Raoul Jennar (NPA) veut « dénoncer l’influence des groupes de pression » à Bruxelles

, par JENNAR Raoul Marc

Je suis Belge, je vis en France. J’ai 62 ans. Depuis une dizaine d’années, je travaille comme chercheur indépendant sur les dossiers de la mondialisation. Avec mon adhésion au Nouveau parti anticapitaliste, je milite pour la première fois en France dans un parti politique. Et c’est la première fois également que je suis candidat. Je suis tête de liste du NPA dans le Sud-Est.

  • Pourquoi vous présentez-vous aux européennes ?

Pierre Bourdieu m’a incité, peu avant sa mort, à analyser le rôle des institutions européennes dans la mondialisation néolibérale. Sur son conseil, j’ai écrit Europe, la trahison des élites (Fayard) qui a connu un retentissement certain et m’a conduit à m’impliquer dans la campagne contre le traité constitutionnel européen. Afin que la voix des altermondialistes soit entendue dans le débat pour la présidentielle de 2007, j’ai soutenu la candidature de José Bové. J’ai écrit un second livre, une réflexion intitulée Quelle Europe après le non ? (Fayard). Ma connaissance des institutions et des politiques européennes, mon approche anticapitaliste et antiproductiviste, mon rejet non pas du principe d’une entité politique européenne mais de l’Union européenne, adémocratique, asociale, peu écologiste et fort peu solidaire des peuples du Sud, ont justifié aux yeux de beaucoup, après que j’ai adhéré au processus de construction du NPA, que je sois une des têtes de liste aux européennes.

  • Est-il plus difficile de faire campagne que pour un autre scrutin ?

Je ne suis pas en mesure de comparer entre deux élections pour une assemblée, puisque c’est la première fois que je suis candidat. Mais, par rapport à la campagne référendaire de 2005, je constate qu’il est plus ardu d’unir sur un projet que sur un rejet. La difficulté est plus grande également quand il s’agit d’inviter à s’exprimer sur l’Union européenne alors que le refus, par l’UMP, le MoDem, le PS et les Verts de respecter les résultats du référendum de 2005, généralise le sentiment d’impuissance de gens face à l’Europe et leur conviction qu’il ne sert à rien de participer à ce scrutin. Et pourtant, ce sont les textes européens qui régissent l’essentiel de nos vies. Il faut l’expliquer.

  • Votre priorité si vous êtes élu ?

Etre à Bruxelles et Strasbourg la voix de ceux qui souffrent des politiques ultralibérales décidées là-bas par nos gouvernements et ceux qui les soutiennent. Identifier et dénoncer, sur chaque texte proposé par la Commission européenne, l’influence des groupes de pression. Surveiller les propositions de la Commission et alerter chaque fois que la justice sociale sera menacée, chaque fois que la Commission poursuivra la mise en place d’une Europe du chacun pour soi, chaque fois qu’elle cédera aux lobbies au mépris des exigences écologiques. Je ne promets rien qu’un parlementaire européen, vu son peu de pouvoir, ne puisse tenir.

P.-S.

Entretien paru sur le blog Élections européennes (Où sont passés les candidats ?) de la rédaction du Monde.fr, le 25 mai 2009.