« C’est à eux de payer leurs crises »

, par POUTOU Philippe

Le candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) à la présidentielle tenait hier meeting à Bayonne.

  • Sud Ouest. Qu’est-ce qui vous a marqué dans l’actualité des dernières semaines ?
Philippe Poutou, candidat du NPA à la présidentielle. © Photo G. Julien

Philippe Poutou. Tous les licenciements annoncés chez Peugeot, les suppressions d’emplois dans la banque, et les entreprises que j’ai visitées et qui luttent contre les fermetures, comme Fralib à Marseille où les salariés occupent leur usine pour laquelle ils ont un projet de reprise. Cette usine appartient au groupe Unilever qui réalise 4 milliards de profits, et ils s’en débarrassent.

  • Au sein du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), que pensez-vous de la crise financière actuelle ?

Pour nous, il est hors de question que les gens d’en bas la payent. Nous avons déjà assez payé. C’est aux capitalistes de payer leurs crises. C’est pour cela que nous avons un programme de rupture avec la politique qui est menée. Il faut faire payer les riches et cela commence par l’annulation de la dette et l’appropriation du système bancaire qui doit devenir un système public. Cette question est centrale dans notre programme.

  • Quelles en sont les autres points ?

Nous proposons l’interdiction des licenciements et des suppressions d’emplois dans les services publics. Nous proposons aussi une augmentation de 300 euros des salaires, des pensions et des retraites avec un minimum de 1600 euros nets pour tout le monde.

La question écologique est également importante et nous voulons sortir du nucléaire en dix ans. Il faut créer un service public de l’énergie, développer une véritable politique des transports en commun gratuits afin de réduire le tout voitures et le tout camions. Et arrêter tous les gâchis énergétiques.

  • Sur le port de Bayonne, s’opposent les tenants du développement industriel et les défenseurs de l’environnement. Que faut-il privilégier ? L’emploi où l’écologie ?

Nous ne les opposons pas. Par exemple, si on sort du nucléaire, c’est pour le remplacer par d’autres activités créatrices d’emplois. L’objectif est de gérer une politique qui corresponde à l’intérêt des populations et la placer sous leur contrôle.

Or, comme c’est le cas pour la LGV par exemple, tout est fait pour le profit des grandes entreprises privées qui se voient offrir de gros chantiers avec de l’argent public. C’est en bas que la population doit participer au débat et fixer elle-même les urgences à satisfaire.

  • Pourquoi faudrait-il voter pour vous, plutôt que pour le Front de gauche par exemple ?

Parce que nous sommes le seul parti anticapitaliste qui défende un programme d’urgence, d’annulation de la dette ou de sortie du nucléaire. Mélenchon veut une alliance avec le PS en pensant pouvoir le faire bouger vers une politique de gauche.

Or nous pensons que ce n’est pas possible, que le PS mènera une politique d’austérité. C’est pourquoi nous devons dès maintenant discuter d’une opposition à un futur gouvernement, même de gauche. Nous avons l’expérience de la gauche plurielle.

Nous n’avons aucun espoir et nous ne nous faisons aucune illusion avec le Parti socialiste. Les amis de Hollande se nomment Zapatero et Papandréou (les anciens premiers ministres espagnol et grec, NDLR). Nous ne sommes pas des professionnels de la politique, mais nous devons prendre nos affaires en mains.

P.-S.

Recueilli par Richard Picotin.