Déclaration de la Gauche anticapitaliste européenne

, par Gauche anticapitaliste

Une conférence de la Gauche anticapitaliste européenne s’est tenue à Paris, à l’invitation de la LCR et du NPA. Nous tenons d’abord à manifester notre solidarité avec la révolte de la jeunesse grecque contre l’assassinat du jeune Alexandros Grigoropoulos. Dans ces heures graves, nous soutenons pleinement le combat des organisations de la gauche anticapitaliste contre la répression, les plans capitalistes et la corruption du gouvernement Karamanlis.
Cette explosion sociale est révélatrice des tensions qui sont en train de s’accumuler en Europe contre les plans des capitalistes et des gouvernements de l’Union européenne (UE). D’autant que, face à la crise capitaliste, les politiques des classes dominantes et des gouvernements vont aggraver les conditions de vie de millions de travailleurs.
Nous rejetons les plans des gouvernements de l’UE, qui sauvent les banques et pas les peuples. Cette Europe n’est pas la nôtre, comme l’a clairement exprimé le « non » à la Constitution européenne en France et en Irlande.
Nous proposons, au contraire, un plan d’urgence anticapitaliste qui s’oppose aux centaines de milliers de licenciements prévus par les patrons ; qui donne la priorité à l’emploi, aux salaires, aux services publics ; qui mette en avant la nationalisation intégrale des systèmes bancaires et de crédit, sous contrôle des salariés et des populations ; et qui satisfasse les besoins sociaux, face à la crise écologique et climatique. Car il ne s’agit pas de remettre en cause les prétendus excès de la « financiarisation » et d’améliorer la gestion du système, mais de rompre avec le capitalisme et sa logique.
Dans ces conditions, et en tenant compte des particularités de chaque pays, nous nous engageons à construire une opposition coordonnée et unitaire aux attaques patronales et gouvernementales et, en même temps, à créer les conditions d’une alternative politique et d’un pôle anticapitaliste qui s’appuie sur les mobilisations populaires, qui défende une Europe au service des travailleurs et des peuples, et qui refuse tout soutien ou participation à des gouvernements en alliance avec le social-libéralisme des partis sociaux-démocrates ou du centre gauche.
C’est sur cette base, et au-delà des possibilités et des choix de chaque organisation, que nous comptons être présents, pour défendre nos propositions politiques, lors des prochaines élections européennes.
Mais, avant ces échéances, nous participerons à une grande manifestation unitaire contre l’Otan à Strasbourg, à l’occasion du 60e anniversaire de cette organisation, symbole du militarisme impérialiste dans le monde.

Paris, le 13 décembre 2008.

Belgique : Ligue communiste révolutionnaire (LCR-SAP) ; Espagne : Izquierda anticapitalista (IA, Gauche anticapitaliste) ; France : Ligue communiste révolutionnaire (LCR) ; Royaume-Uni : Socialist Party (SP, Parti socialiste) et Socialist Workers Party (SWP, Parti socialiste ouvrier) ; Grèce : Enantia (Gauche anticapitaliste unie), Sosialistiko Ergatiko Komma (SEK, Parti socialiste ouvrier), OKDE-Spartakos, KOE (Organisation Communiste Grecque, partie prenante de la Coalition de la gauche radicale Syriza), DEA (Gauche Ouvrière Internationaliste, partie prenante de la Coalition de la gauche radicale Syriza, Rosa (partie prenante de la Coalition de la gauche radicale Syriz, Kokkino (Rouge, partie prenante de la Coalition de la gauche radicale Syriza) ; Italie : Sinistra critica (SC, « Gauche critique ») ; Irlande : People Before profits (PBP, Le peuple avant les profits) ; Pologne : Polska Partia Pracy (PPP, Parti polonais du travail) ; Suède : Socialistiska Partiet (SP, Parti socialiste).