Bilans ambigus de la situation yougoslave

, par SAMARY Catherine

Catherine Samary enseigne à l’Université Paris IX. Elle a publié, entre autres, Le marché contre l’autogestion — l’expérience yougoslave (Publisud/La Brèche, 1988), La déchirure yougoslave (L’Hartmattan, 1994) et, tout récemment, Les conflits yougoslaves de A à Z (Atelier, 2000), une petite encyclopédie indispensable à qui veut saisir les méandres de l’effondrement yougoslave.

La chute de Milosevic fut d’abord expliquée dans les médias par « l’insurrection populaire contre le tyran ». Ensuite, on mit des bémols sur les mobilisations de masse, réduites à une vaste mise en scène derrière laquelle agissait « l’Occident ». On a peu évoqué les probables tractations souterraines mais on a souligné : l’abondance d’argent reçu par le mouvement de jeunes Otpor dont les badges et autocollants corrosifs sont devenus célèbres dans la période antérieure aux élections ; les coûteux sondages effectués dans la population qui ont permis de « découvrir », scientifiquement, le candidat gagnant et d’y rallier une coalition d’opposition — la DOS [1] ; les véritables états-majors de campagne établis en Hongrie et les moyens dont disposaient les observateurs de tous les partis d’opposition pour surveiller les urnes pendant le scrutin, comptabiliser les résultats, limiter et puis dénoncer les tentatives de fraudes (l’opposition put ainsi faire une démarche légale vers la Commission électorale puis la Cour constitutionnelle, dossier à l’appui). Enfin on a raconté, en interviewant les « héros musclés » de ces opérations (comme le maire de Canak et ses troupes) comment fut « organisé secrètement » ce qui avait été présenté auparavant comme spontané : la montée sur Belgrade d’un demi-million de personnes le 5 octobre balayant les barrages policiers, la « prise » du Parlement et de la Télévision d’État...

Il ressort de toutes ces vérités un paradoxe, un silence et une vision conspiratrice de l’Histoire.

Faiblesses des « analystes » soumis

Le paradoxe est que les médias dominants sont passés de ce qu’ils ont eux-mêmes souvent décrit — pendant les bombardements, pour les légitimer — comme le pouvoir totalitaire d’un quasi-Hitler... à un régime bien vulnérable et d’ailleurs pluraliste. Hier (pendant les bombardements), on « oubliait » la société civile que l’on prenait pour cible ou on la présentait comme « homogénéisée par un régime fasciste » en omettant de rappeler que, depuis 1996, toutes les grandes villes de ce régime étaient aux mains de l’opposition ; aujourd’hui, on découvrait l’opposition (mais soutenue par l’Occident) comme facteur décisif pour vaincre et contrôler les résultats. Mais hier, comme aujourd’hui, cette société civile est, dans ces « lectures », réduite à des « pions » achetables ou manipulables... hier par Milosevic (puisqu’elle était contre l’OTAN), aujourd’hui par l’OTAN puisqu’elle a voté contre Milosevic.

On fait alors généralement silence sur tout ce qui est loin de corroborer un « triomphe de l’OTAN ». Les bombardements furent critiqués, radicalement et avec beaucoup d’amertume, par de nombreux opposants au régime de Milosevic [2]. Ceux qui ont fait le choix d’être des porte-parole des États-Unis et de l’OTAN, grassement « subventionnés » pour ce faire, comme le dirigeant du Parti démocrate Zoran Djindjic, se sont profondément discrédités — et c’est pourquoi, d’ailleurs, Milosevic a pris le risque d’élections anticipées en juillet 2000 : la faiblesse des voix sur la coalition d’opposition alors dirigée par Djindjic (à laquelle le petit parti de Kostunica ne participait pas) s’accompagnait de l’abstention massive de ceux qui étaient à la fois contre les opérations de corruption et de bombardement occidentales et contre le régime Milosevic. Une majorité relative aurait été alors suffisante, dans le nouveau système constitutionnel, pour permettre à ce dernier de se faire directement élire président yougoslave, même si les Monténégrins et les Albanais du Kosovo boycottaient le scrutin.

Comme le cas Djindjic le démontre, les financements et le soutien occidental ne garantissaient pas (et donc n’expliquent pas) le succès de Kostunica, bien au contraire. La guerre de l’OTAN avait produit un réflexe patriotique massif. L’inculpation de Milosevic en pleine guerre par le TPI fut (et reste) perçue comme un acte politique visant à légitimer les bombardements et à punir Milosevic d’y résister. La grande majorité des Serbes est encore aveugle sur les crimes commis en son nom et se perçoit comme principale victime des conflits — les 700 000 Serbes ayant fui la Croatie, la Bosnie ou le Kosovo, accueillis dans les familles en Serbie, confortent cette vision ; le silence occidental sur ces « mauvaises victimes », notamment sur la situation des Serbes de Croatie, la non- inculpation de Tudjman et la politique de l’OTAN consolident cette conviction. Les sanctions occidentales discréditèrent encore plus la coalition dirigée par Djindjic quand elle prirent, au cours de l’hiver 1999 où l’on manquait de carburant, la forme d’une aide sélective d’énergie livrée par les gouvernements européens aux villes d’opposition. Cette campagne dite « énergie pour la démocratie » était si immorale (« votez bien où vous crèverez de froid ! ») que le parti du Renouveau serbe de Vuk Draskovic prit ses distances (ce qui le fit remonter dans les sondages) et décida de faire cavalier seul...

Pourquoi donc le basculement permettant la défaite de Milosevic, au-delà de la vision conspirative de l’Histoire qu’on veut nous faire avaler ? Autrement dit, que s’est-il passé dans la société ?

Aspirations à « une vie normale »

Quelle que soit la source de l’argent reçu, derrière la popularité réelle d’Otpor, s’exprimait tout d’abord un ras-le-bol massif et profond de la jeunesse serbe, capable d’ailleurs de beaucoup d’humour corrosif contre les bombardements, mais désireuse de « vivre normalement », de ne pas rester une génération sacrifiée aux guerres nationalistes (même si aucun débat sérieux n’a encore eu lieu sur ces guerres). Dans le Sud de la Serbie, les bureaucrates locaux et zélés du Parti socialiste avaient envoyé un nombre massif de jeunes combattre au Kosovo. Et c’est aussi là qu’on a vu, pendant les bombardements, des manifestations de masse touchant des « bastions » traditionnels de l’Armée et du régime, où s’exprimait un refus de mourir pour le Kosovo. Des récits d’atrocités commises au Kosovo viennent des rangs de l’Armée — et il est probable que si le nombre des victimes albanaises pendant les bombardements est, finalement beaucoup moins important que ce qui était annoncé (un an et demi après la fin de la guerre, le TPI a donné un chiffre de 4 000 corps exhumés, soit en trois mois de guerre deux fois moins qu’à Srebrenica), le comportement dominant de l’Armée à la différence des mercenaires paramilitaires, y est pour quelque chose... Du côté des étudiants dans les grandes villes, la grogne était également alimentée par le blocage de l’avenir, des voyages, la répression contre les enseignants résistant à la mise au pas centraliste imposée par le régime. Lorsque celui-ci commença au printemps 2000 à réprimer Otpor et à assimiler de façon hystérique chaque jeune portant un badge d’Otpor à un agent corrompu par l’OTAN, il provoqua le basculement de toute une génération et de bien des parents derrière Otpor. L’humour de ses slogans fut efficace pour vaincre des peurs et exprimer l’envie de changement — même si aucune réelle auto-organisation démocratique et pluraliste, ni aucun débat sur les choix de société n’ont jamais été possibles dans Otpor (et là, la source des financements y est pour quelque chose). Quoi qu’il en soit, leur célèbre « Gotov je ! » (Il est fichu !) traduisit un état d’esprit massivement partagé. Tant et si bien que le régime prit de plus en plus l’allure d’un pouvoir aux abois entraîné dans un engrenage répressif contre tout opposant assimilé à un « traître vendu à l’étranger ».

Mais un an et demi après la fin de la guerre, c’est le climat d’insécurité politique et sociale qui prenait de plus en plus de l’importance. Certes, dans les campagnes où le vote « socialiste » restait majoritaire, les paysans gardaient la sécurité de leurs lopins privés autrefois distribués par les dirigeants titistes et encore protégés par l’État. Mais dans les entreprises, montait le rejet massif d’un clientélisme et d’une corruption des directeurs « socialistes » ne laissant aucune place à un quelconque respect des travailleurs, contrairement à l’image « de gauche » du régime. L’opulence visible des dirigeants au pouvoir contrastait avec la misère de salaires moyens de quelque 150 DM — quand on avait un emploi — et de retraites de l’ordre de 40 DM par mois (avec les innombrables arriérés de paiement). Certes, la population savait que les sanctions et la guerre de l’OTAN y étaient pour quelque chose, mais au même moment la mafia du régime en place s’en mettait, quant à elle, plein les poches sur son dos. On peut faire front dans la misère et l’isolement, voire face à l’injustice, quand ces maux sont partagés. Et c’est un tel partage qu’aurait effectué sans nul doute un réel régime de gauche. Mais, derrière l’étiquette socialiste et la propagande, telle n’était pas la réalité du parti de Milosevic ou de son épouse Mira Markovic, dirigeant la JUL (Alliance de la Gauche yougoslave), tirant dans l’ombre les ficelles du clientélisme mafieux, des purges et des promotions — irritant d’ailleurs de plus en plus leurs alliés d’extrême droite du Parti radical s’estimant lésés. Dans la plus grande opacité, le Chef de la Sûreté nationale de la république (RDB), Rade Markovic, avait constitué une véritable police privée du régime assurant toutes les basses œuvres en toute impunité.

Les deux faces de la médaille

Contre les présentations « borgnes » de ce régime, il y avait d’un côté les crimes et les enlèvements de personnages divers, les harcèlement fiscaux contre la presse d’opposition, le contrôle de la télévision d’État, les arrestations de journalistes, purges et autres licenciements parmi les magistrats, journalistes, universitaires appuyés sur des lois et décrets répressifs... qui ont fait régner un climat d’insécurité croissante. De l’autre, depuis dix ans, un certain pluralisme auquel était très attachée la population — comme en témoignait la perte de toutes les grandes villes y compris Belgrade depuis 1996, l’existence de syndicats indépendants, de mouvements civils divers, notamment anti-guerre et défendant les droits des citoyens de toutes nationalités, comme le Centre de Mme Natacha Kandic qui réclame aujourd’hui le transfert à La Haye de Milosevic. Les mobilisations ont été massives lorsque le régime a tenté de remettre en cause les votes populaires : tel avait été le cas des trois mois de grandes manifestations au cours de l’hiver 1995-1996 pour imposer la validation des victoires de l’opposition dans les grandes villes. Tel fut à nouveau le contexte d’une explosion de rage en septembre-octobre 2000 lorsque la coalition au pouvoir tenta de nier sa défaite... Les mineurs de Kolubara, grand complexe industriel proche de Belgrade, se sont mis en grève pour défendre leur vote. L’intelligence politique des dirigeants de la DOS fut d’appeler à les soutenir en se rendant eux-mêmes, le 4 octobre, à Kolubara alors que le pouvoir « socialiste » envoyait, quant à lui, ses troupes d’élites contre le comité de grève. Les fraternisations qui eurent lieu ce jour-là avec les forces de police, libérant les mines, expriment ce qui se passait en profondeur dans l’ensemble des corps répressifs : un basculement vers la population allant bien au-delà de ce qui « s’achète » (même s’il ne fait aucun doute que des personnages-clés furent « achetés »), expliquant fondamentalement l’attentisme de l’Armée et la faiblesse du dispositif policier le lendemain...

Mais on ne peut faire abstraction du personnage Vojislav Kostunica, dans la possibilité d’un vote anti-Milosevic massif — et d’une mobilisation populaire pour défendre ce vote. Il ne s’agit pourtant pas d’un homme « de gauche », ni d’un défenseur de la classe ouvrière, encore moins d’un personnage prêt à faire appel aux masses pour être porté au pouvoir... Mais il incarnait une sorte d’honnêteté et de continuité dans la dénonciation permanente de la guerre de l’OTAN et de la corruption, d’où qu’elle vienne, des États-Unis ou du pouvoir de Belgrade. Kostunica était à Kolubora aux côtés des mineurs, le 4 octobre, tout en jouant systématiquement sur la forme légale des procédures de changement de pouvoir. C’était là une autre des caractéristiques de ce juriste, confortant le soutien de l’Armée et les aspirations de la population à un État de droit. La population était prête à manifester pour exiger la reconnaissance d’un vote — mais elle avait refusé de répondre aux incitations répétés de l’OTAN (et aux appels de Zoran Djindjic) à un soulèvement renversant Milosevic...

Certes, la colère populaire tendait aussi à prendre les moyens d’une « révolution » populaire pour accélérer les changements, et à exprimer autre chose qu’un vote pour Kostunica : de la grève pour la validation de leurs votes, les mineurs sont vite passés à la « démission » forcée de leur directeur — l’exemple fut suivi dans quelques autres entreprises. Et pendant quelques jours, les travailleurs furent même incités à utiliser leurs droits d’autogestion depuis longtemps gelés ou bafoués, pour mettre en place... des directeurs liés à la nouvelle majorité. Le vote n’a pas été un chèque en blanc pour une DOS hétérogène. Encore moins pour ceux qui, en son sein, préconisent des privatisations accélérées — ce qui est malheureusement le cas des dirigeants d’Otpor comme des syndicats indépendants, pour l’instant. Comme partout dans les pays d’Europe de l’Est, les changements électoraux se traduiront par d’autres clientélismes et des pratiques mafieuses sous diverses étiquettes, et par la désagrégation « libérale » — certainement pas par la consolidation des droits des travailleurs. Mais le pire est encore quand des politiques de droite se mènent sous des étiquettes socialistes. Pour l’émergence d’une vraie gauche en Serbie, la fin du règne de Slobodan Milosevic/Mira Markovic est une bonne chose, une précondition...

Mais derrière la « facilité » relative de la chute de ce régime, il faut souligner un effet d’optique, dû à des éclairages antérieurs erronés : ce régime n’était ni celui d’Hitler pratiquant un « génocide » au Kosovo ; ni un régime progressiste. Et c’est pourquoi, il n’avait derrière lui ni la force répressive et totalitaire du premier, ni les moyens de contrer réellement les attaques de ses opposants de droite qu’aurait eu le second.

Si on laisse ici de côté les visions borgnes diabolisant ou valorisant Milosevic, il est certain que le personnage avait à la fois systématiquement recherché dans les urnes sa légitimation tout en étant prêt à jouer de toutes les cordes pour ne pas perdre le pouvoir... Il a d’abord cherché à nier sa défaite, « légalement » par une commission électorale et une Cour constitutionnelle aux ordres ; mais aussi, semble-t-il, en escomptant un temps le soutien de l’Armée. Il a sous-estimé le fait qu’au cours de l’été 2000, 18 formations d’opposition et notamment le dirigeant du Parti démocrate, Zoran Djindjic, puissent solliciter un Vojislav Kostunica (le seul qui ait une chance de battre légalement Milosevic) pour être leur candidat, malgré les désaccords qui les opposaient ; il n’a pas mesuré la perte d’efficacité des « arguments » du régime contre ce candidat-là et face aux pratiques mafieuses de son régime — ni l’efficacité probable d’une série de pressions de coulisse exercées sur des personnages-clés dans les appareils du pouvoir pour obtenir leur passivité ou leur retournement de veste ; il a été confronté aux pressions de l’émissaire russe qui le 5 octobre est venu le prier — et convaincre la Commission électorale — de reconnaître officiellement les résultats ; il a sous-estimé l’ampleur du vote Kostunica dans l’Armée et le refus de celle-ci d’intervenir contre un vote populaire majoritaire...

On comprend que les gouvernements occidentaux présentent la défaite de Slobodan Milosevic comme leur victoire. Il serait plus juste de dire que l’opinion populaire serbe exprimée par sondage, puis dans les urnes les a forcés à « choisir » de soutenir Kostunica car ils n’avaient obtenu la mise à l’écart de Milosevic ni par les bombardements, ni par l’inculpation du TPI, ni par les appels réitérés (relayés par Djindjic) à un renversement insurrectionnel de Milosevic, ni par les candidats qui avaient soutenu leurs politiques...

L’imbroglio social et national demeure

L’ensemble des questions nationales et sociales liées aux causes profondes internes et externes de la décomposition de l’ancienne et de l’actuelle Yougoslavie demeure, après Milosevic — notamment au Monténégro et au Kosovo : il en a été un accélérateur, mais aussi souvent un paravent...

La DOS a renvoyé... à l’OTAN la charge de gérer les tensions surgies dans trois localités limitrophes du Kosovo où un clone de l’ancienne UCK (armée de libération du Kosovo) réclame le rattachement au Kosovo de ces villages à majorité albanaise situé en « zone tampon ». Et Kostunica, comme hier Milosevic, réclame l’application de la résolution 1244 du Conseil de sécurité de l’ONU qui maintient le Kosovo dans les frontières yougoslaves... C’est d’ailleurs aussi pourquoi les grandes puissances sont inquiètes de la dynamique indépendantiste qui se confirme au Monténégro, l’éclatement de la Yougoslavie imposant soit un retour du Kosovo dans les frontières serbes — ce qui est impensable — soit une reconnaissance de l’indépendance (ce qu’elles ont jusqu’alors refusé par crainte de fragilisation de la Macédoine et surtout de la Bosnie). Tout en étant opposé à l’éclatement de la Yougoslavie, Kostunica reconnaîtra le vote d’autodétermination constitutionnellement admis pour le Monténégro — alors que les Albanais restent considérés comme une minorité de la Yougoslavie. Mais la récente normalisation des rapports de la Serbie avec l’Albanie et la Bosnie ainsi que la reconnaissance d’un choix libre au Monténégro ouvrent une lueur d’espoir sur la possibilité que la décomposition yougoslave permette l’établissement d’une communauté d’États balkaniques... où une République du Kosovo devrait trouver toute sa place...

La JUL a disparu et le Parti socialiste connaît à la fois l’éclatement et l’hémorragie de ses membres. Il ne dispose plus que de 37 députés sur les 250 de la nouvelle assemblée serbe. Le Parti radical de Seselj en détient 27 et le Parti de l’unité serbe du défunt mercenaire Arkan a effectué une percée avec 14 députés. La DOS détient 175 sièges — et recueille, unie, un soutien populaire qu’aucune de ses composantes ne pourrait capter, ce qui, pour l’instant, ralentit son éclatement. La mise à l’écart du chef de la police secrète Rade Markovic et la nomination de Dusan Mihajlovic, dirigeant de Nouvelle démocratie (ND), comme Ministre de l’Intérieur (qui connaît « intimement » la garde prétorienne et ses connections pour les avoir fréquentées pendant 5 ans) sont perçus comme un tournant vers moins d’impunité dans les crimes et la corruption endémiques. Outre Kostunica qui reste en tête de tous les sondages de popularité, ce sont les économistes du G17+, Mladjen Dinkic, nouveau gouverneur de la Banque centrale et Miroljib Labus, vice-Premier Ministre du gouvernement fédéral, qui sont les plus populaires, sans doute parce que perçus comme « experts » au-dessus des partis discrédités — sans que les effets de leurs choix libéraux soient encore connus concrètement. Ils multiplient les réunions d’information sur leurs projets auprès des syndicats. Ils prétendent que les effets sociaux négatifs de la « transition » (vers le capitalisme) ont déjà été subis par la Yougoslavie sans ses effets positifs et promettent donc un avenir radieux. C’est tout sauf évident.

Notes

[1L’Alliance de d’Opposition Démocratique (DOS) se présente comme une « coalition technique », allant de courants sociaux-démocrates à l’ultra-libéralisme en passant par un nationalisme de centre-droit, de type Kostunica.

[2Cf. Stanko Cerovic, Dans les griffes des humanistes (Climats, 2001).