En campagne pour un parti anticapitaliste, un parti des travailleurs

, par COLEMAN Franck

Le 1er congrès dans le processus de construction du nouveau parti anticapitaliste approche. C’est une étape décisive pour permettre à tous celles et ceux qui veulent prendre leur place dans cette bataille pour un nouveau parti représentant le monde du travail de se retrouver ensemble, de militer à égalité autour du même programme, d’agir, discuter, décider collectivement de leur intervention dans les luttes, et des étapes suivantes. Ce processus ne fait que commencer, tant il est vrai que ce parti n’est pas une fin en soi, mais un instrument pour l’émancipation des travailleurs par eux-mêmes, qui se transformera sous les effets mêmes des progrès de la lutte des classes.
La préparation de ce congrès, c’est une campagne pour l’affirmation d’une force anticapitaliste pour la transformation révolutionnaire de la société, qui apporte des réponses politiques face à la bourgeoisie, à sa faillite, à la récession. Travailleurs, jeunes, peuples de tous les pays, tous nous payons les frais des prétendus plans de relance qui ne visent qu’à détourner l’argent de la collectivité vers les multinationales de la finance et de l’industrie, alors que les progrès du travail ont abouti à une production de richesses sans précédent.
Contre ces injustices, la vague de révolte de la jeunesse grecque aux côtés des luttes des travailleurs montre le chemin de l’avenir, le refus de se résigner, parce qu’il n’y a pas une fatalité des lois économiques. La responsabilité des maîtres du monde, leur incapacité à mener une politique qui correspond aux intérêts de toute la société sont évidentes, comme leur seul souci de préserver leur richesse, leur domination, leur pouvoir. La contestation s’approfondit, l’idée qu’il n’y a pas d’issue à cette crise sans fin si on ne s’attaque pas aux intérêts des classes dominantes capitalistes gagne de plus en plus de terrain.
Nous voulons œuvrer à aider cette révolte grandissante à s’organiser, unir ses forces, être en mesure d’agir pour la convergence des luttes, seule capable de changer le rapport de force et d’imposer des mesures d’urgence pour faire face au recul social.
Nous voulons un parti qui soit un facteur d’unité pour dépasser les clivages, construire des fronts de lutte en faisant vivre dans les mobilisations la démocratie pour que les salariés et les jeunes prennent leurs affaires en main, discutent et décident ensemble. C’est cette démocratie qui donne la force et la légitimité de contester le pouvoir des patrons et des institutions, pour aller demain vers une autre forme de pouvoir, celui des travailleurs.
Pour construire la riposte nécessaire, nous voulons permettre aux militants de la gauche institutionnelle et des syndicats qui en ont assez de la politique de leurs directions, de se regrouper, en s’engageant ensemble dans les mobilisations. Beaucoup discutent avec nous de la crise de leurs organisations, écœurés par les luttes de pouvoir et l’absence de perspective pour changer la société, et ils s’ouvrent à la discussion sur notre programme, la rupture avec le capitalisme et les institutions, ce qu’elle signifie concrètement, qu’est-ce que veut dire contester la propriété privée des moyens de production et les États qui la défendent, ce que serait le pouvoir des travailleurs, la conquête de la démocratie par et pour tous.
Avec les anticapitalistes, les révolutionnaires, nous défendons la nécessaire unité de nos forces dans un cadre démocratique, comme avec les militants de Lutte ouvrière, dont la direction n’en finit plus de tanguer entre son opportunisme des élections municipales et le sectarisme vis-à-vis du mouvement social et de notre initiative.
Plus largement, l’urgence est de réussir à mobiliser pour que cette première étape soit un succès, affirmant la perspective d’un parti anticapitaliste, un parti des travailleurs.
Nous souhaitons que le plus possible de camarades, de proches, qui partagent ce projet, sur les lieux de travail, dans la jeunesse, dans les quartiers, prennent leur carte de membres fondateurs, participent aux débats et aux initiatives, sans élitisme militant. C’est le vrai point d’appui pour permettre un nouveau développement après cette étape du congrès. Surtout, c’est ce qui donne au parti en construction son assise démocratique, s’appuyant sur la réalité militante de milliers de camarades, salarié-e-s, chômeurs-es, jeunes, retraité-e-s, sur les lieux de travail, au pied des cité ou dans les quartiers, dans tel ou tel association ou syndicat. Le contenu réel de notre programme, la perspective d’une transformation démocratique et révolutionnaire pour le socialisme, c’est cette réalité humaine, sociale, militante.