Notice biographique de Pierre Franck

Pierre Frank est né à Paris, le 24 octobre 1905. Ses parents étaient d’origine russe. Son père était artisan tailleur.
Il avait une formation d’ingénieur chimiste.
Il adhéra au Parti communiste en 1925 et milita à la Fédération des produits chimiques de la CGTU.
Solidaire de la plate-forme de l’Opposition unifiée du PCUS de Trotsky et de Zinoviev en 1927, il apporta son soutien à l’envoi d’une délégation qui se rendit en avril 1929 auprès de Trotsky exilé en Turquie peu auparavant.
Signataire en août 1929 du premier journal trotskyste paru en France, la Vérité, dont il fut le gérant. Exclu de ce fait du rayon d’Aulnay-sous-Bois du PC.
Elu membre de la commission executive de la Ligue communiste, à la fondation de celle-ci en avril 1930. Désigné au secrétariat international de l’Opposition de gauche internationale en mai 1932, se rend à ce titre à Berlin et à Madrid.
Secrétaire de Trotsky à Prinkipo pendant un an, à dater de juillet 1932, accompagne Trotsky à Copenhague en novembre 1932.
Membre de la 14e section du Parti socialiste, après la décision de la Ligue communiste, prise en août 1934, d’adhérer à la SFIO ; est délégué au congrès de Mulhouse de ce parti qui se tint du 9 au 12 juin 1935.
Exclu de la SFIO avec les principaux dirigeants de la tendance trotskyste, en octobre, il lance avec Raymond Molinier, en décembre, le journal la Commune contre l’avis de son organisation. Cet acte entraîne son exclusion de la section française et la rupture avec Trotsky.
Condamné en juin 1939 à huit fois un an de prison, il quitte la France à la veille de la guerre pour faire partie d’une délégation à l’étranger désignée par son organisation.
Il séjourne en Grande-Bretagne de septembre 1939 à février 1946, y édite en 1940, la Correspondance internationaliste. Est emprisonné puis interné dans l’île de Man, à partir d’octobre 1940, pendant plus de quatre ans.
Une correspondance s’était engagée avec Trotsky en mai 1940 en vue de la réintégration de son groupe dans la IVe Internationale.
Interrompue par la mort de Trotsky, elle se poursuivit ensuite avec le SI.
Dès son retour en France, Frank siège au comité central de la section française unifiée, le PCI, et assiste, début mars 1946, à la première conférence internationale réunie après la guerre. Il y est élu au CEI et au SI et en demeure membre jusqu’au jour, en 1979, où il renonce à toute fonction dirigeante en raison de son âge. Il assura pendant vingt-cinq ans la direction de la revue Quatrième Internationale, rapporta aux congrès mondiaux sur les grands problèmes de l’heure et représenta le SI dans de nombreux pays européens, en Amérique latine et en Asie.
Il est décédé à Paris, à l’hôpital la Pitié, le 18 avril 1984.

P.-S.

Extrait de Pour un portrait de Pierre Franck, écrits et témoignages, La Brèche PEC, 1985.