Redistribuons les richesses !

, par MAILFERT Martine

Il a suffi que Ségolène Royal annonce les 100 propositions de son « pacte présidentiel » pour que patronat, UMP, journalistes s’interrogent indignés : mais avec quel argent tout ça ? Vous n’y pensez pas, et la dette et les déficits publics ? Face à cette vague d’indignation de toutes ces bonnes âmes, soucieuses de vertu budgétaire, même Sarkozy a dû faire semblant de s’expliquer sur le chiffrage du coût de ses propositions...

Cette comédie est ridicule alors que les grandes entreprises, dont Total, annoncent de nouveaux bénéfices records. On voudrait imposer comme une évidence qu’il n’y a pas d’autre issue que de travailler plus et plus longtemps, le programme de Sarkozy et du Medef. C’est un mensonge.

L’argent est là

Le coût des mesures, bien modestes, annoncées par Ségolène Royal ne dépasserait pas 35 milliards d’euros, alors que les subventions qu’a touchées le patronat se sont montées pour la seule année 2006 à 64 milliards d’euros. Les profits 2006 des sociétés du CAC 40 devraient dépasser largement le record de l’année 2005, soit plus de 85 milliards d’euros.

Il est clair qu’il suffirait de prendre l’argent là où il est pour augmenter le pouvoir d’achat, faire face à la crise du logement, à la dégradation des services publics ou enrayer le chômage. C’est bien cela dont le patronat ne veut pas parce qu’il entend obliger l’État à servir ses seuls intérêts et la population à se soumettre.

Mais c’est une arnaque que de prétendre qu’il serait de l’intérêt de tous que les patrons fassent des profits et que l’État fasse des économies, que ce serait la seule façon de sauver les emplois face la mondialisation. Pour que les grandes entreprises et, avec elles, les petites et moyennes entreprises sous-traitantes puissent embaucher, il faudrait les soulager des « multiples contraintes et charges fiscales et sociales » par lesquelles elles sont « étouffées », selon les mots de la présidente du Medef, Laurence Parisot. D’après elle, « pour une entreprise, il n’y a pas de choix, il faut faire du profit » !

C’est cette logique que le Medef et sa présidente voudraient imposer. Le monde du travail lui oppose la logique des intérêts collectifs, de la solidarité.

Qui décide ? Et au nom de qui ?

Il faut rompre avec cette fuite en avant de la course au profit. Plus les profits augmentent, plus la régression sociale s’accentue. La politique du Medef, défendue par Sarkozy et à laquelle se plie Ségolène Royal, conduit à une catastrophe.

Il n’est pas normal que la minorité qui détient les capitaux, et a ainsi la mainmise sur l’économie, puisse décider du sort de toute la population en fonction de ses seuls intérêts.

Il n’est pas normal que l’État s’endette pour subventionner les profits et les dividendes.

Cela est doublement scandaleux, car l’État emprunte auprès des possédants, eux-mêmes, l’argent qu’il leur reverse, sous forme de subventions, de défiscalisation, d’aides de toutes sortes et... d’intérêts !

Il faut en finir avec cette politique en prenant sur les profits et, pour cela, il appartient aux travailleurs, à la population de pouvoir contrôler et décider de la marche des entreprises comme de l’État.

Ne serait-ce pas, cela, une véritable démocratie ?

Dans leur système, tout marche à l’envers, il serait temps de remettre les choses à l’endroit en donnant les moyens aux travailleurs, à la majorité de la population le droit et les moyens de contrôler et de décider.

Avec Olivier Besancenot, nous voulons dans la campagne de la présidentielle dénoncer cette dictature des gros actionnaires pour défendre les exigences du monde du travail, des chômeurs, des précaires, des plus démunis.

P.-S.

Article paru dans le Journal du Pays Basque, édition du 13 mars 2007.