Acheter à Deux sans Mariage : Indivision ou SCI ? Le Guide Complet pour Faire le Bon Choix

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Acheter un bien immobilier à deux sans être mariés ni pacsés expose à des pièges juridiques que beaucoup sous-estiment. Contrairement aux couples mariés, qui bénéficient d’un régime patrimonial de protection par défaut, les concubins doivent construire leur sécurité dès la signature chez le notaire. Trois architectures juridiques s’offrent à eux : l’indivision, la société civile immobilière (SCI), et la clause de tontine. Chacune répond à des besoins différents selon le montant investi, la structure des apports et les ambitions patrimoniales. Sans choix délibéré, c’est l’indivision qui s’applique par défaut—une solution simple en apparence, mais fragile en cas de conflits ou de décès. Le vrai défi n’est pas seulement de choisir une structure, mais de l’adapter aux réalités financières du couple et de l’anticiper sur 10, 20 ou 30 ans.

Les trois montages juridiques pour acheter à deux sans mariage

Quand deux personnes non mariées achètent ensemble, la loi n’impose aucun régime commun. Il faut donc créer explicitement un cadre juridique, faute de quoi des règles supplétives s’appliquent par défaut, souvent désavantageuses. Ces trois options structurent l’acquisition immobilière : l’indivision, la SCI et la tontine. Comprendre leurs mécanismes respectifs est le préalable à un choix avisé.

L’indivision : simplicité trompeuse et fragilité structurelle

L’indivision s’applique automatiquement lorsque deux personnes achètent un bien sans créer de structure juridique spécifique. Chacun devient propriétaire à parts égales (ou selon la quote-part inscrite à l’acte), sans personnalité juridique distincte. C’est la solution la plus courante en France, notamment pour les premiers achats ou les petits budgets.

Le grand avantage : aucun formalisme, aucun coût administratif hormis la rédaction d’une convention d’indivision optionnelle (500 € environ chez le notaire). Le couple reste libre et discret, sans assemblée générale ni comptabilité complexe. Mais cet avantage apparent cache une vulnérabilité majeure inscrite au Code civil : l’article 815 stipule que nul ne peut être contraint à rester indivisaire. En d’autres termes, n’importe lequel des deux copropriétaires peut, à tout moment, exiger la sortie ou la vente du bien.

En cas de désaccord, le bien reste paralyisé le temps que la justice décide d’un partage forcé. Ces procédures judiciaires s’éternisent (12 à 24 mois), coûtent cher en honoraires d’avocat, et laissent le couple fragilisé. Une convention d’indivision (valable 5 ans, renouvelable) aménage partiellement ce risque : elle permet de désigner un gérant, de prévoir des majorités de vote et d’ajouter des clauses protectrices. Mais elle ne supprime pas le droit fondamental à la sortie.

La SCI : flexibilité contractuelle et lourdeur administrative

La Société Civile Immobilière est une entité juridique indépendante qui détient le bien à la place des acquéreurs. Ces derniers ne sont plus propriétaires directs, mais associés détenteurs de parts sociales, proportionnelles à leurs apports. C’est une architecture beaucoup plus élaborée, souvent réservée aux projets importants ou aux couples avec apports inégaux.

La flexibilité est le grand atout : les statuts peuvent prévoir quasi n’importe quelle règle—les pouvoirs du gérant, les majorités requises pour vendre, l’interdiction de cession des parts à des tiers, ou les droits de préemption. Une SCI permet une gestion fine et anticipe les conflits potentiels. Elle facilite aussi la transmission progressive aux enfants ou à la génération suivante via des donations de parts.

Le revers : les frais de constitution (1 500 à 3 000 € selon les prestataires), une comptabilité annuelle (300 à 800 € par an), et l’obligation d’organiser une assemblée générale au moins une fois par an pour valider les comptes et les décisions importantes. Pour un bien de 200 000 € détenu 15 ans, ces surcoûts ne représentent que quelques pour-cent du prix, mais ils pèsent davantage sur les petits budgets ou les projets de courte durée.

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La fiscalité en SCI offre aussi des leviers. Sous le régime d’imposition sur le revenu (IR), la structure est neutre : chacun déclare sa quote-part des revenus fonciers. Sous l’impôt sur les sociétés (IS), en revanche, la SCI peut amortir le bien et réduire sa base imposable, mais déclenche une plus-value lourde à la revente. Ce choix fiscal doit être mûrement réfléchi dès la constitution.

La tontine : transmission automatique au survivant

La clause de tontine est la moins connue des trois options, mais elle répond à un besoin très spécifique : assurer que le bien revient automatiquement au concubin survivant en cas de décès, sans passer par les règles de succession qui peuvent être désastreuses pour un couple non marié.

En tontine, les deux propriétaires détiennent le bien à titre de « survivancier ». À la mort de l’un, sa part ne se transmet pas à ses héritiers, mais revient intégralement à l’autre. C’est une mécanique simple et puissante, idéale pour les couples sans enfants qui souhaitent se protéger mutuellement. Le coût de mise en place est minimal (200 à 500 € chez le notaire).

Mais la tontine a une limite majeure : au-delà de 76 000 €, la part transmise au survivant est soumise aux droits de succession entre concubins, qui montent à 60 %. Pour un bien de 500 000 €, c’est près de 270 000 € de droits de succession—une somme redoutable. De plus, la tontine n’offre aucune souplesse en cas de séparation ou de projet de transmission progressive. Elle conviendrait surtout aux couples jeunes, sans enfants et modestement endettés.

Comparaison détaillée : frais, gestion, fiscalité et transmission

Le choix entre ces trois formules n’est pas qu’une question de coûts d’entrée. Il dépend aussi de la manière dont on gère le bien au quotidien, de la fiscalité à long terme et de ce qui se passe en cas de séparation ou de décès. Voici une analyse structurée des axes décisifs.

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Investissement initial et frais récurrents : la vraie différence

L’indivision ne coûte rien de plus que l’achat lui-même. Le notaire rédige l’acte de vente standard, inscrit les deux noms au registre foncier et la transaction est close. Si le couple souhaite renforcer la sécurité avec une convention d’indivision, il faut compter environ 500 € chez le notaire pour faire rédiger et enregistrer ce document optionnel.

La SCI, elle, nécessite des investissements préalables bien plus lourds. Il faut rédiger les statuts (200 à 1 500 € selon qu’on passe par un avocat ou un service en ligne), publier une annonce légale dans le journal d’annonces légales (environ 200 €), payer l’immatriculation au greffe du tribunal (66 €) et constituer un capital social (qui peut rester bloqué chez le notaire, sans surcoût direct, mais crée une formalité supplémentaire).

À cela s’ajoutent les frais récurrents : comptabilité annuelle, tenue des registres, publication des comptes en cas de dépassement de certains seuils, et réunion de l’assemblée générale. Ces frais s’échelonnent de 300 à 800 € par an selon la complexité et le prestataire choisi. Sur 10 ans, c’est 3 000 à 8 000 € de surcoûts—à peser contre la souplesse apportée.

Pour un bien acheté à 150 000 € avec intention de le conserver 5 ans, l’indivision coûte moins cher. Pour un projet long terme (15 ans ou plus) avec apports inégaux ou ambition de transmission progressive, la SCI devient rentable malgré ses frais.

Majorités de vote et gestion courante

En indivision simple, sans convention aménagée, les règles sont rigides et souvent bloquantes. Les décisions courantes (entretien, réparations, assurances) peuvent être prises à la majorité. Mais les actes graves—vendre le bien, le mettre en location, ou le modifier structurellement—nécessitent l’unanimité. Une seule personne peut paralyser le projet.

Une convention d’indivision assouplit ce cadre : on peut prévoir une majorité aux 2/3 ou une supermajorité pour certains actes. Mais même aménagée, elle reste moins flexible qu’une SCI. Cette dernière offre une liberté quasi totale : les statuts peuvent fixer n’importe quelle majorité (simple, qualifiée, unanimité) pour chaque catégorie de décision. Un gérant peut être nommé pour les actes courants, tandis que les actes graves sont soumis à l’assemblée générale.

Concrètement, si le couple souhaite rénover, diviser le bien pour créer deux logements, ou mettre à louer, la SCI facilite ces transitions. L’indivision les complique, sauf à avoir une excellente relation et une convention bien rédigée.

Critère Indivision SCI Tontine
Frais de mise en place 0 à 500 € 1 500 à 3 000 € 200 à 500 €
Frais annuels 0 € 300 à 800 € 0 €
Souplesse de gestion Faible Forte Très faible
Sortie en cas de conflit Partage forcé (12-24 mois) Cession encadrée par statuts Quasi impossible
Protection du survivant Aucune (sans testament) Possible via statuts Automatique (sauf droits de succession)
Transmission progressive Limitée Optimale (donations de parts) Aucune
Adapté pour Petits projets, apports égaux Apports inégaux, long terme Couples sans enfants

Fiscalité d’imposition : régime IR vs IS en SCI

En indivision, l’imposition est directe et transparente. Si le couple loue le bien, chacun déclare sa quote-part des revenus fonciers à titre personnel. Si le bien est occupé, il ne génère aucun revenu imposable. Il n’y a pas de « couche » de fiscalité supplémentaire.

En SCI, le choix fiscal est crucial et doit être fait à la constitution. Sous le régime d’imposition sur le revenu (IR), la SCI est transparente : elle ne paie pas d’impôt direct, c’est chaque associé qui déclare sa part des bénéfices. C’est neutre par rapport à l’indivision. Sous l’impôt sur les sociétés (IS), la SCI paie un impôt direct (19 % environ), mais elle peut amortir le bien (déduction annuelle de 1/40 du prix pour un immeuble), réduisant ainsi la base imposable.

Cet amortissement est attrayant à court terme, mais il crée une « réserve latente » de plus-value. À la revente, cette plus-value devient imposable à taux supérieur. Pour un bien acheté 500 000 € et revendu 700 000 € après 15 ans, l’IS génère une imposition sur les 200 000 € de plus-value, majorée par la récupération des amortissements (19 % + 19 % = 38 % environ). En IR, l’imposition ne s’applique que sur les plus-values si location il y a, sinon c’est l’exonération principale de résidence.

Le régime IR en SCI convient aux couples acheminés vers la location long terme. L’IS en SCI convient plutôt aux investisseurs professionnels ou aux transmissions patrimoniales complexes. Pour la plupart des couples non mariés achetant leur résidence, IR reste plus avvantageux.

Apports inégaux et protection : la clause d’emploi, un outil décisif

C’est ici qu’intervient l’une des plus grandes erreurs des couples : inscrire chacun à 50 % dans l’acte d’achat alors que les contributions réelles sont déséquilibrées. Sans précision, la jurisprudence considère par défaut que le bien est partagé en parts égales, indépendamment des apports effectifs. En cas de séparation, celui qui a davantage contribué se trouve dépourvu de preuve et peut perdre des dizaines de milliers d’euros.

Calculer la juste quote-part selon la mise réelle

La quote-part doit refléter la part proportionnelle de chacun dans le financement total du bien. Ce financement inclut le prix d’achat, les frais de notaire (7 à 8 %), les frais d’agence (3 à 6 %), et les travaux initiaux si le bien en nécessite.

Supposons un bien à 300 000 €, avec frais notaires de 24 000 € et pas de travaux initiaux. Le coût total est 324 000 €. Alice apporte 100 000 € (héritage personnel) et emprunte 150 000 € qu’elle remboursera seule. Bob apporte 50 000 € et emprunte 124 000 € qu’il remboursera seul. Le calcul de la quote-part doit intégrer ces deux éléments : apports personnels initiaux et engagement de remboursement du crédit sur la durée.

Si on ignore le crédit et on ne regarde que les apports immédiats (100 000 + 50 000 = 150 000 pour un bien coûtant 324 000), Alice est créancière de la différence (174 000 €). Cela complique le calcul. La meilleure approche : envisager la quote-part en deux temps. Au moment de l’achat, chacun apporte sa part. Ensuite, les mensualités du prêt remboursées par chacun modifient progressivement la part dans le patrimoine commun du couple.

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Si les prêts sont contractés personnellement (ce qui est courant), chacun accumule de l’équité. Alice, qui a emprunté 150 000 €, remboursera ces 150 000 € progressivement. Bob, qui en a emprunté 124 000 €, en fera autant. À la fin du crédit, Alice a davantage contribué à la maison que Bob. Ignorer ce détail expose à des litiges lors de la séparation.

La clause d’emploi pour sécuriser un apport personnel

La clause d’emploi (ou de remploi) est un dispositif simple mais redoutablement efficace. Elle figure dans l’acte notarié et précise que telle somme (par exemple « 100 000 € ») provient des fonds personnels d’Alice, antérieurs à la relation (héritage, donations familiales, économies d’avant), et lui sera restituée prioritairement en cas de revente ou de séparation.

Concrètement, si le bien est revendu 450 000 € (gain de 150 000 €), la clause d’emploi protège les 100 000 € d’Alice : elle les récupère d’abord, puis le gain (150 000 €) est partagé à parts égales ou selon la quote-part convenue. Sans cette clause, les 100 000 € d’Alice se diluent dans le pot commun et ne sont plus identifiables en cas de conflit. La preuve de l’apport personnel devient très difficile à établir.

Cette clause coûte entre 50 et 150 € au notaire (simple ajout à l’acte), mais elle sauve parfois des situations. Elle est particulièrement utile quand l’un des partenaires apporte un héritage ou une donation et souhaite la protéger. Elle convient aussi aux couples avec apports très inégaux où l’un craint de perdre son épargne en cas de rupture.

Important : la clause d’emploi ne modifie pas la quote-part de copropriété. Elle crée simplement une créance prioritaire à l’apporteur, sans toucher à la gestion courante du bien. C’est un outil d’équité personnelle, pas d’architecture juridique du bien.

Séparation, décès et sortie d’indivision : les scénarios critiques

C’est quand la relation se fissure ou que le malheur frappe que la structure juridique révèle son vrai poids. Les trois montages n’offrent pas du tout la même protection dans ces moments de crise.

Partage amiable vs partage judiciaire en indivision

Quand deux indivisaires ne s’entendent plus et que l’un veut vendre tandis que l’autre souhaite garder, le chemin peut bifurquer. Si le couple conserve une certaine civilité, un partage amiable reste possible : l’un rachète la part de l’autre (avec expertise d’un bien-fonds pour évaluer la juste valeur), ou le bien est vendu et le produit partagé selon les quotes-parts. Le notaire facilite cette transaction, et les frais restent raisonnables (1 500 à 3 000 €).

Mais si le conflit s’envenime, c’est le tribunal judiciaire qui tranche. Le bien peut être ordonné à la vente d’office, ou l’un des indivisaires peut être contraint à rester copropriétaire dans un partage forcé. Cette procédure judiciaire s’éternise : compter 12 à 24 mois, des honoraires d’avocats (5 000 à 15 000 €), et un climat empoisonné jusqu’au bout.

Pendant tout ce temps, le bien reste gelé. On ne peut pas le rénover, le louer, ou le vendre sans autorisation de justice. C’est une situation très inconfortable, notamment si l’un des deux a besoin de liquidités ou d’un nouveau projet immobilier.

Cession encadrée en SCI : protection contre les intrus

En SCI, le mécanisme est différent. Les parts sociales ne sont pas transférables librement : les statuts imposent généralement un agrément des associés ou un droit de préemption aux autres associés. Si l’un des deux souhaite partir, il doit proposer ses parts aux autres dans les formes prévues. L’autre associé peut les acheter, ou même bloquer la cession si les statuts l’y autorisent.

Cela offre une certaine protection (on évite qu’un tiers indésirable n’entre dans la SCI en épousant l’un des associés, par exemple), mais peut aussi paralyser une sortie souhaitée. Si le couple se sépare et que l’un des deux refuse de racheter la part de l’autre, cette dernière reste bloquée. La seule issue est une mise en vente forcée de la SCI elle-même, soumise aux mêmes délais judiciaires que l’indivision, mais avec une couche de complexité supplémentaire (liquidation de la SCI, puis vente du bien).

Autrement dit, la SCI protège mieux contre les conflits de principe, mais peut aussi piéger celui qui veut s’en aller rapidement. C’est pourquoi les statuts doivent être rédigés avec soin : prévoir des majorités de rachat, des formules de prix (ex. : évaluation par expert tiers), et des conditions de sortie claires.

Le vrai danger : le concubin survivant face aux droits de succession

C’est la faille majeure du couple non marié. Quand l’un des deux décède, le survivant n’hérite de rien sans testament explicite. Pire : les droits de succession entre concubins montent à 60 % au-delà d’un abattement de seulement 1 594 €. Pour un bien commun de 500 000 € ou pour une assurance-vie de 200 000 €, le survivant doit débourser des dizaines de milliers d’euros pour rester propriétaire ou en bénéficiaire.

En indivision simple, si l’un meurt intestat (sans testament), sa part devient propriété de ses héritiers légaux (parents, enfants, etc.), non du concubin. Le bien se retrouve en indivision complexe : le survivant partage désormais avec les héritiers du décédé. Si le décédé avait des enfants d’une relation antérieure, le survivant se trouve codemandataire avec des tiers. C’est du cauchemar pour les transactions futures.

La SCI n’échappe pas à cette règle, mais elle offre plus de souplesse pour l’anticiper : les statuts peuvent prévoir des droits de préemption favorables au survivant, ou une donation de parts de son vivant peut réduire la succession au moment du décès.

La tontine, elle, transmet automatiquement la part du décédé au survivant, sans passer par la succession. Mais au-delà de 76 000 €, cette transmission est taxée à 60 %, ce qui reste très lourd. Pour les couples sans enfants et avec un petit patrimoine, c’est une protection satisfaisante. Pour ceux avec enfants ou patrimoine important, ce n’est pas suffisant.

Les trois protections indispensables du concubin survivant

Quelle que soit la structure choisie (indivision, SCI, tontine), trois outils doivent toujours être mis en place pour sécuriser le survivant face aux droits de succession.

1. Le testament croisé : chacun lègue la quotité disponible à l’autre (ce qui représente généralement entre 1/3 et 1/2 du patrimoine, selon les enfants). Ce testament n’annule pas la réserve héréditaire des enfants, mais elle assure que le concubin reçoit sa part avant les autres héritiers. Son coût : 200 à 500 € chez le notaire pour une rédaction classique. Sans testament, le survivant peut se retrouver à attendre que les héritiers du décédé acceptent ou refusent la succession avant de connaître son sort.

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2. L’assurance-vie avec clause bénéficiaire : une assurance souscrite au nom du concubin, avec le conjoint concurrent (le partenaire du couple) désigné bénéficiaire. Cette assurance s’exécute hors succession et n’entre pas dans le patrimoine commun. Les primes versées ne sont pas taxées dans la succession et les capitaux transmis au bénéficiaire sont exonérés (jusqu’à 152 500 € par assureur si l’assuré décède avant 70 ans, selon la loi Murcef). Pour un couple non marié avec patrimoine de 400 000 €, une assurance-vie de 100 000 à 150 000 € peut faire la différence en cas de décès. Coût : moins de 50 € par mois pour une assurance-vie en euros classique à cet âge.

3. La donation de son vivant en SCI (optionnel mais puissant) : en donnant progressivement des parts de la SCI à son partenaire ou ses enfants de son vivant, on réduit le patrimoine successoral du décédé. Chaque parent peut donner 100 000 € à chaque enfant tous les 15 ans sans droits de donation. Cette mécanique n’existe pas en indivision simple, puisqu’on y partage des parts indivisibles.

Sans ces trois outils, un couple non marié est profondément exposé au décès de l’un d’eux. Les frais de succession peuvent atteindre 60 % du bien commun, et le survivant risque de ne plus pouvoir payer le crédit ou les dépenses courantes.

Comment choisir : les critères décisifs pour votre situation

Au-delà des descriptions techniques, le choix repose sur trois variables : le montant du projet, la structure des apports, et votre vision à long terme. Voici une réflexion guidée pour trancher.

Le montant du bien et l’horizon temporel

Pour un bien de moins de 200 000 €, avec un couple ayant des apports à peu près équivalents et l’intention de le conserver 5 à 7 ans, l’indivision simple fait sens. Les frais de SCI (1 500 à 3 000 € de départ + 300 € par an) représenteraient 10 à 15 % du surcoût patrimonial, ce qui est trop lourd. Une convention d’indivision simple (500 €) suffit à ajouter quelques garde-fous contre les risques de blocage.

Pour un bien de 300 000 € ou plus, avec apports inégaux, ou avec l’intention de le conserver 15 ans ou davantage, la SCI devient attractive. Les surcoûts administratifs se diluent dans le temps et le bien commun. De plus, si l’un des partenaires a des enfants d’une relation antérieure ou envisage des donations futures, la SCI offre une flexibilité sans égale pour la transmission partielle ou conditionnelle.

L’horizon temporel joue aussi sur la fiscalité. Un couple qui achète son résidence pour y rester 25 ans ne subit pas l’imposition sur la plus-value à la revente (exonération principale de résidence). L’intérêt fiscal de la SCI diminue. Mais un couple qui achète un petit immeuble locatif, ou un bien d’investissement à louer, verra la SCI en IR ou IS compense les surcoûts par une meilleure gestion de la fiscalité foncière.

Apports inégaux : quand la clause d’emploi ne suffit plus

Quand l’un apporte 200 000 € et l’autre 50 000 € pour un bien de 300 000 €, la clause d’emploi protège partiellement l’apporteur majeur. Mais elle crée aussi une relation déséquilibrée : Alice reste créancière de facto, et toute décision sur le bien nécessite l’accord de Bob. Cela peut créer des frictions.

Une SCI permet de canaliser cette inégalité de manière plus transparente. Alice souscrit 200 000 € de capital (2 000 parts), Bob 50 000 € (500 parts). Alice dispose de 80 % des voix. Si les statuts le prévoient, elle seule peut décider de la gestion courante. Cela reconnaît explicitement son rôle prédominant sans en faire un secret ou une frustration chronique.

De plus, si l’un des deux décède, la SCI permet à l’apporteur dominant de reprendre le bien sans que l’héritage ne se morcelle entre plusieurs héritiers. C’est un avantage non négligeable.

Enfants et transmission : la question clé

Si l’un ou l’autre partenaire a des enfants d’une relation antérieure, la structure juridique change tout. En indivision, les enfants du décédé héritent de sa part de copropriété. Le survivant se retrouve copropriétaire avec des enfants de son partenaire—une situation potentiellement tendue.

En SCI, on peut prévoir que seules les parts transmises en cas de décès vont aux enfants, tandis que le bien opérationnel reste contrôlé par le survivant (via une majorité de voix aux statuts). On peut même organiser des donations partielles de son vivant : chacun donne 30 000 € de parts à ses enfants tous les 15 ans, ce qui protège cette fraction du patrimoine tout en laissant la maison commune à l’usage du couple vivant.

La tontine, elle, exclut totalement les enfants de cette transmission puisque le survivant récupère tout. C’est le montage inverse : excellent pour protéger le couple, mauvais pour les enfants qui espéraient hériter.

Points de contrôle avant de signer chez le notaire

  • La quote-part et ses justificatifs : vérifiez que chacun apporte ce qu’il déclare et que cet apport soit inscrit à l’acte notarié (pas seulement un accord verbal).
  • La clause d’emploi si apports inégaux : demandez au notaire de l’insérer automatiquement. Son absence expose à des litiges futurs.
  • La convention d’indivision ou les statuts de SCI : relisez-les avec un notaire ou un avocat. Ne signez pas à la volée.
  • Les majorités de vote et conditions de sortie : assurez-vous que les règles de décision correspondent à votre intention (gestion partagée vs contrôle dominant).
  • Les testaments croisés et l’assurance-vie : mettez-les en place immédiatement après la signature. Ne tardez pas.
  • La fiscalité future : si SCI, précisez dès la constitution si vous choisissez IR ou IS. Ce choix ne peut pas être changé facilement après.

Acheter à deux sans mariage exige donc plus de vigilance que de se marier, mais offre aussi plus de liberté dans le cadre à créer. Une bonne structure ne coûte que quelques centaines d’euros de plus et peut économiser des dizaines de milliers d’euros en cas de crise. Pour approfondir le sujet de la gestion du patrimoine et des investissements à long terme, ou pour explorer comment choisir le logement neuf pour un premier achat immobilier, des ressources complémentaires peuvent éclairer votre projet selon votre situation personnelle.

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