation antilibérale conséquente que se jouera l’hégémonie au sein même du bloc antilibéral. La capacité politique des révolutionnaires se jugera sur leur capacité d’impulser l’approfondissement de cette orientation rendu nécessaire à chaque étape de la conjoncture sans rompre le cadre unitaire du rassemblement populaire, tout particulièrement en direction des forces réformistes, de type social-démocrate classique ou « mouvementiste ». Exercice assurément difficile, mais dont le succès conditionne la mise en échec durable de toute reconstitution, sous une façade ravalée, du système d’alternance néolibéral dans sa double dimension de marginalisation des forces radicales et des classes populaires.

Car il y a bien une dimension de classe dans ce que nous avons désigné jusqu’à présent comme le bloc populaire antilibéral. Naturellement, celui-ci est transclasse, majoritaire dans toutes les couches du salariat et de la jeunesse jusqu’au niveau des « cadres supérieurs et professions intellectuelles ». Mais il présente les caractères d’une polarisation de classe très nette, avec un « noyau dur » autour de la classe ouvrière des « cols bleus » (en réalité les travailleurs salariés manuels selon les classifications de l’INSEE), qui ont voté non à près de 80 % (et se sont nettement plus mobilisés que d’habitude) et de celle des « cols blancs » (plus de 60 % de non), et un dégradé toujours majoritaire autour des couches intermédiaires du salariat et de la jeunesse. Il faut également signaler que parmi les luttes qui on émergé au cours de la séquence référendaire, sont revenues sur le devant de la scène, pour la première fois depuis de longues années, des grèves importantes, et souvent victorieuses, de grandes entreprises du secteur privé (Citroën, Carrefour, Total).

Compte tenu de l’absence du pôle social-démocrate « classique » en France (organiquement lié au mouvement ouvrier et syndical), c’est de fait aux courants « rouges », anticapitalistes, du front antilibéral qu’incombe la tâche d’une structuration de classe du bloc populaire, dans un climat de confiance accrue dans les chances de victoire de la mobilisation collective. La reconstruction de l’hégémonie ouvrière représente aujourd’hui la condition pour faire reculer les divisions internes créées ou amplifiées par la restructuration capitaliste (clivage générationnel, secteur public/ secteur privé ou « Français »/ « immigrés »). Et, du même coup, de saper durablement l’influence du Front national parmi l’électorat populaire, non pas en lui faisant des leçons de morale mais en reconnaissant la justesse de sa colère au moment même où elle en désigne les cibles légitimes et relève l’espoir d’un avenir collectivement construit. La reconstitution d’une politique de classe est aussi, au niveau des rapports entre composantes anticapitalistes du front antilibéral, un moyen de faire évoluer, dans un sens plus productif, les lignes de démarcation entre des forces « classistes » (notamment au sein du PCF et de la CGT), anticapitalistes mais souvent rétives au travail unitaire, et repliées sur un horizon « ouvriériste », et les forces anticapitalistes d’extrême-gauche (essentiellement autour de la LCR et de militants des mouvements sociaux), très à l’aise dans le cadre unitaire et la dynamique des mobilisations par en bas, mais à faible implantation et capacité de pénétration en milieu ouvrier.

Constitution d’un pôle anticapitaliste dépassant la fragmentation organisationnelle actuelle et construction d’une politique hégémonique de classe se présentent ainsi comme la double condition du succès durable du front antilibéral capable de conduire les forces populaires à la contre-offensive et à la victoire.

Le temps de l’initiative est venu.
Paris, le 6 juin 2005