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Entretien avec Catherine Bordet

dimanche 6 avril 2008, par BORDET Catherine

PRS : Un an après la victoire du non, quel bilan politique tires-tu ?

Au niveau des organisations politiques, je pense que tout le monde a bien compris qu’il y avait une vraie volonté anti-libérale. Il y a peut être des différences dans le pluralisme de gauche et un véritable clivage gauche/droite se dessine. Un autre bilan que l’on peut faire, c’est que les politiques des organisations qui commencent à comprendre que les citoyens s’intéressent à la politique et avec un peu de chance on va penser à réorganiser autrement le fait politique, la façon de faire de la politique et les interventions et les participations des citoyens.

PRS : Penses-tu que les différentes composantes du Non de gauche ont une responsabilité commune ?

Oui. Je pense que le vote non à la constitution est un vote anti-libéral. Donc les organisations de gauche ont une responsabilité anti-libérale à assumer. Est-elle commune ? A partir du moment où ils se disent clairement anti-libéraux, je pense que leur responsabilité est de se rassembler ensemble et de tenter de faire des choses. Pour être militante mais aussi pour avoir ma carte d’électeur depuis quelques temps maintenant, je sais qu’il y a une différence entre ce qui est dit et ce qui est fait. La responsabilité doit se trouver dans la conscience qu’il y a une force anti-libérale en France et qu’il faut la prendre en compte. Maintenant la responsabilité à l’intérieur des organisations est dans l’honnêteté de ce que l’on dit et de ce que l’on fait. Le fait de se rassembler ne peut pas se faire dans n’importe quelle condition.

PRS : Penses-tu que la gauche anti-libérale peut être majoritaire dans les urnes en 2007 ?

Il y a des clivages politiques entre une gauche/centre et une droite/extrême droite, mais majoritairement à gauche, une candidature de la gauche anti-libérale sera majoritaire à gauche.

PRS : Comment traduire politiquement le vote populaire du 29 mai 2005 ?

Le non était un vote populaire, un vote de classe. On se rend bien compte que les personnes qui ont voté non sont des personnes qui galèrent à la fin du mois. Il faut donc un rassemblement unitaire anti-libéral car il me semble que tous les partis peuvent trouver des convergences avec un programme de gauche.


Article paru sur le site Pour la République sociale, dossier “29 mai 2006 : un an après la victoire du non”.