Déclaration du Parti polonais du travail (PPP) et du Syndicat libre « Août 80 » (WZZ « Sierpien 80 »)

, par MALEWSKI Jan, ZIETEK Boguslaw

À la demande du Parti polonais du travail (PPP) et du syndicat libre « Août
80 », nous vous faisons parvenir la déclaration concernant le soulévement
populaire en Grèce (traduit en français et l’original en polonais).
N’hésitez pas à la rendre publique.
Le syndicat libre « Août 80 » prend ses racines dans la les grèves de masse
qui en 1980 ont permis aux travailleurs polonais de se doter pour la
première fois d’un véritable mouvement syndical. Ce mouvement, brisé par le
coup d’État du 13 décembre 1981, trahi par ceux de ses dirigeants qui ont
opté pour la restauration capitaliste en collaboration avec la nomenklatura
en 1989, a connu de nombreuses défaites. « Août 80 » regroupe ceux, qui n’ont pas capitulé et ne se sont pas soumis. Il conduit des luttes courageuses et
victorieuses (en décembre 2007 et janvier 2008 la grève d’occupation de 46
jours dans la mine Budryk, récemment la première grève dans les
hypermarchés, qui a permis d’imposer le droit syndical dans la
multinationale Tesco en Pologne...). Depuis plusieurs années, à l’initiative
de ce syndicat, un véritable parti des travailleurs, le PPP, est en cours de
construction pour doter la classe ouvrière d’un outil politique de lutte
contre le capital.
Amicalement.
Jan Malewski, rédacteur d’Inprecor.

À la suite des derniers événements en Grèce, le Parti polonais du travail (PPP) et le Syndicat libre « Août 80 » (WZZ « Sierpien 80 ») expriment leur soutien aux mouvements sociaux, aux organisations politiques et aux syndicats grecques qui, au cours des dernières semaines, ont entrepris des actions de protestation et mené une grève générale.

Nous nous solidarisons totalement avec la société grecque dans sa lutte
contre un gouvernement antisocial, anti-salarié et répressif. Au quotidien
nous devons faire face à des problèmes similaires. La politique du
gouvernement polonais consiste également à introduire uniquement de
nouvelles solutions légales et systémiques qui sont antisociales et dirigées
contre les salariés. A nous aussi on tente de reprendre les retraites durement gagnées. A nous aussi on tente de reprendre le code du travail — la dernière garantie d’un sécurité relative et d’un travail digne dans les entreprises, bien que de plus en plus faible du fait des réformes néolibérales. Nous aussi, nous sommes confrontés à la privatisation des services publics, dont des secteurs aussi importants que la santé et l’éducation.

Le soulèvement du monde du travail et de la jeunesse grecques est aussi une
lutte dans l’intérêt et au nom des travailleurs dans toute l’Europe.

Les revendications du mouvements syndical grecque et de toutes les
organisations sociales qui participent au mouvement nous sont particulièrement proches au moment même où, en Pologne aussi, la droite qui gouverne ne cesse de tenter d’imposer à la société sa cruelle expérimentation néolibérale. D’autant plus que, comme en Grèce et dans les autres pays européens, en Pologne aussi la gauche traditionnelle et les partis sociaux-démocrates représentés au Parlement ne sont pas capables d’être une alternative véritable face à la droite gouvernementale, car ils acceptent l’orientation néolibérale des réformes, la soutiennent et fréquemment même, comme c’est le cas de la SLD (Alliance de la gauche démocratique), ils collaborent et s’engagent dans les actions contraires aux intérêts des travailleurs et des plus pauvres. L’humeur querelleuse et l’absence d’une vision sociale des leaders de la SLD font qu’au lieu de s’occuper des questions les plus importantes du point de vue social, depuis des années ils ne s’occupent que d’eux mêmes, ne laissant aucun espoir pour écarter la droite du pouvoir et pour la réalisation d’un programme de
gauche.

Nous observons avec admiration le mouvement syndical et la jeunesse de Grèce et nous soutenons totalement la grève générale et les mouvements de
protestations qui y sont menés. Nous croyons dans sa victoire. Nous avons
confiance également que les expériences de la vague de résistance grecque
seront un coup porté au capitalisme mondial, dont l’exploitation, l’irrespect des droits des travailleurs et les méthodes de gouvernement antidémocratiques constituent le domaine.

Le Parti polonais du travail prendra part à la protestation devant l’Ambassade de Grèce (Varsovie, rue Gornoslaska 35), qui aura lieu le 18 décembre 2008 à partir de 17h, dans le cadre de la mobilisation européenne en soutien aux protestations des syndicalistes et de la jeunesse grecque.

18 décembre 2008

Boguslaw Zietek
(président du PPP et du syndicat libre « Août 80 »).
bzietek chez wzz.org.pl