Tribune des candidats de la LCR Pays Basque dans les IVe, Ve et VIe circonscriptions

Pour l’unité dans la clarté

, par HAÏRA Jean, LABROUSSE Christine, MAILFERT Martine

La LCR a toujours eu une démarche unitaire.

Pour donner un exemple récent, nous avons pratiqué l’unité dans les luttes, lors des mobilisations contre le CPE, y compris avec le PS sur une seule revendication « Retrait du CPE », unité qui a contribué grâce à l’ampleur de la mobilisation au recul du gouvernement.

Nous avons pratiqué l’unité lors du référendum sur le traité constitutionnel européen, ceci avec toutes les composantes qui partageaient avec nous le contenu de l’appel unitaire de la fondation Copernic, avec Attac, avec LAB, avec certains syndicats de la CGT et de SUD. Nous avons pratiqué aussi l’unité lors de la campagne contre la directive Bolkestein avec des militants d’Attac, de LAB, de Batasuna et du PCF.

L’unité électorale, nous avons aussi tenté de la mettre en œuvre et de la faire aboutir. Mais là, il ne s’agit pas de se mettre d’accord sur un mot d’ordre ou sur la critique d’un texte. Il s’agit de se mettre d’accord sur un programme et surtout sur les alliances que suppose sa mise en œuvre. Car le meilleur des programmes ne vaut pas pipette lorsque les alliances ne permettent en aucune façon de l’appliquer. On ne peut oublier que c’est la ministre Dominique Voynet, (et ses convictions écologiques ne sont pas en doute) qui, peu de temps après son entrée au sein du gouvernement Jospin, autorisait en novembre 97 la culture de trois variétés de maïs transgénique. On ne peut oublier également que c’est le ministre communiste Gayssot du même gouvernement, (et ses convictions antilibérales ne sont pas en doute), qui a appliqué, dès 1999, la directive européenne qui introduisait la mise en concurrence et la privatisation du transport aérien. Deux exemples qui montrent à quel point les questions d’alliances et d’unité sont stratégiques c’est-à-dire extrêmement importantes pour des accords politiques comme ceux que nécessitent les élections. Aussi, aux récentes élections présidentielles, la question de fond qui n’a pas permis que se réalise l’unité des antilibéraux, c’était de ne pas reproduire la stratégie de la gauche plurielle c’est-à-dire de renoncer dans la clarté à toute alliance gouvernementale et parlementaire avec la direction socialiste.

À ces législatives, la LCR a décidé de rencontrer la PCF, Lutte Ouvrière et les collectifs antilibéraux en vue d’une démarche électorale unitaire. Le PCF n’a pas répondu à notre offre de rencontre, Lutte ouvrière y a par contre répondu pour nous annoncer qu’ils se présenteront seuls et les comités Bové du Pays Basque nous ont signifié qu’ils ne se présenteraient pas sur les IVe, Ve et VIe circonscriptions.

À ces législatives, la question de l’indépendance vis-à-vis du PS est plus que jamais d’actualité. La défaite de Ségolène et du PS est due au fait qu’ils sont incapables de faire souffler le vent de l’espoir dans les couches populaires compte tenu de leur discrédit et de la nature libérale de leur programme. Et pour finir, ils ont fini par tendre les bras entre les deux tours vers Bayrou, Ségolène allant jusqu’à le trouver « très premier ministrable » !

La coalition abertzale Eskual Herria Bai a, elle aussi, tendu la main vers la droite abertzale du PNB qui s’y refuse, non pas pour des raisons de programme mais en raison du refus de Batasuna de condamner ETA, lors des attentats de Madrid. Et tout à fait logiquement le PNB fait alliance avec le Mouvement Démocrate de Bayrou. La coalition abertzale réunit Batasuna, Eskual Alkartasuna (E.A) et le mouvement Abertzleen Bartasuna (A.B) qui ne s’est pas prononcé sur le traité constitutionnel européen et qui compte parmi ses élus deux adjoints aux municipalités de droite à Anglet et Biarritz.

Autant dire que pour la LCR Pays Basque, il nous est impossible de faire une quelconque alliance avec le PS comme avec la coalition Eskual Herria Bai avec laquelle nous partageons des revendications comme l’interdiction des OGM, le refus de la Transnavarraise et de la nouvelle ligne TGV, la reconnaissance du droit des peuples à consultation et à l’autodétermination, la revendication du département Pays Basque, le rapprochement des prisonniers basques, prélude à l’amnistie et à la paix en Pays Basque, l’officialisation des langues minoritaires.

Face à une droite dure, il faut une gauche déterminée dans le choix de la défense des couches populaires. Entre salaire et profits, il faut choisir !

On peut comprendre l’empressement à l’unité à la gauche du PS mais elle ne se fera pas sans clarification. Cela demande du temps et des débats. La recomposition politique à la gauche du PS est en marche, elle ne pourra se réaliser que dans la clarté, en définissant des priorités dans les orientations politiques, en rassemblant les forces anticapitalistes, en indépendance complète par rapport à la direction du PS qui se rénove à droite. Plus que jamais la construction d’une force anticapitaliste est urgente pour, dans la rue comme dans les urnes, battre Sarkozy.

P.-S.

Article paru dans le Journal du Pays Basque, édition du 23 mai 2007.

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