Réponse d’Anglet 100 % à gauche à l’association ADALA (Association des amis du littoral d’Anglet)

, par LARRIEU Claude

Concernant le littoral et la gestion intégrée des zones côtières

Il nous apparaît évident que c’est au niveau de CABAB qui, désormais, regroupera 5 communes littorales que la compétence de la gestion du littoral doit échouer.
Il y a nécessité impérieuse d’intégrer le volet littoral à l’intérieur du futur SCOT en définissant durablement la vocation des territoires et notamment des territoire littoraux.
Nous sommes pour le renforcement de la gestion intégrée des zones côtières, pour leur préservation, leur protection. Nous sommes opposés à toute mise en valeur du littoral par le béton, nous sommes pour mieux maîtriser l’urbanisation et opérer un usage économe des espaces prés du littoral. Tout en prenant en compte les spécificités locales, nous serons opposés à toute politique clientéliste locale et aux pressions des lobbies économiques, afin de préserver les espaces naturels.
Cela suppose bien sûr la lutte contre la pollution des eaux de l’Adour dont les analyses révèlent des taux importants. Une partie de cette pollution provient du port de plaisance où abondent notamment des dérivés de l’étain.
Cela suppose également la lutte contre l’érosion des plages, zéro réalisation de parking en bordure du littoral, parkings paysagés plus éloignés, et aussi une véritable politique paysagère de la zone littorale.
L’accès aux plages rejoint la question générale des transports. Nous sommes pour des navettes fréquentes, gratuites reliant les parkings (y compris ceux en périphérie de Bayonne) au bord de mer.
Le réseau de pistes cyclables sécurisées doit être développé.
Nous voyons d’un œil tout à fait favorable la création d’un centre aquatique HQE à la Barre, utilisable en dehors de la saison touristique notamment par les écoles ; si nécessaire et possible, peut s’envisager le déplacement de la patinoire.

Au niveau de la qualité des eaux, depuis 1999, le bilan officiel de la DDASS sur la qualité des eaux de baignade sur la côte basque est biaisé. Les communes du littoral basque commandent (à la Lyonnaise des eaux presque toujours) des analyses très matinales. Dés que les résultats sont mauvais, on ferme
préventivement la plage (drapeau rouge). Les fermetures préventives évitent les contrôles de la DDASS qui ne les effectue que lorsque la plage est ouverte à la baignade.
Un label officiel pour les plages doit être mis en place. Nous sommes néanmoins pour maintenir un contrôle de la société civile et des consommateurs au travers du label privé « Pavillon Bleu ».

Concernant la politique touristique

Nous pensons qu’Anglet doit diversifier son offre et développer le tourisme populaire qui s’y est énormément restreint. Nous sommes favorables à la création d’un camping municipal pour toiles de tentes en lieu et place de l’ancien et au retrait du circuit de quads à 100m d’Izadia, au maintien et au développement des camping-cars au parking de l’Atlantique.

À ce titre, nous observons que la disparition des 35 heures serait fatale à une activité touristique répartie sur de plus longues périodes. Rappelons que nous sommes pour étendre la loi des 35 heures à toutes les entreprises quelque soit leur taille, sans baisse de salaire et sans flexibilité. La question salariale est également d’importance ; or les salaires trop bas combinés à une précarité accrue, des dépenses incompressibles en hausse (logements, produits alimentaires...) diminuent fortement le pouvoir d’achat des salariés, donc le budget loisir et vacances. Nous sommes pour le Smic à 1 500 euros nets et 300 euros d’augmentation pour les salaires, les retraites, les minima sociaux. L’argent existe si on le prend sur les énormes profits des trusts qui ont, entre autre, permis en 2007 que les 3/4 des dirigeants du CAC40 aient vu leur rémunération augmenter de 40 %, avec pour valeur médiane... 6,175 millions d’euros.

Concernant l’urbanisme

Il y a bien sûr lieu de réviser le PLU et de faire respecter les règles d’urbanisme.
Ce qui nous apparaît essentiel et prioritaire, c’est la mise en place d’un plan de déplacements urbains au niveau de l’agglomération et de sa périphérie.

Un premier constat que nous faisons, c’est l’asphyxie de la circulation.
Les déplacements augmentent de 2 à 3 % chaque année, ce qui a entraîné des points de saturation y compris en dehors des heures de pointe.

Un deuxième constat, c’est le règne du tout voiture. Prés de 100 000 véhicules pénètrent dans l’agglomération chaque jour. 76 % des déplacements de l’agglomération se font en voiture et seulement 4 % en transport collectif.

Nous sommes pour développer sur l’agglomération et à sa périphérie un Plan de Déplacement Urbains (PDU) alternatif à la voiture en concertation avec les associations environnementales.

La rue doit être rendue aux personnes âgées, aux enfants et aux vélos, il faut en finir avec « le tout voiture ». C’est pourquoi, nous proposons :

  • de mettre en place une autre logique des transports. Piétonisation des centre ville et des places des quartiers, aménagement urbain facilitant les transports collectifs et les pistes cyclables sécurisées, parkings à la périphérie, transports collectifs facilités, non polluants, trains avec horaires rapprochés à l’embauche et à la débauche, à la rentrée et à la sortie des écoles.
  • le rétablissement de la Stab en régie publique ; le développement et la gratuité des transports en commun non polluants. La gratuité, quand elle est réalisée, notamment dans les villes moyennes (Châteauroux, Mayenne, Vitré...), s’est accompagnée d’un accroissement massif du nombre d’usagers des transports en commun, multiplié quasiment par trois à Vitré et par neuf à Hasselt en Belgique. Les premières réalisations montrent par ailleurs que la perte des recettes liées à la gratuité ne représente pas un obstacle financier majeur : là où a été réalisé un PDU, plus de 80 % du financement des Transports en commun est obtenu à partir du versement. Transport des entreprises (apport majoritaire) et des subventions de l’état et des collectivités locales. De plus, il faut prendre en compte les avantages que l’on en retire, en particulier niveau pollution, et les économies induites.

Concernant l’engagement de la CABAB dans un « Plan Climat »

La CABAB a récemment décidé le lancement d’une démarche de « Plan Climat ». Pour Anglet 100 % à gauche, parmi toutes les catastrophes écologiques, le phénomène le plus important est la crise climatique. Depuis quelques décennies, les émissions de plus en plus importantes de gaz à effet de serre sont liées aux types actuels de production, de transport, de consommation, surtout dans les pays industrialisés du Nord (85 % des émissions de gaz carbonique).
Il faut donc mettre en place, du local au global, des mesures d’urgence qui n’auront de sens que si elles se situent tant au niveau français qu’européen et mondial.
Le diagnostic proposé par la CABAB dans cette première phase du plan climat concernera les bâtiments publics, les logements, les transports et, sur proposition de l’élue 100 % à gauche de Bayonne, l’industrie. Il y a en effet pollution atmosphérique par des industries comme ADA qui, malgré une forte communication, n’abusent personne et surtout pas les riverains des deux cotés de l’Adour. Nous sommes pour contrôler la pollution des industries du port en imposant des comités locaux de surveillance et d’information (CLIS) pour mettre au pas les entreprises pollueuses.
Le coût de la rénovation thermique du parc immobilier a été estimé, lors du Grenelle de l’environnement à 600 milliards d’euros. On peut douter de la capacité de l’Etat, compte tenu de son endettement lié aux cadeaux fiscaux qu’il fait aux populations les plus riches, d’être rapidement à même de prendre des mesures suffisamment incitatives pour généraliser la construction de bâtiments neutres en énergie. Faute de mettre en place un véritable plan démocratique et écologiste, le gouvernement Sarkozy n’a proposé que des
solutions libérales : quelques incitations financières aux ménages. Mais rares sont les ménages capables, même avec des aides, d’entreprendre les travaux nécessaires ; ils n’ont pas les moyens d’investir dans une solution qui ne serait rentable que dans dix ans.
Au-delà des effets d’annonce, nous défendons un plan climat conséquent tant au niveau national qu’au niveau de l’agglomération avec des financements à la hauteur des enjeux.

Voilà quelles sont nos positions concernant les questions que vous nous avez posées.
Cordialement,
Pour la liste « Anglet 100% à gauche »
Claude Larrieu.

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