Résolution du Forum des résistances de Sarajevo Document

, par Collectif

Les organisations et les participants du « Forum des Résistances » qui s’est tenu à Sarajevo les 12 et 13 septembre 2009 ont rédigé la résolution ci-après :

  1. Il est un fait que le monde se trouve aujourd’hui à un tournant, dû à l’échec du système économique, politique, social et culturel néolibéral. Cette faillite postule de nouvelles solutions qui permettraient de dépasser et de résoudre les problèmes issus de la crise du monde moderne.
  2. Cette crise globale se manifeste particulièrement au niveau régional et local ; c’est très évident dans les Balkans, autrement dit dans l’Europe du Sud-Est. L’échec du modèle néolibéral a encore plus aggravé la situation dans ces sociétés, ainsi que dans leurs instances politiques et économiques.
  3. Sous couvert de combat pour l’autodétermination des populations au niveau national, ethnique, religieux et social, les cliques et élites oligarchiques n’ont pour but que de se maintenir indéfiniment au pouvoir, elles sont profondément embourbées dans le magma de la corruption, elles sont incompétentes, n’ont pas de perspectives et s’incrustent dans l’autosatisfaction.
  4. Les cliques et élites oligarchiques, se servent des sentiments nationaux et religieux des citoyens ordinaires pour se maintenir au pouvoir et continuer à gouverner selon des modèles antiprogressistes et antihumanistes.
  5. Depuis ces deux dernières décennies ces cliques oligarchiques ont montré qu’elles étaient représentées au pouvoir par des personnages extrêmement médiocres (Médiocratie). Il est évident que ces élites médiocratiques se maintiennent sur le piédestal du pouvoir grâce aux interventions et au soutien d’éléments étrangers aux Balkans. Il s’agit des intérêts des institutions multinationales, des compagnies et des banques et des forces de stabilisation en Bosnie et Herzégovine et au Kosovo.
  6. Le résultat de tous les facteurs cités ci-dessus a conduit l’Europe du Sud-Est dans une impasse. La classe ouvrière s’est vu retirer tous ses droits et devient dépendante du « dieu » marché néolibéral. Un grand nombre de personnes de pensée critique ont été instrumentalisées par la classe dirigeante. L’intellectualisme n’est plus valorisé et ne se résume quasiment plus qu’à une forme de bureaucratie ou de pensées stériles. Le travail scientifique et éducatif est aujourd’hui en pleine régression.
  7. La crise actuelle du capitalisme est semblable à la crise de 1929 et est un terrain très fertile pour la propagation de mouvements chauvins, nationalistes, fascistes et fondamentalistes.
  8. Comme regroupement de différentes organisations et individus, « le Forum des Résistances » est disponible pour unir tous les mouvements « authentiques », non compromis, progressistes, démocratiques et de gauche en un front unique. La formation d’un « Forum des Résistances » est le premier pas pour la fusion de toutes ces forces.
  9. Le « Forum des Résistances » propose la formation d’un front unique avec les mouvements organisés, avec les syndicats, mais s’oppose à toute forme de non-respect des intérêt de la classe ouvrière. Le « Forum des Résistances » s’engage pour la dignité des conditions de vie des travailleurs et travailleuses.
  10. Le « Forum des Résistances » entend également orienter ses activités en défense des intérêts écologiques.
  11. Il est important d’enrichir et de développer de nouvelles formes de démocratie participative, en particulier dans les sphères de l’économie, comme dans les autres domaines de la vie sociale, par lesquelles les travailleurs et citoyens limitent les pouvoirs de la bourgeoisie et des élites politiques. Le « Forum des Résistances » va travailler au développement de la lutte des classes, de l’activisme et de la solidarité au sein de la classe ouvrière. Une attention particulière doit être portée pour éviter toute mauvaise utilisation de la démocratie participative à l’encontre des intérêts de la classe ouvrière.
  12. Le « Forum des Résistances » crée le « Comité de Coordination pour l’Europe du Sud-Est » (CCESE).
  13. Le « Comité de Coordination pour l’Europe du Sud Est » est ouvert à la collaboration avec les organisations de gauche, progressistes et démocratiques dans les pays du Sud-Est de l’Europe. Il sera le représentant du principal réseau et l’organisation « mère » pour les organisations citées et leurs activités.
  14. Le « Forum des Résistances » constate que sur les territoires de l’ex-Yougoslavie il n’existe aucun parti de gauche qui défende les intérêts de la classe ouvrière.