Pour relever les défis, nous avons besoin d’une ligne politique

, par BOULET Vincent, CALARET François, ERNIS Michelle, FARADJI Alain, LAMONTAGNE Djamila, LEVEDER Bruno, MALAISÉ Céline, PICQUET Christian, SITEL Francis, STEINAU Lars, TAMERLAN Patrick

Nous avons toujours défendu l’idée d’un dépassement de la LCR dans une force politique large luttant pour un socialisme démocratique. De ce point de vue, même s’il faudra prendre le temps d’un bilan détaillé du congrès fondateur du NPA, on peut d’ores et déjà tirer comme conclusion provisoire que les craintes que nous avions émises se sont révélées fondées, au-delà même des pronostics les plus pessimistes. Sur les délimitations programmatiques du nouveau parti, la confusion la plus totale se perpétue.

Sur la stratégie, ni les textes adoptés, ni le « discours inaugural » d’Olivier Besancenot ne permettent de répondre aux problèmes nodaux que doit se poser un parti digne de ce nom : quelle est la visée du NPA, quelle est sa perspective de pouvoir, quelles voies envisage-t-il pour y parvenir ? En matière d’orientation pratique, de relation au mouvement social, de positionnement dans les luttes et pour contribuer à leur dégager un horizon, de contribution à la construction d’un syndicalisme d’unité et de combat, d’engagement dans l’émergence d’organisations de masse à vocation majoritaire dans la société ou le salariat, nous sommes en présence d’une régression sur les apports les plus positifs de la LCR.

Concernant le choix fondateur qu’avait à faire ce congrès, à savoir chercher à donner un début de réponse politique à la radicalité sociale à l’occasion de l’échéance des européennes, c’est une ligne de fermeture qu’est parvenue à imposer la direction du NPA (mais l’on devrait plutôt parler de l’ex-noyau dirigeant de la LCR, qui exerce une totale prépondérance sur la direction officielle du NPA). Enfin, cerise sur le gâteau, sur le plan précisément des pratiques directionnelles, le congrès fondateur se sera achevé sur un déni de démocratie, une violation des principes statutaires, dont l’unique objectif était de réduire au silence la minorité « unitaire ». Autrement dit, tout ce qui avait contribué à faire de la LCR une organisation ouverte, en prise sur les réalités extérieures du mouvement ouvrier et de la lutte des classes, porteuse d’une nouvelle offre transformatrice pour la classe travailleuse, profondément démocratique dans ses règles de fonctionnement, se trouve ce faisant liquidé. Sans que le NPA, sur aucun des aspects qui viennent d’être évoqués, ne traduise une avancée prometteuse.

Au fond, en pointillé, la carte d’identité du nouveau parti renvoie à ce qu’ont anticipé Bensaïd et Besancenot dans leur ouvrage commun, Prenons parti : le NPA est confirmé comme le parti des luttes ; il se définit moins par son programme que par sa vision extrêmement propagandiste du socialisme du XXI° siècle ; les odes à Che Guevara et à Louise Michel viennent asseoir une approche stratégique où la question du pouvoir procédera simplement de la dynamique des luttes et de la grève générale, le problème de la démocratie devenant finalement très secondaire ; le NPA est, à lui seul, l’« outil politique à la mesure des défis de l’époque [pour ne plus] laisser la politique à ceux qui en font profession(et souvent profit) [et parce que l’idée d’une] nouvelle gauche révolutionnaire a fait son chemin ».

Il est cependant au moins possible de dégager deux enseignements positifs (et, hélas, deux seulement) de cette échéance : nous sommes parvenus (ce qui n’était pas gagné d’avance) à faire de la question des européennes, c’est-à-dire d’un choix stratégique majeur pour l’avenir du NPA, le débat ayant focalisé le congrès ; nous avons contribué à ce qu’un nombre significatif de délégués se prononce en faveur du rassemblement de la gauche de gauche, dessinant dans les conditions difficiles de ce congrès (sous-politisation, dispersion des votes sur des sujets d’importances inégales, absence d’expérience démocratique de nombreux participants...) une « sensibilité » (pas encore un courant ou une tendance, loin de là...). Cela confirme le bien-fondé des choix que nous avions faits, en refusant l’option d’une affirmation cristallisée autour d’Unir – qui nous aurait immanquablement marginalisés – et en concentrant la bataille de clarification sur le seul point du scrutin de juin prochain.

Nous arrivons à présent à un moment où il nous faut faire des choix clairs. La « feuille de route » qui était la nôtre jusqu’au premier week-end de février est désormais caduque. Le courant que nous avons représenté ne peut demeurer dans le brouillard, se réfugier dans une attitude consistant à « attendre et voir », selon la formule consacrée. Ayant contribué à animer Unir depuis sa création, ainsi que la plate-forme B des deux derniers congrès de la LCR, ayant sur la base des mandats définis en commun largement participé à l’apparition de la « sensibilité unitaire » au congrès constituant du NPA, nous ne pensons absolument pas responsable de laisser dans un flou artistique les objectifs de la démarche que nous croyons nécessaire de définir présentement. Le risque serait, en effet, que nombre de nos camarades se démoralisent ou fassent des choix purement individuels. C’est ce qui nous amène à proposer une ligne politique à même de préserver le capital que nous avons collectivement accumulé ces dernières années et de peser collectivement sur les débats et réorganisations dont peut naître une gauche de gauche dans l’avenir.

Au sortir de la fondation du NPA, pour déterminer ce que seront nos choix des prochaines semaines, il est nécessaire d’apporter une réponse claire à trois questions essentielles : ce parti peut-il retrouver un cours positif ? Peut-il encore être un point d’appui (à défaut d’être un outil performant) pour la reconstruction d’un mouvement ouvrier sur des bases de transformation sociale radicale et pour l’émergence à terme d’une nouvelle représentation politique du monde du travail ? Existe-t-il en son sein un cadre démocratique suffisant pour permettre à une minorité, non seulement d’affirmer un point de vue (ce qui est une ambition par trop étriquée, sauf à résumer sa démarche à une longue marche à l’aboutissement aléatoire), mais de peser sur les décisions et, surtout, de pouvoir agir sur sa propre orientation, y compris sur un plan public ?

À ces trois questions, les réponses ne peuvent être que négatives. D’abord, le refus de la proposition d’un front de gauche, et plus encore les arguments d’un sectarisme invraisemblable qui ont sous-tendu cette décision, sciemment encouragés par l’attitude du bloc dirigeant ex-LCR, constituent bel et bien (comme nous l’avions d’ailleurs dit dans le rapport à notre réunion de décembre) l’acte fondateur du NPA ; il va en effet donner le ton, sans retour en arrière possible (sauf, évidemment, crise majeure qui ne pourra être provoquée que par des circonstances externes), à l’action concrète du NPA sur toute la séquence politique qui mène à 2012. Ensuite, c’est bien la ligne de rupture avec « le centre de gravité du mouvement ouvrier organisé » qui vient de s’imposer, et cela aura pour conséquence que la direction du nouveau parti va désormais s’atteler à détruire tout ce qui lui apparaîtra comme une menace pour le monopole dont elle entend disposer sur l’espace à gauche du Parti socialiste. Enfin, la décapitation de la « sensibilité européenne », avant même que celle-ci ait eu le temps de se former et au prix d’une violation délibérée de statuts à peine adoptés, témoigne de la volonté d’empêcher coûte que coûte l’émergence d’une opposition structurée qui viendrait gêner une direction qui n’est plus mue que par des calculs tacticiens (pour ne pas dire électoraux, chacun percevant bien, désormais, que la candidature présidentielle d’Olivier Besancenot en 2012 surdétermine les décisions prises aujourd’hui)) et a sciemment choisi de liquider le meilleur de l’héritage de la LCR (les arguments du bloc dirigeant, selon lesquels il n’était pas question de tolérer la reproduction des « mauvaises habitudes » de la LCR, signent à cet égard son authentique dégénérescence).

Naturellement, la base militante du NPA n’est pas réductible à sa direction. D’évidence, la force propulsive présente du NPA lui vient de la volonté d’une série d’adhérents, effectuant souvent là leur première expérience militante, de s’engager en politique (phénomène qui n’existe d’ailleurs pas qu’au sein du NPA, d’autres organisations en bénéficiant aussi, à un moindre degré, comme le PG). De même, une substantielle minorité s’est opposée à la logique du repli et à la destruction recherchée de toute possibilité de rassembler la gauche de gauche. Cela dit, d’une part, les actes fondateurs, sectaires et gauchistes, posés à l’occasion de ce congrès vont marquer pour une longue période les pratiques et le fonctionnement du parti, et ils vont même déterminer sa place sur le champ politique à gauche. Avec des effets possiblement catastrophiques, non seulement sur l’émergence d’une gauche de gauche apte à peser sur l’avenir, mais encore sur le parti lui-même, dès lors que sa politique aventureuse l’amènera inévitablement à des fautes majeures ou qu’elle révèlera ses impasses. Encore une fois, on ne peut exclure qu’une crise d’ampleur vienne rouvrir les contradictions traversant cette formation et son groupe dirigeant, mais elle surviendra d’abord de l’extérieur. D’autre part, la « sensibilité européenne » demeure hétérogène, la conscience de la gravité de ce qui s’est passé à la Plaine-Saint-Denis n’est pas partagée par l’ensemble de celles et ceux qui ont voté l’amendement de Clermont-Ferrand ou d’autres textes similaires (il n’est pour s’en convaincre que de relever l’écart entre le nombre de délégués réunis sur le texte favorable à l’unité et la taille bien plus modeste des réunions de la « sensibilité » durant le congrès). Surtout, soyons conscients que l’enclenchement de la bataille des européennes - d’ici la fin février - va représenter un obstacle de taille à sa structuration : la direction ne manquera ainsi pas d’exercer sur elle le chantage à la division du parti, d’en appeler au patriotisme d’organisation contre les « liquidateurs » ou les « opportunistes » qui ne rêveraient que de se « mettre en travers » de la route pavée de roses du NPA (l’efficacité de ce genre d’argumentation se ressentant déjà au travers des messages d’une fraction des délégués ayant voté en faveur de l’unité).

Dans ces conditions, concevoir notre positionnement comme si nous militions encore à la LCR (par exemple, au plus fort moment de la bataille de 2006 pour les candidatures unitaires) relèverait d’une illusion. Le NPA n’est ni la LCR, ni même son prolongement hybride. Nous ne pouvons donc concentrer notre action sur la seule construction de long terme d’un courant interne, ainsi que nous l’avons fait, des années durant, dans une organisation qui possédait une tout autre tradition démocratique, ainsi qu’un patrimoine programmatique et un corps de références historiques soudant ses militants par-delà les fortes divergences qui les opposaient.

Dans la Ligue, nous pouvions espérer, du moins jusqu’à ce qu’elle soit pratiquement désintégrée au terme d’une manœuvre directionnelle dont la finalité était de la priver de tout rôle de contre-poids dans le processus de construction du NPA, infléchir le cours des choses, provoquer des redistributions de cartes internes (comme nous y étions partiellement parvenus entre janvier et juin 2006, en cristallisant une « LCR-Unitaire »). Rien de tel dans le NPA d’aujourd’hui. Il nous faut nous montrer conscient que le seul point sur lequel s’est retrouvé le millier d’adhérents ayant voté en faveur de l’amendement de Clermont-Ferrand (ou de textes voisins) concerne la question de l’unité aux européennes. Doter cette « sensibilité » de fondements plus solides et durables demandera, à la fois, la chaleur d’une expérience commune et de longs débats clarificateurs. Sans la moindre certitude que nous y parviendrons... En attendant, les élections européennes se seront déroulées et elles peuvent parfaitement s’achever sur un nouvel échec infligé à une tentative de réorganiser l’espace politique à gauche du PS, voire sur une catastrophe dont les effets pourraient se faire sentir sur une longue période (avec un PS restant dominant sans être pour autant assuré de disposer des moyens d’être une force d’alternance en 2012, et une gauche de gauche démantelée autant que réduite au témoignage).

Donner un prolongement à notre bataille du congrès du NPA, offrir une perspective politique à la « sensibilité européenne » et assumer les responsabilités qui sont celles d’Unir (courant qui a joué un rôle important lors du congrès du NPA), passe par l’engagement au sein du front de gauche en cours de constitution. Ce choix résulte simplement de la configuration qui va s’imposer dans quelques jours seulement, lorsque le NPA aura définitivement fermé la porte de l’unité : d’un côté, s’affirmera une froide logique de division et de destruction ; de l’autre, se présentera une possibilité, fragile certes et traversée de contradictions, mais aussi potentiellement porteuse d’une certaine dynamique et susceptible de faire bouger les lignes à gauche. Le fait que les Alternatifs et, depuis peu, la Fédération, sans oublier une fraction de la gauche des Verts et une série de secteurs syndicaux aient choisi de s’insérer dans le front de gauche confirme les termes du choix à effectuer. La neutralité est, de ce point de vue, impossible. Et la résignation à mener la campagne du NPA, quoi qu’il en coûte, n’est pas davantage une option envisageable, sauf à renier tout ce pour quoi nous nous sommes battus depuis des années.

Il nous faut donc, d’un même mouvement et quelles que soient les difficultés, conduire au sein du NPA le débat de bilan du congrès constituant, participer (pour celles et ceux qui y ont été « désignés ») à la première réunion du CPN pour y contester avec toute la vivacité possible le choix qui y sera présenté de tourner le dos à la seule perspective correspondant aux intérêts de la classe travailleuse, commencer à structurer la « sensibilité européenne », et convaincre la plus grande partie de celle-ci de devenir au plus vite l’une des composantes du front de gauche. Cette démarche n’est que le prolongement du combat pour l’unité jusqu’au bout : c’est parce que les « unitaires » ne se résignent pas à voir le NPA commettre une faute irréparable que, jusqu’au dernier instant, ils doivent s’efforcer de réunir les conditions du rassemblement de l’ensemble des composantes de la gauche de gauche ; et c’est en fonction de cette approche qu’ils prendront immédiatement leur place au sein du front unitaire. C’est de cette unique manière qu’il deviendra possible d’établir une cohérence entre le combat que nous avons mené pour faire émerger du NPA un courant de militants agissant à la fois pour le rassemblement de la gauche de gauche, et l’insertion dans une tentative pratique d’opérer un début de redistribution des cartes sur le champ politique. C’est aussi de cette unique manière, en ayant une politique offensive et à la cohérence visible, qu’il sera possible de répondre aux tentations (qui vont être très fortes) du découragement, aux départs individuels ou à la résignation face à un bloc dirigeant agissant selon la méthode du coup de force permanent.

Soyons parfaitement conscients que, de notre participation au front de gauche, en toute conscience qui se présenteront, va pour partie dépendre la dynamique politique et militante dont ce dernier bénéficiera. L’expérience de la tentative d’aboutir à des candidatures unitaires, en 2006, a suffisamment prouvé que, même en petit nombre, même sans être un parti, il était possible d’influer fortement sur des constructions politiques impliquant plusieurs milliers de militants et s’adressant « grand angle » au peuple de gauche. De nouveau, dans des conditions certes différentes, il nous appartient aujourd’hui de peser sur les délimitations programmatiques du rassemblement, d’être un trait d’union permettant au plus grand nombre possible de composantes de la gauche de gauche de s’intégrer au front (comme mentionné, les Alternatifs sont sur le point de le faire, la Fédération et une fraction de la gauche des Verts aussi, ainsi que les communistes unitaires ; des initiatives de regroupement locales s’opèrent comme à Marseille ; notre présence - avec la symbolique qui l’entourera - aidera toutes ces forces à se coaliser), de pousser partout où nous sommes à la création de véritables collectifs militants, d’agir de telle sorte que la campagne devienne un jalon vers la formation du parti large qui est notre fil à plomb stratégique.

Nous sommes, à cet égard, contraints de faire le pari qu’une campagne réussie pour les européennes, une dynamique favorisant le frottement de traditions et de cultures différentes reposeront, en des termes nouveaux, la questions essentielle d’une nouvelle force politique, d’un parti large et pluraliste à même de changer le rapport des forces dans le mouvement ouvrier. Même si nous devons affronter de bien mauvais procès qui nous accuseront de préférer le Parti de gauche ou le Parti communiste au NPA. C’est en fonction de notre analyse des enjeux fondamentaux du rendez-vous politique qui s’annonce, et dans des circonstances que nous n’avons pas choisies, que nous sommes amenés à prendre nos responsabilités et à mettre notre projet stratégique en accord avec nos engagements pratiques.

Le courant Unir de la LCR n’a plus d’existence, dès lors que cette dernière s’est dissoute. Une association politique reprenant l’essentiel des acquis d’Unir, en revanche, a plus de raisons que jamais de se structurer, de se développer, de recruter. Comme cela était souligné dans le rapport de décembre, face à l’opération de désintégration forcée de la LCR, Unir est aujourd’hui l’héritière d’une partie du meilleur des traditions de celle-ci. Elle est, de surcroît, comme nous le disions toujours en décembre « un instrument ayant pour objectif de concourir au débat à gauche, de nourrir la réflexion des secteurs militants en quête d’alternative, d’agir pour faire avancer une perspective de reconstruction d’ensemble du mouvement ouvrier ». Si elle ne saurait se substituer à la « sensibilité européenne » du NPA, si cette dernière parvient à se structurer, elle n’a pour autant aucune raison de s’effacer derrière elle ou de disparaître. Bien au contraire son affirmation indépendante et son engagement plein et entier dans l’échéance des européennes sera, tout à la fois, un gage de transparence au sein de ladite « sensibilité » et un apport supplémentaire (grâce aux non-membres du NPA qui s’y retrouveraient) à la dynamique du rassemblement de la gauche de gauche.

Les premières discussions ont fait surgir une divergence sur les choix à opérer, ainsi que le devenir du courant Unir, avec les camarades signataires du second texte qui expliquent : « Notre désaccord se concentre donc sur la volonté des camarades de transformer l’association en une force politique en tant que telle qui intégrerait comme les autres forces politiques le Front de gauche ». Notre proposition était, non d’assimiler l’association Unir et les partis constituant le Front de gauche, mais de nous affirmer comme un courant potentiel de la future force politique large que nous souhaitons, et à ce titre préparer notre insertion dans le Front de gauche. Nous sommes en effet placés devant une alternative : soit poursuivre une politique de rassemblement unitaire pour les européennes, et donc refuser le choix qui va être officialisé dans les jours à venir de listes du seul NPA (parce qu’il va s’agir d’un choix délibéré de
destruction de toute possibilité de faire émerger une alternative pluraliste dans les années à venir), soit enregistrer cette décision et poursuivre une bataille de beaucoup plus long terme au sein du NPA (ce qui nous paraît totalement aléatoire et peu lisible au regard des enjeux généraux qui ont été évoqués précédemment). Les camarades qui optent pour cette seconde voie ont choisi de faire de la légitimité d’Unir l’un des objets fondamentaux de la discussion qui s’est ouverte entre nous. Dans ces conditions, et pour éviter des déchirements inutiles qui ne feraient que compromettre l’avenir, la solution nous apparaît être de mettre fin à l’existence de l’Association Unir. Nous proposons que l’Assemblée Générale d’Unir du 14 mars prenne acte des choix différents qui se dessinent et de l’impossibilité d’un cadre commun d’intervention. L’association Unir portait de toute manière la marque d’une histoire liée au combat au sein de la LCR afin que l’objectif d’un nouveau parti large et pluraliste pour le socialisme ne soit pas liquidée au profit de la ligne d’aventure que le bloc dirigeant de la LCR est finalement parvenu à faire prévaloir. Élargir notre combat pour cet objectif stratégique, y gagner de nouveaux secteurs militants n’ayant pas été impliqués dans l’histoire des débats de la LCR ces dernières années, faire prospérer le capital que nous avons accumulé nous conduit à proposer la définition d’une autre forme d’organisation publique.