Pourquoi un autre manifeste ? Bonne question... Réponse à la plateforme « X »

, par JOHSUA Samuel

Les camarades de la plateforme « provisoirement X » sont partis en guerre contre le projet de Manifeste. Maniant l’ironie un paragraphe sur deux, les voilà qui veulent nous convaincre que ce projet représente un tournant néfaste, fondé sur un abandon des principes révolutionnaires. C’est un point de vue. Le mien est que l’essentiel de leur argumentation n’est que la reprise de faux procès, même s’il y a aussi des questions fondamentales qui sont posées.

Passons d’abord sur quelques facilités polémiques dont les camarades auraient pu se dispenser. Les voilà qui dénoncent : « Cette analyse a une conséquence immédiate : elle évacue le fait que notre premier devoir soit de combattre notre propre impérialisme, jusqu’à ses racines coloniales. Signalons à ce propos qu’il est ahurissant qu’un texte de cette nature — analytique et programmatique — publié au moment même où l’impérialisme français multiplie ses méfaits en Afrique (de la Côte d’Ivoire au Togo) ne consacre pas une seule ligne à sa dénonciation et à la politique qu’il convient de mener pour le mettre en échec ». Il était pourtant explicitement annoncé avec l’envoi du premier document que cette question faisait l’objet d’un encart spécial. Dans la même veine, passons sur la démagogie quant à la difficulté de lecture du texte. Non que la critique soit fausse. Elle mérite d’être prise en considération, et qu’on y travaille, ce que l’on fait. Et rien n’empêche qu’on s’y mette tous. C’est l’intérêt même de la procédure retenue que le document puisse faire l’objet d’améliorations au lieu d’être figé une fois pour toutes. Mais s’appuyer sur cela pour faire passer une ligne bien particulière, c’est un procédé qui manque d’honnêteté.

Les camarades ironisent : « Des transformations fondamentales pour l’intérêt des peuples ne peuvent se faire dans le déchaînement de la concurrence capitaliste et dans l’explosion des injustices et des inégalités » (chapitre 7, page 27). Qui l’eût cru ? ». Personne, vraiment ? Personne dans les forums sociaux, dans les syndicats, dans les manifs lycéennes ? Que diable, n’est-ce pas les mêmes camarades qui nous expliquent qu’il n’y a pas deux mais trois gauches (dont une réformiste) ? A ceux-là, on ne dit rien ?

Venons donc au débat de fond.

Vingt ans. C’est le bond en arrière fait par les camarades de la future tendance « X » pour nous expliquer combien le Manifeste proposé par la DN est inacceptable, liquidateur des traditions les plus fondamentales, réformiste, et on en passe. Que depuis les années 80 le libéralisme se soit déchaîné sous la forme de la globalisation capitaliste, que le stalinisme se soit effondré (une paille pour nos camarades), que le mouvement ouvrier ait accumulé les reculs et les défaites au point que c’est le drapeau religieux qui est le plus souvent dressé contre l’impérialisme, que le mouvement altermondialiste ait vu le jour : tout ceci ne semble guère les affecter. S’il y a un manque réel dans le Manifeste c’est bien qu’on n’y développe pas une analyse théorique rendant compte du fait que, contre tous les espoirs, la chute du stalinisme ne se soit accompagnée d’aucun mouvement en faveur du socialisme. Peut-être le temps n’est-il pas encore venu pour un accord théorique de fond dans la LCR sur cette question capitale. Mais au moins le Manifeste, à défaut de ce retour sur le fond, en prend-il la mesure par l’approfondissement des options posées de longue date qui font de la démocratie une préoccupation décisive. « L’autre Manifeste », qu’en fera t-il ? Mais auparavant une remarque qui explique bien des choses. Pourquoi rompre tant de lances contre ce projet de Manifeste et passer sous silence le précédent, « A la gauche du possible », adopté en 1991 ? Tout ce que les camarades critiquent dans le projet en discussion, parfois à la formule près, y est déjà (sauf la question dite « de l’individualisme » sur laquelle je reviens ci-dessous). Déjà ce Manifeste ne disait pas un mot de la théorie de la révolution permanente. Etonnant, n’est-il pas ? Laisser croire à des lecteurs abusés que le futur Manifeste enregistre un virage capital pour mieux ressortir de vieilles divergences datant de bien plus longtemps (et sur lequel on attendrait un retour critique de la part de la future tendance avant d’aller plus loin) n’est guère digne d’un débat sérieux. Celui-ci mériterait presque que l’on s’arrête là, en attendant que les camarades nous livrent un état comparatif de leurs critiques de ces deux Manifestes. On y verrait plus clair, assurément. D’autant que c’est bien sur la base du manifeste de 91 que non seulement la LCR a été en mesure de surmonter les difficultés de la précédente décennie, mais de mener à bien la campagne Besancenot. Une autre paille...

Les camarades avancent la critique suivante : « Il ne s’agit donc pas de croire à l’avènement d’une société sans contradictions, transparente à elle-même » (chapitre 9.3.2, page 32). Pourquoi ? Faut-il abandonner l’objectif d’une société non aliénée où les êtres humains pourront librement développer toutes leurs potentialités ? ». On en reste saisis de stupéfaction. Toute notre élaboration datant de décennies sur l’impérieuse nécessité du maintien d’un espace politique autonome sous le socialisme aurait été vaine ? C’est pourtant un apport capital à notre compréhension des erreurs théoriques qui ont facilité la victoire de la contre-révolution stalinienne, et dont Trotski lui-même a fourni la première ébauche. Notre camarade Bensaïd (pour ne parler que de lui) aurait écrit tant de livres et de libelles en vain ? Ce qu’en dit le Manifeste de 91 devrait être jeté à la poubelle ? Or, pourquoi la politique, comme instance séparée des autres niveaux (et de l’économique en particulier) serait-elle indispensable si la société était transparente à elle-même ? Faut-il vraiment revenir sur ces débats d’une manière si régressive ? Sinon, il en découle naturellement que nous devrons songer à organiser cet espace politique, et ceci fonde en particulier la défense du droit au multipartisme après la révolution. Pourquoi existerait-il encore des partis s’il n’y a plus de politique ? Ce n’est pas une nouveauté tout de même ! Si ? Pour les camarades peut-être, pas pour ceux et celles qui ont adopté le manifeste de 91. Et ceci va de pair d’une manière absolument logique avec la position que les camarades critiquent avec morgue, « Du point de vue institutionnel, la démocratie que nous appelons de nos vœux s’organiserait autour d’assemblées nationales, régionales et locales, élues au suffrage universel et à la proportionnelle » (chapitre 6.6 page 24). « Dans ses fondements, cette démocratie vise donc à représenter réellement les citoyens et les producteurs, selon le principe “un homme/une femme égale une voix”, à travers un système d’assemblées élues à la proportionnelle, au niveau central comme local, et sur les lieux de travail. En cas de conflit entre ces assemblées, le dernier mot revient au peuple, sur la base du suffrage universel. » (9.3.2 page 30).

Bien entendu, on peut apporter d’autres réponses à cette exigence. Le débat est grand ouvert. Mais c’est le problème lui même que nient les camarades, refusant de comprendre que la question démocratique est un défi central pour qui veut défendre une perspective communiste après les désastres du siècle précédent. Il y a entre Lénine et Staline une discontinuité fondamentale, qui se nomme une contre-révolution. Elle a engagé des forces sociales colossales, pas seulement des idées et des théories. On est d’accord. Mais l’imagerie d’Epinal sur ce que fut le pouvoir bolchevik n’est plus de mise. Nous sommes comptables aussi de l’interdiction des fractions au sein du parti bolchevik par Lénine et Trotski après la fin de la guerre civile, comme de l’écrasement de Cronstadt et des calomnies qui l’ont accompagné. Nous devons rendre palpable, par notre travail critique, la réalité de notre engagement que la société socialiste sera plus démocratique, et pas moins, que la société capitaliste.

Autre question capitale. Voilà les camarades qui nous reprennent sur la phrase suivante : « Il faut rompre avec l’idée d’une classe prolétarienne homogène » (chapitre 2.A.2, page 10). C’est un besoin urgent pour les prolétaires, qui surestiment vraiment trop l’homogénéité de leur classe ? ». Ils préfèrent que l’on supprime ça ? Ils la voient comment la construction de l’unité du prolétariat « par delà ses divisions » selon la formule consacrée par tant de textes ? Par des slogans ? Ou par des actes ? Qui tiennent compte par exemple du racisme au sein des prolétaires (sont-ce bien les mêmes camarades qui critiquent par ailleurs, et avec quelle démesure, notre prétendue sous-estimation de cette question) ? Régression, encore. Qui peuvent mener vers des rivages ouvriéristes qui, heureusement, n’ont jamais été notre tasse de thé tout au long de notre histoire.

Tout à leur certitude, les camarades avancent : « Il va de soi qu’au sein de cette nouvelle force, tous les problèmes de la stratégie de lutte anticapitaliste devront être repris à nouveaux frais, en particulier la question de la rupture nécessaire pour abattre ce système et imposer une autre logique sociale » (chapitre 10.B.1, pages 33-34). Si ce charabia a un sens, ce ne peut être que celui d’affirmer que, bien évidemment (« cela va de soi »), la LCR n’a aucune idée sur les voies et moyens à emprunter pour en finir avec le capitalisme et aller vers le socialisme (« en particulier » là-dessus, car elle n’a en fait aucune idée sur « tous les problèmes de la stratégie de lutte anticapitaliste »). Mais pourquoi devrions-nous suivre les auteurs de ce texte et renoncer ainsi à défendre une stratégie révolutionnaire ? ». Parce que eux ils connaissent les voies qu’empruntera la révolution ? Nous décrivons au chapitre 9 une caractéristique commune des révolutions prolétariennes qui est la nécessité d’en passer par une phase de « double pouvoir ». Mais au-delà, n’est-il pas clair entre nous que s’il y a bien une règle, une seule, des révolutions c’est qu’elles sont toutes différentes ? Que, comme l’indiquait Lénine, elles supposent la confluence des luttes de classes vers une « grande question nationale », spécifique et qui ne se reproduit jamais à l’identique ? A moins, comme disait Marx, que ce soit sous forme de farce ? On a pu malheureusement mesurer récemment à quel point l’incapacité à définir une stratégie adaptée à une situation nouvelle, la croyance en la répétition éternelle du « modèle d’octobre 17 » ont pu être désastreuses. Le mouvement révolutionnaire n’a t-il pas payé cher, trop cher, ce point de vue étroitement sectaire qui, par exemple, a conduit à permettre à la bourgeoisie de reprendre pied en Argentine, alors que l’extrême gauche y est puissante, que l’État bourgeois était atteint au cœur et que fleurissait un début de double pouvoir ?

Dans la même veine, les voilà qui critiquent notre réponse simple donnée à une question simple : qu’est-ce qu’être révolutionnaire ? Le Manifeste dit : « On nous demande souvent ce qu’être révolutionnaire au seuil du troisième millénaire veut dire. On ne peut prévoir que la lutte inévitable entre des forces sociales antagoniques, pas les formes, les moyens ni le dénouement de cette lutte. En revanche, être révolutionnaire c’est engager cette lutte pour qu’une autre logique l’emporte sur celle impitoyable de la compétition généralisée et de la guerre de tous contre tous. C’est donc combattre pour la dignité d’une humanité dont on sacrifie les libertés sur l’autel des “lois naturelles de l’économie” et des fatalités historiques. C’est vouloir changer un monde qui vire au cauchemar. » N’est-ce pas l’évidence ? Que dit d’autre le Manifeste fondateur de Marx et Engels quand il conclut par « les prolétaires n’ont à perdre que leur chaîne, ils ont un monde à y gagner » ? A cette immense masse qui nous assimile d’abord à la violence (alors que nous la subissons au contraire, et que nous préparons seulement l’auto-défense d’un futur processus révolutionnaire), ne faut-il pas d’abord et avant tout restituer la raison d’être de notre engagement ?

Mais non ! Imperturbablement les camardes canonnent notre « modération ». « Cette modération extrême trouve son explication dans une phrase, qui signale clairement que le socialisme serait compatible avec la propriété privée des moyens de production, de communication et d’échange : « Une planification autogestionnaire ne se réduit pas à la part de la propriété publique dans la production ; elle embrasse aussi les formes coopératives et des entreprises privées ». Qu’est-ce qu’il y a de scandaleux là dedans ? C’est dans tous nos documents programmatiques depuis belle lurette. L’appropriation sociale des grands moyens de productions et d’échange, la maîtrise publique des outils financiers n’ont jamais signifié la fin de toute propriété privée. D’ailleurs, que nous proposent les camarades pour lutter contre le modérantisme ? Je les cite : « commencer par exproprier tous les secteurs clés de l’économie : transnationales, oligopoles, secteur bancaire et financier ». Seulement « les secteurs clés » ? Et les autres resteraient privés ? Les ondes maléfiques et modérantistes du Manifeste voyagent visiblement plus vite qu’un tsunami et touchent même nos camarades !

Abordons maintenant deux questions qui auraient mérité un meilleur sort. La première concerne la définition même de la société socialiste comparée au capitalisme. On peut la prendre comme fin de la division de classe, et donc fin de l’exploitation capitaliste. Cet aspect est majeur, et c’est bien pourquoi le Manifeste consacre une partie importante à la discussion de ce que signifie par exemple l’abolition du salariat comme rapport social caractéristique du capitalisme. Mais la révolution réussie (et donc la marche vers la fin de la division sociale du travail, des classes et de l’exploitation) n’est pas la fin de l’histoire, mais son début. La « sortie de la préhistoire de l’Humanité » dont parle Marx. La fin du rapport social capitaliste permet de penser une autre société, et donc, fondamentalement, cette démocratie pour laquelle les camarades manifestent un tel mépris. Nous n’avons jamais séparé les deux, et ce Manifeste pas plus. Cet axe démocratique (ou, dans une version plus sophistiquée, celui de la lutte pour la libération de l’aliénation liée au fétichisme de la marchandise) mérite d’être décliné pour une société socialiste au plan de la gestion de la production, de l’organisation politique, de la possibilité de l’expression et de la gestion des contradictions qui ne manqueront pas de se maintenir, de se renouveler ou de se créer (ou alors, c’est que l’on imagine que l’histoire s’arrête). Et si cela est avéré, alors il convient de trouver les voies transitoires qui permettent que ces questions soient vivantes dans les luttes : remise en cause du salariat sous la forme de contestation de la toute puissance patronale ; défense et extension d’espaces démocratiques, ces deux thèmes majeurs se retrouvant sous la bannière du mot d’ordre du « contrôle ». S’il y a un désaccord à ce sujet, il est d’importance assurément. Mais il ne fait aucun doute que le Manifeste se situe dans une très ancienne tradition de nos positions à ce propos. Espérons qu’il ne faudra pas passer trop de temps pour convaincre les camarades qu’elle a déjà fait ses preuves...

Dernier point soulevé pour une fois à juste titre par les camarades, celui de « l’individualisme ». A juste titre, parce que c’est une affirmation nouvelle pour le coup. Qui tout de même ne prend que 1 500 caractères sur 220 000. Mais qui — contrairement à ce qu’ils avancent — est absolument indispensable. Voilà le paragraphe en entier tel qu’il ressort de la nouvelle rédaction proposée.

« Le combat pour l’émancipation ne s’arrête pas à la lutte contre les oppressions de classes, de genre, de nation ou de catégorie. Il s’étend à la construction de la liberté maximale pour chaque individu. Certes, les défenseurs du libéralisme agitent le drapeau de la liberté individuelle. Mais il s’agit dans ce cas d’une fausse liberté en trompe-l’œil, limitée la plupart du temps à celle des plus puissants d’écraser celle des autres, la liberté d’une minorité, acquise dans la guerre de tous contre tous. Celle pour laquelle nous nous battons ne se conçoit qu’également partagée. Nous revendiquons pour cela la force des critiques libertaires et marxiennes contre l’individualisme marchand. A ce dernier nous opposons la libération des capacités créatrices de chacun et chacune, entravées aujourd’hui tant par la seule mesure marchande des activités humaines que par leur uniformisation bureaucratique. La nouvelle liberté que nous défendons comporte la possibilité de défendre les droits collectifs des groupes que l’individu se choisit, mais aussi le droit symétrique de ne jamais être assigné à une identité définitive, du seul fait par exemple de sa naissance, de la religion de ses parents, ou de son sexe. Chaque individu a une multiplicité d’appartenances, qui peuvent varier selon les moments de la vie et les choix proposés. Nous nous battons pour que chacune et chacun puisse vivre les vies qui lui paraissent souhaitables, dans le respect du droit des autres à en faire autant. »

Anarchisme disent les camardes. Mais cela ne devrait pas surprendre ceux et celles qui savent, depuis Marx et Lénine, que nous n’avons pas d’autre divergence avec les anarchistes que celles des moyens. Pas sur le but. La nouveauté qui effraie tant les camarades n’est donc pas là, mais dans le fait que l’on en déduise une défense de la liberté individuelle non pour un avenir lointain, mais comme axe programmatique d’aujourd’hui. Oui il s’agit de « mettre un peu de noir » dans notre drapeau rouge. Il y a à cela des raisons politiques qui tiennent au bilan de la manière dont cette question a été traitée dans l’histoire du mouvement communiste, et, plus près de nous, par la place qu’elle prend dans le mouvement altermondialiste. Oui ou non laisse t-on croire que les libéraux sont des défenseurs réels de la liberté individuelle ? Nous devons au contraire montrer concrètement que c’est le combat anticapitaliste qui seul peut assumer cette exigence. Evidemment, cela suppose d’admettre que cette dernière, concomitante de la révolution bourgeoise, est aussi présente dans la révolution communiste. Comme pour la démocratie, il y a là un enjeu d’opposer au « formalisme » de son utilisation par les libéraux la possibilité « réelle », concrète que le socialisme fournirait pour la réaliser. On peut aussi discuter de la question sur un plan plus théorique. La prise en compte de cette exigence n’est que la suite logique de celle de la diversité d’appartenance au sein du prolétariat (division sexuelle, de nationalité, de religion...). Ces groupes n’ont rien de « naturels ». Ils sont façonnés par l’histoire et par des déterminations sociales. Il n’empêche : une fois formés, ces groupes peuvent légitimement avoir des exigences de prise en compte. La manière dont celles-ci se combinent avec la société dans son ensemble est une question difficile, mais ce n’est pas en la niant que l’on avancera. Le raisonnement doit être poussé jusqu’au niveau des individus. Eux aussi ne sont « libres » que dans un entrelacs de déterminations, et leur être social détermine là aussi leur conscience. Ce ne sont pas des individus « authentiques » par « nature ». Mais que leur autonomie soit construite historiquement ne signifie pas qu’elle soit pure idéologie. Nous devons la reconnaître, avec en plus la possibilité décisive dans une perspective émancipatrice, d’échapper aux groupes d’appartenance auxquels la société a une forte tendance à les cantonner (sexe, nation, religion, jeunes, vieux...). Ce débat fait écho à de très nombreux autres qui ont jalonné notre histoire depuis les années 70. C’est en tout cas mon opinion. On peut la discuter, comme les autres. Faisons le donc tranquillement. Rien là qui justifie « un autre Manifeste ».