Les problèmes de la recomposition de l’extrême gauche grecque

, par OKDE-Spartakos

Des changements profonds dans le mouvement ouvrier et dans la conscience de classe sont intervenus ces dix dernières années dans la société grecque. La xénophobie et le racisme se sont développés comme autant de réflexes naturels aux grandes vagues migratoires et ce sont le nationalisme et le retour aux vieux principes de la chrétienté grecque orthodoxe qui ont été dominants lors de la mobilisation massive autour du nom de Macédoine déniée au nouvel état issu de la désintégration de l’tat yougoslaves. De même, le populisme et le fanatisme religieux caractérisent les discours du populaire archevêque d’Athènes Christodoulos. De son côté, le Parti socialiste au pouvoir PASOK (Mouvement Socialiste Grec), avec la suprématie de son aile modernisatrice dans le milieu des années 90, a évolué vers la droite en appliquant un programme néo-libéral avec toutes ses conséquences sociales désastreuses.
Dans ce climat, le fait que la résistance partielle de la classe ouvrière, concrétisée par les grèves et les mobilisations des marins, des enseignants, des paysans, des employés de banque et des étudiants ait été étouffée a renforcé la prédominance du programme néo-libéral apparaissant ainsi comme le seul chemin qui soit réaliste. Les partis de la gauche traditionnelle se sont pendant ce temps avérés incapables de répondre aux nouveaux problèmes survenus lors de la dernière décennie, d’où leur chute ou leur stagnation électorale.
Pourtant, ce climat politique défavorable s’est inversé au printemps dernier au travers des mobilisations énormes de la classe ouvrière pour la défense du système des retraites et de la sécurité sociale. Le gouvernement socialiste du PASOK a été forcé de retirer son projet, ce qui était une première depuis qu’il applique son programme néo-libéral sous le leadership de Kostas Simitis, et malgré la loi proposée par le parlement. Ceci a entraîné des frictions et des réactions en chaîne au sein du parti, la bureaucratie syndicale a exercé des pressions et finalement l’aile gauche du vieux parti est réapparue. Par ailleurs, la bourse connaît depuis deux ans des taux particulièrement bas, ce qui crée un sentiment de désappointement dans de larges parties des classes moyennes qui avaient investi leur argent et leurs espoirs dans la croissance économique et la bourse. En même temps, tous les sondages sur les résultats électoraux du PASOK sont au plus bas. Dans cette situation très difficile, Kostas Simitis a décidé de réunir un congrès extraordinaire du PASOK pour cet automne. Mais cette décision brusquée provoque une instabilité et l’incertitude politiques.
Le parti de la droite traditionnelle, la Nouvelle Démocratie (ND), a suivi une ligne populiste pas même déguisée, et ce malgré les sentiments néo-libéraux de ses cadres. Son opposition au gouvernement se caractérise par une systématique dénonciation morale du gouvernement socialiste et de son administration incompétente. Cette ligne obtient quelque succès et la ND espère, ce qui serait la première fois depuis 10 ans, obtenir un plus gros score électoral que le PASOK.
Quant aux deux partis traditionnels officiels de la gauche grecque, le KKE (Parti Communiste de Grèce) et le Synaspismos (Coalition de la Gauche et du Progrès, d’origine euro-communiste), ils ont encore une fois prouvé qu’ils étaient incapables d’exprimer le mécontentement populaire et plus encore d’inspirer une perspective de résistance sociale ou une voie de gauche à la crise économique et sociale.
Une alternative proposée par la gauche réformiste semble donc irréaliste et sans perspective.

La mort de la gauche « officielle »

Après l’éclatement des régimes d’Europe de l’Est, le Parti Communiste Grec (KKE) s’est enfermé dans une orientation du plus pur style stalinien. Ce qui le caractérise aujourd’hui, ce sont les rythmes de la survie de sa bureaucratie [1]. C’est le sectarisme qui, au travers de son orientation nationale et l’emploi systématique d’uns discours gauchiste marque son apparition politique. Ainsi, la direction du KKE a essayé d’organiser des manifestations séparées lors du 1er Mai parallèlement à celle organisée par la GSEE (Fédération Générale des syndicats de travailleurs), mais sous la pression des énormes mobilisations, il a été obligé de se joindre à la manifestation centrale organisée par la GSEE.
La direction du parti a développé une attitude hostile envers absolument tout ce qui provenait des pays impérialistes européens... en y englobant le mouvement ouvrier européen et les campagnes internationales !!! En dépit de cela et sous la pression de ses relais dans la classe ouvrière, le KKE a été obligé de prendre part aux dernières mobilisations anti-globalisation (Prague, Nice, Gênes) mais il a gardé ses distances politiques et organisationnelles vis à vis des autres forces de la gauche grecque en organisant des campagnes totalement séparées. Par exemple, il a dénoncé le slogan central du « comité grec pour Gênes » qui était « les êtres humains avant les profits » comme réformiste et l’a remplacé par « les êtres humains contre les profits » !
Mais il ne fait pas de doute que le KKE, concentrant la majorité des travailleurs conscients politiquement, continue à être le plus grand parti ouvrier de la gauche grecque (environ 5,6 % aux élections nationales), et il continue de recevoir le soutien des jeunes qui entrent en politique à gauche.
Ainsi, même s’il faut bien considérer qu’un véritable dialogue politique avec la direction du KKE sur la recomposition de la gauche est impossible aujourd’hui, cependant tout dialogue sur l’unité des forces de gauche en Grèce doit sans relâche prendre en compte le KKE avec son projet et ses relais dans le mouvement ouvrier.
Rival le plus important du KKE, la direction de Synaspismos combat pour sa survie au parlement depuis que son influence électorale fluctue autour des 3 %. Cependant les racines ouvrières de ce parti sont relativement faibles alors qu’il connaît un certain succès parmi les classes moyennes intellectuelles. L’origine idéologique et la composition sociale de la direction relègue ce parti dans des options réformistes, ponctuées de zigzags, suivant une ligne pro-européenne et cultivant beaucoup d’illusions sur la perspective des institutions bourgeoises européennes. Malheureusement, la direction du Synaspismos a été l’architecte et le plus vigoureux supporter du gouvernement de coalition droite – gauche en 1989 (gouvernement Tzannetakis) et s’est affirmée en opposition à la vieille direction socialiste du PASOK. Au début des années 1990, la direction de Synapismos participa finalement à la première phase des mobilisations nationalistes en faveur de la Macédoine Grecque contre le projet que l’ex-république macédonienne de Yougoslavie devenue Etat prenne le nom de Macédoine.

Plus tard, sous la pression de sa propre aile favorable à la modernisation et après des clarifications inspirées par les vues des parties les plus éclairées de la classe dirigeante grecque, le Synaspismos s’est tourné vers une ligne plus pacifiste et moins nationaliste. Cela fut vrai non seulement pour la question du nom de la Macédoine mais aussi pour les guerres de l’ex-Yougoslavie et les relations gréco-turques. Derrière de tels positionnements s’est dégagé le projet à moyen terme de la direction : sa participation à une coalition gouvernementale de modernisation réaliste avec les tendances correspondantes au sein du PASOK.

Il parait évident que la direction de Synaspismos est ouverte à n’importe quel type de coopération afin de maintenir son existence parlementaire. C’est par rapport à ces perspectives qu’on doit comprendre sa participation aux campagnes antiglobalisation : elles lui offrent l’opportunité de rappeler que le Synaspismos avait dans le passé un vrai profil de gauche et de faire appel à la jeunesse radicale sans pour autant se créer aucune obligation sérieuse et immédiate.

Pour toutes ces raisons, il est relativement facile pour n’importe quel groupe d’extrême gauche d’avoir quelques formes de coopération avec le Synaspismos. Cependant, à cause de sa nature réformiste et de son orientation parlementaire, il est tout aussi impossible pour n’importe quel groupe de la gauche radicale d’envisager un accord politique avec le Synaspismos pour la formation d’une alliance stable dans la perspective des prochaines élections nationales.

De nouvelles perspectives pour l’extrême gauche après une décennie de stagnation ?

Deux des plus importantes organisations de l’extrême gauche grecque sont le NAR et l’AKOA. Or, ces deux courants représentent une sorte de projection de la division de la gauche officielle dans l’extrême gauche. Le NAR (Courant de la Nouvelle Gauche) a été créé par la jeunesse communiste (KNE) en réaction à la participation du KKE au gouvernement du 1er ministre de droite Tzannetakis en 1989. Le NAR s’est autoproclamé la véritable continuité de la vraie tradition léniniste et s’est depuis le début construit autour d’un petit front anti-impérialiste et anticapitaliste. Le front cherche à défendre une orientation indépendante de classe et une pratique anti-nationaliste et anti-militariste. Mais la condition nécessaire de la participation à ce front est de soutenir les positions anti-européennes du NAR, ce qui met de coté bon nombre d’organisations d’extrême gauche. L’approche sectaire du NAR est de considérer qu’il est toujours préférable d’organiser des meetings et des campagnes séparées du front. Il rejette aussi l’unité du mouvement syndical, préférant soutenir la construction de syndicats rouges combatifs et purs. Autour de ce petit front se trouvent plusieurs vieilles organisations maoistes et un groupe dogmatique d’origine healyste. Ce qu’on constate, c’est que sa dynamique et son influence électorale ont constamment décliné pendant ces 10 dernières années. Cependant, l’influence de cette organisation est relativement importante dans le mouvement étudiant.

L’AKOA est une plus petite organisation qui a été créée en réaction au courant des refondateurs communistes anciennement à l’intérieur du vieux parti eurocommuniste (KKE dit intérieur, dans les années 1970) qui ont accentué leur virage à droite avec la formation du Synaspismos en 1987-88. L’AKOA continue à se réclamer de la tradition eurocommuniste en même temps qu’elle renforce ses liens avec les tendances et des individus au sein du Synaspismos. Ces liens ont été définitivement renforcés quand l’AKOA a soutenu le Synaspismos lors des élections nationales de l’an passé. Par contre, si l’attitude de l’AKOA envers les autres forces d’extrême gauche est relativement ouverte, elle ne trouve aucun intérêt à une politique indépendante d’alliance de la gauche radicale dans une perspective d’indépendance de classe. Il est clair que la persistance de l’AKOA dans cette orientation provient essentiellement de ses origines réformistes. Par ailleurs, l’AKOA a pris la décision avec d’autres plus petits groupes ayant des vues politiques semblables comme les écologistes, le KEDA et d’autres de construire une alliance avec le Synaspismos dans un but électoral comme a un niveau politique plus général. Ce qui n’empêche pas l’AKOA de continuer à participer aux mouvements anti-racistes, anti-fascistes, anti-globalisation et aux campagnes de l’extrême gauche. Il ne fait pourtant aucun doute que à la récente alliance appelée Espace du dialogue et de l’action commune de la gauche [2].

Quelques formulations contenues dans cet article doivent être corrigées. Ainsi, il n’est pas vrai que « les camarades grecs de la 4e Internationale ont joué un rôle clé dans la préparation de l’Espace » et dans la publication de la revue Manifesto comme le dit l’article. La réalité est quelque peu différente, même si quelques militants proches de l’OKDE ont en effet participe à l’Espace et à l’édition de Manifesto. ]] est une tentative de donner un horizon politique et électoral aux organisations et groupes qui se trouvent dans la mouvance et sous la prédominance du Synaspismos : le Synaspismos semble en effet avoir besoin de ce type de collaboration dans sa compétition avec le KKE en présentant ainsi une image plus à gauche.
Il existe d’autres organisations radicales à gauche ayant un programme plus révolutionnaire, telle une partie de l’organisation DIKTYO : ce groupe de militants a des activités significatives dans la défense des immigrés et joue un rôle important dans l’organisation du Festival anti-raciste. Par ailleurs la DEA (gauche des travailleurs internationalistes) qui a quitté récemment le SEK (branche grecque du SWP) vient de décider de participer à l’Espace.
Le prix à payer pour ce type de collaboration pourrait être élevé car le risque de subordination à la stratégie réformiste du Synaspismos est indéniable. De ce point de vue, il a été très à la mode dans certains cercles de la gauche révolutionnaire grecque de soutenir des alliances du type Espace de façon peu responsable, et cela afin de dépasser les divisions entre les réformistes et les révolutionnaires. Mais quelle peut être la signification de tout cela, sinon l’abandon de toute tentative de construction d’ organisations révolutionnaires indépendantes et distinctes des partis réformistes existants [3] ?

L’Initiative et les autres tentatives de coopération

Malheureusement, le NAR et l’AKOA, les deux composantes les plus importantes de l’extrême gauche, ont été incapables de redéfinir leurs orientations durant les dix dernières années, ce qui a les empêché de créer une véritable organisation implantée dans la classe ouvrière, l’immigration et la jeunesse radicalisée. Leur hostilité mutuelle a rendu impossible toute alliance électorale. En réponse à cette situation difficile, et sur les ruines de la dernière tentative d’unification électorale de l’extrême gauche, l’Initiative pour l’unité de la gauche radicale a été fondée au lendemain des dernières élections nationales . Le Diktyo, d’autres groupes d’origines très différentes (des groupes staliniens, l’OKDE – section grecque de la 4e internationale – et aussi d’autres groupes indépendants) ont pris part à la création de l’Initiative qui est ouverte à tous les groupes et organisations d’extrême gauche. L’Initiative essaie d’établir des relations stables et un système représentatif interne, ce qui permet de donner un exemple vivant de coexistence politique pour le reste des forces de l’extrême gauche. Le problème central de fonctionnement de l’Initiative en ce moment est la priorité donnée par la plupart des participants au travail local et au travail dans les syndicats. Mais on ne doit pas oublier non plus leur relative indifférence vis à vis des questions et des campagnes internationales.
Si la tendance générale pour l’extrême gauche ces dix dernières années a été la stagnation, un cas particulier est constitué par le SEK (affilié à la tendance anglaise socialisme international) qui s’est développé de façon complètement séparée du reste de l’extrême gauche, entièrement enfermée dans son propre monde et dans son discours. Mais depuis que certains de ses pronostics sur l’imminence des situations révolutionnaires à l’est et à l’ouest se sont révélés totalement erronés, des frictions internes se sont été exacerbées. Cette situation a débouché cette année sur une scission qui a donné naissance à une nouvelle organisation, la DEA. Cette nouvelle organisation a joué un rôle décisif dans le Comité grec pour Gênes. On constate que le SEK et la DEA aiment discuter avec le Synaspismos mais cela se fait sans aucune perspective de recomposition de la gauche révolutionnaire.
Au même moment, le tournant droitier du PASOK et sa subordination aux intérêts de la classe dirigeante ont fait sortir du PASOK la vieille organisation troskyste Xekinima (Début – lié au Militant britanique), ce qui l’a fait participer ouvertement aux activités et mobilisations de l’extrême gauche.
Ainsi, l’existence ouverte d’organisations d’une culture différentes de celle des partis réformistes incarnée par le SEK, la DEA ou Xekenima, et leur participation directe aux campagnes de l’extrême gauche crée un espoir et de nouvelles perspectives pour la première fois depuis de nombreuses années. L’extrême gauche a été encouragée par la montée du mouvement étudiant en mai juin 2001 qui faisait suite aux mobilisations de la classe ouvrière d’avril-mai. Ce mouvement s’est exprimé par des manifestations de masse et par des occupations dans de nombreuses universités de Grèce, et la direction du mouvement reposait sur une alliance d’étudiants d’extrême gauche (NAR, Initiative, militants indépendants). Ils ont connu un grand succès dans les grandes assemblées étudiantes en faisant voter des motions majoritaires contre l’avis des organisations traditionnelles (ND, PASOK, KKE, Synaspismos) et en organisant des manifestations de rue. Ces forces radicales très présentes dans les mobilisations étudiantes ont été les plus importantes du mouvement.

Les questions centrales

Ces derniers mois le climat politique a changé, les développements à l’intérieur de l’extrême gauche se sont accélérés Le besoin d’unité d’action est maintenant compris par la majorité des militants d’extrême gauche et il est devenu évident qu’il existe une certaine pression sur les leaders afin de mener campagne commune avec les autres partis et organisations de la gauche radicale. Les propositions d’unité de l’extrême gauche viennent de différentes directions mais les véritables intentions et le discours employé ne sont pas toujours très clairs. Mais il apparaît par exemple que le travail unitaire entre les militants d’origine maoïste ou stalinienne et ceux s’inscrivant dans la tradition de la classe ouvrière européenne est la condition indispensable pour moduler leur attitude qui est fortement anti-européenne sur des bases loin d’être internationalistes ! Un pas décisif dans cette direction a ainsi été joué par leur participation active aux campagnes internationales anti-globalisation et par leurs contacts directs avec les organisations et les militants des autres pays européens. Après les manifestations de Gênes, l’influence de ce mouvement est désormais sensible dans tous les courants de l’extrême gauche, même ceux qui avaient une approche plus ou moins négative de cette question dans le passé. Ainsi, les discussions et les publications de l’après Gênes en ont été un révélateur. En outre, la compréhension d’expériences similaires de processus de recomposition de l’extrême gauche dans d’autres pays européens comme en France avec les propositions parfois acceptées de travail unitaire que fait la LCR à LO, en Angleterre avec l’Alliance Socialiste ou encore au Portugal avec le Bloc de Gauche, tout cela a un grand impact dans les discussions. Même les réseaux syndicaux et de jeunesse du KKE sont traversés par ce genre de discussions.
Par ailleurs, il serait évidemment souhaitable que les militants d’origine euro-communiste comprennent qu’il est urgent de construire l’unité politique de l’extrême gauche sur une base d’indépendance de classe ! Malheureusement, le regroupement du type Espace sous l’hégémonie du Synaspismos plonge les militants et les groupes participant à ce schéma dans un désir abstrait mais profond d’unifier la gauche... mais pas dans une direction favorable aux intérêts de la classe ouvrière ! Pire encore, le projet politique de l’Espace exclut dans le long terme non seulement la majorité de l’extrême gauche mais également la majorité de la gauche grecque dans son ensemble.
Pour nous, il est indubitable que c’est l’Initiative, même si elle est actuellement moins développée que l’Espace, qui va dans le sens de la recomposition de l’extrême gauche, et elle doit être soutenue par toutes les tendances qui se réclament du marxisme révolutionnaire. Une participation plus intense des militants de la tradition marxiste révolutionnaire au sein de l’Initiative enrichira d’autant la discussion et en renforcera la démocratie interne.
Nous considérons également que les campagnes de l’extrême gauche comme les récents et massifs festivals anti-racistes et le Comité grec pour Gênes doivent être ouverts à la participation des organisations et partis réformistes (et bien sûr au Synaspismos).
Ceci est d’ailleurs une question traditionnellement difficile qui provoque toujours des frictions et des coups de gueule dans l’extrême gauche grecque. Pour dépasser tout cela et aller de l’avant, la contribution théorique et pratique de tous les militants et organisations marxistes révolutionnaires sera un facteur décisif.

OKDE-Spartakos,
Septembre 2001.

Notes

[1Voir Andreas Kloke, “KKE holds 16th congress” in International Viewpoint no. 329.

[2Voir Georges Mitralias “Overcoming division” in International Viewpoint no. 332.

[3Le pronostic sur l’Espace est devenu soudainement très aléatoire avec la guerre impérialiste. Celle-ci a fait monter les contradictions beaucoup plus vite qu’on ne le pensait dans cet article, écrit au début septembre. Il y a d’une part les différenciations au sein du Synaspismos, qui l’a paralysé – au moins au début – l’un de ses courants voulant intégrer le camp anti-terroriste, pour être moderne, et l’autre voulant surtout centrer contre la guerre, même avec des formulations qui font référence au droit international et aux institutions internationales. Il y a d’autre part les groupes de gauche, notamment DEA, Diktyo et le comité de rédaction du Manifesto, qui ne pouvant pas être étouffé, ont lancé avec nous, l’OKDE, le mouvement anti-guerre, en organisant notamment le premier rassemblement central à Athènes. Il semble que le Synaspismos commence peu à peu à prendre majoritairement ses distances avec les tendances les plus droitières et pro-imperialistes dans son sein, mais il a raté entre temps les premières grandes manifestations et il a manipulé au début le sigle Espace, provoquant une foulée des protestations parmi les autres composantes. Après l’échec devant le test de la guerre, personne ne sait, même pas ses propres composantes, si l’Espace va un jour réapparaître publiquement ou s’il est définitivement enterré.

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