L’opinion - Tribune Libre

Non à l’intervention française en République centrafricaine !

, par NPA Pays Basque

Après l’opération militaire au Mali, François Hollande vient donc d’engager l’armée française dans sa deuxième intervention en Afrique en un an : 1 600 soldats français sont envoyés renforcer les 400 déjà présents sur place qui gardent en permanence l’aéroport de Bangui et quelques sites français dont celui de Total, sans compter les quelque 3 000 militaires de la Force multinationale d’Afrique centrale.

Tout se passe comme si Hollande cherchait à jouer la carte de l’interventionnisme militaire pour compenser ses difficultés, notamment intérieures. Mais en s’accrochant à son rôle de gendarme, l’impérialisme français, loin d’aider à résoudre les problèmes, ne fait qu’aggraver la misère et le sous-développement.

En République centrafricaine, mais aussi dans de nombreux autres pays de la région, Les gouvernements français n’ont cessé de mettre en place ou de démettre les dictateurs, Bokassa ou plus récemment Bozizé, installé militairement en 2003 avec l’aide du Tchad. La Séléka, coalition de milices rivales, a pu renverser Bozizé parce qu’il avait été lâché par la France pour avoir eu la mauvaise idée d’octroyer à la Chine la prospection pétrolière du site de Boromata. Le nouveau dirigeant Michel Djotodia n’a quasiment plus aucune prise sur ces milices qui commettent les pires exactions. De plus, la majorité des membres de la Séléka sont musulmans et ciblent les populations chrétiennes qui à leur tour exercent des représailles contre les musulmans. Une fois de plus, les luttes de pouvoir sont transformées en tensions communautaires, provoquant des massacres parmi des populations qui auparavant vivaient en bonne entente.

Avec moins de 5 millions d’habitants, la Centrafrique est un pays sans routes, sans hôpitaux, sans écoles, sans eau potable, sans électricité dont 70 % de la population se trouve en dessous du seuil de pauvreté. L’espérance de vie est de 44 ans. La moitié des habitants est analphabète. Tel est le triste bilan des régimes qui se sont succédé, tous sous la tutelle française.

Les grandes entreprises qui pillent les richesses des anciennes colonies depuis des décennies sont les mêmes qui exploitent les salariés en France, avec l’aide active des gouvernements de droite comme de gauche.

Les travailleurs, comme les habitants de ces pays, n’ont rien à gagner à une intervention militaire qui vise avant tout à sauvegarder les intérêts de ces multinationales (Areva, Bolloré, Total…) présentes dans un pays riche en ressources et situé au carrefour d’une région stratégique : la République centrafricaine est frontalière de six pays engagés dans des conflits qui menacent la stabilité de toute la région.

Plus que jamais, l’impérialisme français est le problème, pas la solution ! Non aux interventions impérialistes françaises, en Afrique et ailleurs !

Le 10 décembre 2013,
NPA Pays Basque.