Communiqué du NPA de Nice

Nice : la liberté d’expression sous surveillance !

, par MOLFESE Antonio

En France, la liberté d’expression est protégée par les lois. Elle offre aux citoyens, quels qu’ils soient, le droit de s’exprimer. Que penser lorsque cette liberté d’expression est bâillonnée, réglementée suivant des critères dictés par l’autorité en place comme dans les sombres heures des dictatures ?

Les « arts de rue » servent à promouvoir « la rue » comme une source d’inspiration et de création. Ces arts populaires interrogent la rue dans sa fonction d’espace public : comme lieu de rencontres, d’échange, de diversité, d’information, de discussion, comme scène d’expressions libres...
Il s’agit de voir « la rue » comme un lieu d’émergence de créations artistiques variées : « la rue » par essence est un espace de mixité.

Nous sommes tous choqués lorsque des journalistes ou des artistes sont poursuivis, emprisonnés, empêchés d’exercer leur métier par le pouvoir politique dans des pays où la liberté d’expression est inexistante. Le constat est-il différent lorsque, en France et particulièrement à Nice, la censure refait subrepticement son apparition ?

Si cela se passait à Cuba, en Chine ou dans l’ex-URSS nous protesterions pour le droit à la liberté. Et bien cela se passe aujourd’hui dans votre ville, sous vos yeux !

Personne n’a le droit de réguler l’expression artistique, la culture n’a aucune frontière même dans les quartiers de Nice. Christian Estrosi veut encadrer strictement l’activité des artistes de rues. Il veut mettre en place une commission qui sélectionnera les artistes : sur quels critères ? Qui fera partie de cette commission ? Qui jugera de la « qualité » des artistes ? Et que deviendrons les artistes non sélectionnés ? Autant de questions qui restent sans réponse. Faudra t-il plaire au « prince » pour avoir le droit d’exercer son métier ?

Dans le projet d’Estrosi, on mélange un peu tout et on reprend un terme que l’on ressort notamment à chaque élection : l’insécurité. En effet il parait que les artistes de rue menacent « la tranquillité et la sécurité publique » ... Les artistes sont donc potentiellement selon Estrosi des délinquants ! Si c’était le seul danger pour l’avenir de notre ville, la vie serait belle ! Le maire veut-il aussi contrôler nos distractions, définir ce que l’on peut regarder ? La seule limite à la liberté d’expression, telle qu’elle est internationalement reconnue, est l’appel à la haine et au meurtre. Ce n’est surement pas le cas dans les rues de Nice !

Au nom de la sécurité c’est notre liberté que l’on attaque, tous les régimes totalitaires ont contrôlé la liberté d’expression Cela nous ramène à des temps que l’on croyait révolus. C’est la fin de la liberté de création. Le risque est bien sûr qu’à terme toutes ces formes d’expression insolites et spontanées disparaissent des rues de notre ville. Évidemment les divers artistes de rue ne peuvent plaire à tout le monde, et heureusement, car chacun a des sensibilités différentes. Mais nous ne voulons pas d’une ville ou il n’y aurait qu’une seule façon de voir, de penser ou de créer. Nous ne voulons pas de la pensée unique !

« Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et quelque moyen d’expression que ce soit. » (Article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme).

Si vous voulez défendre la liberté d’expression, faites en usage en imprimant et en renvoyant ce tract à :
Christian
Bouffon officiel de la ville de Nice
Mairie de Nice
5 rue de l’Hôtel de ville
06364 Nice cedex 4

Non : Pas d’Art baillonné, à Nice ni ailleurs !
Pour contacter le NPA dans le 06 : http://www.npa06.fr ou 06 14 77 69 83