Sarkozy, président de la régression sociale !

, par MAILFERT Martine

Sarkozy s’était présenté comme « le président du pouvoir d’achat », mais après sa profession de foi libérale et sécuritaire, il s’est surtout affirmé comme le champion de la régression sociale généralisée !

Seul le MEDEF a ressenti « beaucoup d’intérêt et d’espoir » en l’écoutant. La majorité des salariés, des précaires, des chômeurs qui n’arrivent pas à finir le mois pour cause de revenus minables, ont eu l’impression qu’il se moquait d’eux !

Trimer toujours plus pour gagner des clopinettes !

La vie du salarié, en Sarkoland, fait froid dans le dos ! Pour augmenter son salaire, il faut qu’il accepte de faire des heures supplémentaires pendant la semaine. Le dimanche, il se repose ? Non, il travaille aussi : c’est payé double ! Et pas question de récupérer ! Sarkozy propose aux salariés de « monétiser » leur temps libre, de vendre leurs RTT ! Si après une telle vie, vous arrivez à la retraite, vous la prendrez plus vieux et vous serez plus pauvres ! Quant à profiter de vos enfants ou de vos amis, il ne faut pas y penser, cela ne dégage aucun profit !

Après avoir félicité les syndicats pour leur « sens des responsabilités sociales », Sarkozy leur propose une conférence mi-décembre. Il les englue dans des discussions dont il ne sort que des mesures qui vont dans le sens des patrons, puisqu’on ne négocie que leurs propositions !

300 euros d’augmentation pour tous !

En fait, la solution pour faire augmenter le pouvoir d’achat, elle est simple : c’est d’augmenter les salaires, les minima sociaux et les pensions ! Sarkozy l’a bien compris : lui, il s’est octroyé une augmentation de plus de 200 % et gagne 19 000 euros mensuel ! C’est ça « l’équité » dans un pays où 7 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté et où 70 % des salariés gagnent moins de 2 000 euros mensuel ?

Les conflits dans le privé, comme chez Toys’R’Us à Bayonne ou Casino et Carrefour à Anglet, pour des augmentations de salaires se multiplient. Et les fonctionnaires n’auront pas d’autre choix que de prolonger leur mobilisation du 20 novembre. C’est la convergence de ces luttes qui peut freiner le rouleau compresseur libéral, piloté par Sarkozy et Parisot.

La misère et les flash-ball !

Sarkozy n’a évoqué qu’en pointillé Moushin et Larami, les jeunes de 15 et 16 ans, heurtés par une voiture de police. Par contre, il a persisté dans sa stigmatisation des jeunes des cités populaires en parlant de « voyoucratie ». Ce sont des images de guerre sociale qu’ont montrées les médias : un millier de policiers, sur le pied de guerre, patrouillant dans les rues de Villiers-le-Bel, survolées par un hélicoptère. Pour contraindre la population à la misère, l’Etat doit utiliser la violence.

Sarkozy nie que cette révolte ait des causes sociales, mais il nie l’évidence ! Et l’évidence, elle est dans la rue. Après la grève des cheminots et celle des étudiants, ce sont les lycéens qui ont pris le relais, ceux des lycées d’enseignement général et ceux des lycées professionnels qui ont manifesté contre l’avenir qui leur est promis. Mais, là encore, entre autres, la police est intervenue violemment avec des flash-ball contre des lycéens et étudiants calmes à Nantes et à Pau.

Pour que s’exprime dans toute sa dimension cette résistance sociale, il faut un parti anti-capitaliste qui dénonce ces projets du patronat et du gouvernement, un parti aussi acharné à défendre les intérêts des travailleurs et des milieux populaires que Sarkozy l’est à défendre les intérêts et les profits des patrons !

C’est à cette tache que vont s’atteler, durant la prochaine année, les militants de la LCR, non pas pour faire une LCR-bis mais créer un parti totalement nouveau, un parti qui sera l’œuvre de toutes celles et tous ceux qui pensent qu’il faut un débouché politique aux luttes, un parti pour faire ressusciter l’espoir, un parti pour changer réellement notre société.

P.-S.

Article paru dans le Journal du Pays Basque, édition du 12 décembre 2007.

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