« Le NPA est le dernier parti qui ne soit pas un parti de notables »

, par RINALDI Angelo

Après que Mediapart a révélé, vendredi 29 mai, le rapprochement de l’académicien Angelo Rinaldi avec le NPA, l’écrivain et ancien directeur du Figaro Littéraire exprime dans nos colonnes les détails de son adhésion à la Société Louise Michel, cercle de réflexion proche du parti d’Oliver Besancenot. Interview.

  • Comment interprêtez-votre présence à la réunion de la Société Louise-Michel ?

C’est une société de pensée qui m’intéresse, et il y a des gens que j’aime beaucoup parmi le comité de parrainage, comme la philosophe Carmen Castillo, le cinéaste Ken Loach ou l’écrivain Gilles Perrault. J’ai en outre une forte admiration pour les travaux et la sociologie de Luc Boltanski. Je suis officiellement adhérent à « Louise-Michel ». Et je vais écrire pour un prochain numéro de ContreTemps [la revue théorique du NPA] un article sur John Mc Gahern, un romancier irlandais que je suis depuis toujours et qui vient de publier ses mémoires. Il n’est pas très connu mais vend tout de même chacun de ses livres à 10 000 exemplaires, un chiffre dont tout le monde rêve.

  • Allez-vous adhérer au NPA ?

Tel un ministre, je m’octroie le droit de réfléchir au moins 48 heures avant de répondre à ce type de question, et de laisser le soin de l’interprétation de ma démarche à la perspicacité de chacun.

  • Un anticapitaliste sous la Coupole, ça détonne...

Vous savez, c’est une maison très ouverte, et l’on y trouve autant de gens biens que dans le comité de parrainage de « Louise-Michel ». J’ai toujours été plutôt à gauche je pense. Que voulez-vous ? On naît toujours d’un côté de la barrière...

  • Vous n’avez jamais été membre d’un parti politique auparavant ?

Non. Je revendique la liberté de l’artiste, telle que Léon Trotsky et André Breton l’ont souligné d’une plume commune à Mexico, dans leur réponse à Staline. [lire : « Vers un art révolutionnaire indépendant »].

  • Quel est votre sentiment sur le NPA ?

En l’état actuel des choses, on ne peut pas dire que ce soit un parti de notable, ce qui est le cas de tous les autres partis aujourd’hui. Si l’on se place dans la filiation de la révolution française, le NPA c’est la Montagne et tout le reste, c’est le Marais... Je trouve enfin assez extraordinaire un parti où les aînés laissent ainsi la place à leurs cadets et leur transmettre le pouvoir, chose qu’on ne voit hélas plus nulle part ailleurs.

P.-S.

Propos recueillis par Stéphane Alliès.