Mise au point à propos d’un article du Monde

, par BP de la LCR

Dans un article du Monde daté du jeudi 27 mars, Sylvia Zappi indique que « La direction de la LCR licencie son principal opposant », à savoir Christian Picquet. Cet article ne délivre pas une information exacte. Christian Picquet était jusqu’au dernier congrès national de la LCR un membre de l’exécutif national, le Bureau politique, ainsi que de son secrétariat. Suite au congrès national, la tendance qu’il anime, la PFB a choisi dans une réunion nationale de se constituer en tendance publique, c’est à dire un regroupement, conforme à nos statuts démocratiques, dont les membres appliquent à l’extérieur de l’organisation une orientation indépendante de celle qu’a choisi la majorité. C’est leur droit mais c’est une décision politique importante dans le contexte de nos bons résultats aux municipales et des décisions du congrès concernant le nouveau parti. Bien que ces camarades agissaient de longue date publiquement, le fait même de l’acter aujourd’hui implique donc qu’ils considèrent que les désaccords se creusent entre nous. Les camarades ont demandé à la direction nationale de la LCR des moyens pour faire fonctionner leur tendance. Ils ont globalement été acceptés : une somme annuelle de douze mille euros pour financer diverses activités et réunions, une tribune régulière dans Rouge. Ils ont également obtenu un poste de demi-permanent au titre de l’animation de leur tendance. Sur ce point il y a eu divergence car les camarades demandaient un poste entier, ce que la DN a estimé incompatible avec nos moyens financiers qui restent limités et qui nous permettent seulement de rémunérer 4,5 postes de permanents pour l’exécutif national, essentiellement des temps partiels. Le résultat du dernier congrès est clair : 83 % des militantes et des militants de la LCR ont approuvé une orientation politique avec laquelle la tendance de Christian Picquet a estimé avoir suffisamment de divergence pour se déclarer en tendance publique et refuser de l’appliquer. Attribuer 4,5 postes pour la majorité des 83 % et 0,5 poste pour la minorité qui a obtenu 14 %, cela ne nous paraît pas constituer un déni de démocratie... Libre aux camarades de la minorité, si telle est leur volonté, de choisir Christian Picquet pour occuper le demi-poste qui leur est accordé. Ce qui n’est pas possible, c’est que celui-ci prétende occuper un poste entier au titre d’une orientation... qu’il se refuse d’appliquer. Rappelons qu’il ne participe plus aux réunions hebdomadaires du secrétariat du BP depuis deux ans, de sa propre initiative ! Précisons en outre que sur un Bureau politique de 20 membres, la minorité a obtenu 3 membres, dont Christian Picquet, à la proportionnelle des résultats du congrès. Dans cette affaire, à aucun moment nous n’avons fait d’entorses à nos traditions démocratiques dont chacune et chacun s’accorde à l’accoutumée à souligner l’exemplarité. Nous redisons aux camarades de la minorité qu’ils ont toute leur place dans la construction du nouveau parti anticapitaliste dont nous sommes en train de jeter les bases et qui sera forcément pluraliste. À aucun moment nous n’avons dit ni pensé que les premiers concernés par ce pluralisme, nos propres camarades, n’auraient pas toute leur place. Nous les appelons à l’occuper à égalité avec toutes celles et tous ceux qui « prennent parti » ensemble.

Le secrétariat du bureau politique de la LCR.