Les différentes facettes du travail

, par EPSZTAJN Didier

  • Magdalena Rosende et Natalie Benelli (dir), Laboratoires du travail, Lausanne, Éditions Antipodes, 2008, 14 €.

Les textes, d’un intérêt inégal, abordent le travail qu’il soit salarié, domestique, scientifique, de mise au monde etc. Des onze textes du recueil, j’invite particulièrement à lire :
— « Enquêter sur les métiers modestes et les professions prétentieuses : deux sociologues aux prises avec les démêlés du terrain » de Natalie Benelli et Magdalena Rosende ; « Retour sur une grève dite exemplaire. La grève de Bulova Watch Co., Neuchâtel 1976 » de Laurence Marti ; — « Le genre et la colonialité du travail en Amérique centrale » de Sabine Masson qui analyse à la fois « l’imbrication des rapports sociaux de sexe et de classe », le « référent invisible masculin, mais aussi blanc et occidental » et la réalité de la modernité. L’auteure rappelle que « Les économies latino-américaines ne sont ni une étape antérieure ni un raté d’une quelconque évolution naturelle du capitalisme, mais bel et bien le produit de son développement historique. »
— « Les conceptions profanes de la division sexuelle du travail » de Patricia Roux. Après avoir souligné que le travail domestique n’est pas payé, qu’il est rendu invisible et très largement assigné aux femmes, l’auteure analyse les lectures autour de l’équité (souvent développées par les hommes) contre l’égalité dans le partage des tâches. « Une bonne partie des hommes résolvent le problème de l’inégalité en le déniant ».
— « Le marché du travail à l’épreuve du genre » de Margaret Maruani aborde « le sexe des retraites », « le halo du chômage », « le sous-travail à temps partiel, les working poor [travailleurs pauvres] ». L’auteure souligne que « parler du travail des femmes, c’est traiter du travail, des femmes, mais aussi des hommes et de la société, c’est plonger au cœur des rapports sociaux de sexe, c’est toucher aux racines de la domination masculine ». Pour celles et ceux qui voudraient approfondir ces thématiques je renvoie à un de ses précédents ouvrages (Les mécomptes du chômage, Éditions Bayard, 2002, 158 pages, 18 euros).