Un été meurtrier !

, par MAILFERT Martine

Les travaux de démolition sociale du gouvernement Sarkozy ont commencé dès cet été. Il est vrai que l’été est régulièrement propice aux mauvais coups et la version 2007 ne déroge pas à cette sinistre tradition.

Un paquet cadeau de 13 milliards pour les riches et les patrons !

La loi dite « en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat » instaure le « bouclier fiscal » à 50 % protégeant les plus hauts revenus de l’impôt sur la fortune et dans lequel sont intégrées la CSG et la CRDS qui taxent les revenus du capital à 11 %. Les grandes fortunes ne pourront pas être taxées au-delà de 39 % au lieu de 60 %. Un joli cadeau ! Et, en prime, les riches qui investiront une partie de leur fortune dans une PME pourront déduire cet investissement de leurs impôts jusqu’à 75 % de ce qu’ils doivent au fisc...

Dans le même élan, la loi allège l’impôt des hauts revenus, réduit la fiscalité des héritages pour les grands patrimoines. Elle instaure aussi la défiscalisation des heures supplémentaires et leur exonération de cotisations sociales en application du principe « travailler plus pour gagner plus ». Cette mesure aidera les patrons à faire faire des heures supplémentaires quand ils en auront besoin, plutôt que d’embaucher, sans qu’il leur en coûte quoi que ce soit. Elle coûtera 6 milliards d’euros à l’État, pour l’essentiel empochés par les patrons.

À l’opposé, 25 millions d’euros sont consacrés à la mise en place du revenu de solidarité active (RSA) permettant aux détenteurs de minima sociaux de garder leurs droits en cas de reprise d’une activité partielle.

Attaque contre le droit de grève !

La loi sur le service minimum veut imposer, entre autres, l’allongement du préavis de grève et que tout salarié se déclare gréviste 48 heures à l’avance sous peine de sanction. C’est bien le droit de grève de tous les travailleurs que le gouvernement veut attaquer, en commençant par les salariés des services publics des transports d’abord, et maintenant de l’éducation.

Il tente ainsi de désarmer les salariés des secteurs qui ont mené plusieurs grands mouvements ces quinze dernières années et dans lesquels se sont reconnus tous ceux qui, parce que soumis à des conditions plus précaires, ont moins de possibilités de résister et de lutter. Il s’agit pour lui de préparer le terrain à de nouvelles attaques, contre les retraites et plus généralement contre les salaires, les conditions de travail, les droits démocratiques.

Les moyens de la riposte

Pour mener son offensive, Sarkozy s’appuie sur les capitulations de la gauche et des directions des grandes confédérations syndicales qui se sont adaptées à l’économie de la concurrence et du profit.

Les directions syndicales restent sur la défensive, hésitant à défendre le droit de grève en lui-même, protestant de leur volonté de mener le « dialogue social », engluées qu’elles sont dans ces pseudo-négociations qui visent à les associer à des réformes dont il ne peut sortir que des reculs.

C’est par la grève que les salariés qui font marcher les transports, les établissements scolaires, les hôpitaux, peuvent intervenir, faire pression contre la minorité de parasites qui détruisent les services publics et dégradent les conditions de vie de toute la population. Le droit de grève, c’est un droit démocratique, c’est le droit de défendre les intérêts de la collectivité contre ceux d’une minorité qui détient les rênes de l’économie et la fait tourner à son seul profit.

Les travailleurs, les classes populaires, la jeunesse n’ont aucune raison de se plier à la folle vision du monde de Sarkozy et de ses amis, les financiers et les gros actionnaires.

Nous donner les moyens de répondre à l’offensive de Sarkozy, c’est nous donner les moyens de mener une contre-offensive politique au nom des idées que la gauche était censée défendre : les idées d’une société démocratique où les richesses produites servent au bien être et à l’épanouissement de ceux qui les produisent pour assurer le progrès social.

P.-S.

Article paru dans le Journal du Pays Basque, édition du 4 août 2007.