« J’aime bien le Petit Journal » Dans la télé du candidat du NPA

, par POUTOU Philippe

Interview — Sur StreetPress Philippe Poutou se marre quand il évoque le Petit Journal de Yann Barthès : « L’autre jour ils ont fait un truc sur Mélenchon, il était pas content ! » Après le fiasco Ruquier on aurait pu l’imaginer rancunier contre les médias.

  • Quel journaliste inviteriez-vous à manger un kebab ?

Je ne les connais pas assez pour ça ! Le problème c’est que pour nous, les médias c’est d’abord un espace pour défendre nos idées. On a tellement la crainte de gaspiller le peu de temps qu’on nous accorde dans cet espace qu’on y va pour dire ce qu’on a à dire.

  • Et la dernière fois qu’un journaliste vous a énervé ?
Un sosie de Gérard Lanvin se cache sur cette photo.

Ce n’est pas la question des journalistes, c’est la question des médias en général. L’émission de Ruquier c’était particulier parce que bon, c’est la seule émission que j’ai fait où on vous met au centre du plateau. C’est déjà pas simple pour un politicien averti alors pour quelqu’un comme moi, qui n’est pas dans le coup c’est spécial. Mais à part cette émission, le reste du temps c’est souvent très court. On nous accorde 5/6 minutes pas plus. De toute façon c’est un monde à part. Moi quand j’arrive je sens bien que je manque de crédibilité : je sors du boulot, je ne porte pas de cravate. Forcément quand j’arrive sur les plateaux je ne donne pas une impression positive. Je sens l’arrogance et le mépris social. Je suis traité comme une bestiole à part.

  • Est-ce qu’il y a beaucoup d’enfants de la télé au NPA ?

Enfants de la télé qu’est ce que vous voulez dire par là ?

  • Si on regarde beaucoup la télé au NPA.

C’est possible qu’on regarde la télé moins que les autres. Mais le NPA et la télé c’est deux mondes différents. Ce n’est pas évident de raconter ce qu’on vit, pourquoi on milite. On dirait que la télé n’est pas faite pour ça. Il y a une déconnexion entre la vie médiatique et la vie réelle. Le film Les nouveaux chiens de garde l’explique très bien : c’est toujours les mêmes groupes industriels et financiers qui dirigent les chaines. La télé est aux mains des capitalistes. Ça vient du manque de démocratie !

  • Votre télé idéale vous la voyez comment ?

Alors déjà pour moi la télé idéale ça ne peut pas être privé. Ça doit être du service public. Aujourd’hui, la télévision privée répond à une logique de rentabilité par la pub et ça c’est destructeur. Il ne faut pas la mettre dans les mains des capitalistes. Ma télé idéale, ce ne serait pas une machine à pognon et elle aurait le souci de rendre compte de la vie des gens ; de refléter la vie.
Poutou chambré chez Ruquier

  • C’est possible qu’au NPA on regarde la télé moins que les autres
    Est-ce qu’il faut retirer la carte de presse au Petit Journal ?

J’aime bien le Petit Journal. L’autre jour ils ont fait un truc sur Mélenchon, il était pas content. Je ne savais pas qu’on voulait leur retirer leur carte de presse. Moi je trouve qu’on ne devrait pas. Au contraire, un journal comme ça, ça fait du bien. Bon des fois ça tourne en rond c’est vrai mais ça fait parti du journalisme.

  • À part le Petit Journal, vous regardez quoi ?

Surtout de l’info : France 3, Canal+, iTélé . A la radio j’écoute France Info. Mais bon la télé c’est toujours la même chose. Là en ce moment on parle beaucoup de la neige. C’est extraordinaire : il neige en février ! Hier je regarde les infos, c’était 20 minutes sur la neige et 20 secondes sur la Syrie. La télé c’est devenu un outil de propagande.

  • Quand Sarkozy sous-entend qu’il y aura une dose de proportionnelle aux prochaines élections législatives, vous pensez qu’il fait ça juste pour passer à la télé ?

On a dû mal à croire qu’il puisse gérer ça d’ici juin. En plus tous les partis ont déjà leurs listes. C’est démago. Surtout quand on voit le côté anti-démocratique du système de parrainage des élections. Même s’il insère une dose de proportionnelle, elle sera de toute façon insuffisante.

P.-S.

Propos recueillis par Afifia Belabdoun.